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Atlas français de la coopération décentralisée et des autres actions extérieures

Contacts dans le poste diplomatique "Ambassade de France à Ouagadougou"

Correspondant coopération décentralisée
Marion ANVROIN
Courriel : marion.anvroin[at]diplomatie.gouv.fr
 
Conseiller de coopération et d'action culturelle
Laurent BARBOT
Courriel : laurent.barbot[at]diplomatie.gouv.fr
Titre
structuration d'une filière coopérative maraichère bio
Année de première signature de la convention
2011
Thématique d'intervention
Economie durable
Sous-thématique d'intervention
Attractivité des territoires
Sous-sous-thématique d'intervention

Autres thématiques mises en œuvre pour le partenariat

Autres thématiques mises en œuvre pour le partenariat
Thématique éligible Sous-thématique Sous-sous-thématique Priorité
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Année de début du partenariat
2011
Le partenariat est
En cours
Date de fin du partenariat
31/12/2015
Contexte
HISTORIQUE DE LA COOPERATION ENTRE LA BRETAGNE ET L'UEMOA: LE PARI DE L'AFRIQUE DE L'OUEST

L’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine réunit 8 pays : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Elle se fixe des objectifs de coordination et de cohérence des politiques structurantes pour créer un vaste marché commun entre les pays membres assurant la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux. Elle a une monnaie commune, le Franc CFA.

Les belles coopérations sont avant tout des histoires humaines. Il en est de même de celle entre la Bretagne et ce vaste territoire qu’est l’UEMOA (90 millions d’habitants) : tout a débuté au printemps 2006 par une rencontre initiée par Kofi Yamgname avec Soumaila Cissé, président de la Commission de l’UEMOA. Il nous a aisément convaincu que l’Afrique ne pouvait être réduite à des images de famines, de grande pauvreté, de guerres et de corruption, qu’elle regorgeait de compétences et d’atouts pour son développement, qu’elle enregistrait depuis plusieurs années des taux de croissance significatifs, et que des coopérations économiques très concrètes rompant avec les systèmes d’aides souvent stériles, pourraient être déterminantes pour les activer. Jean-Yves Le Drian, président de la Région Bretagne a répondu « banco » et s’est engagée à l’été 2006 à imaginer et surtout mettre en œuvre des formes innovantes de coopération avec cet espace territorial de l’UEMOA.

Six ans plus tard, notre coopération poursuit, chemin faisant, à travers ses différentes actions, un objectif : contribuer au développement de l’entrepreneuriat, pour créer de l’emploi et des revenus et valoriser les potentiels de créations d’activités dont regorge l’Afrique de l’Ouest. Nous promouvons et soutenons un entrepreneuriat responsable, qui intègre et prend en compte les dimensions sociales et environnementales.

Forte de ses résultats concrets, cette coopération se poursuit et s’amplifie six ans après ses débuts avec Cheick Hadjibou Soumaré, nouveau président de la commission de l’UEMOA depuis janvier 2012 et Pierrick Massiot, nouveau président de la Région Bretagne depuis juillet 2013.


Une coopération centrée sur le développement économique

Cette coopération est entièrement centrée sur la question économique, conviction partagée avec nos partenaires de l’UEMOA que le développement de l’Afrique de l’Ouest et l’atteinte des objectifs du Millénaire (OMD) passe avant tout par le développement d’activités économiques créatrices d’emplois, de revenus et de richesses.
Sans prospérité et croissance économique, il n’y aura pas de développement. Mais l’enjeu est de promouvoir une croissance inclusive.

Les 3 programmes de notre coopération :
- la filière coton bio-équitable au Mali (depuis 2008)
- Talents du Monde (depuis 2010)
- la filière coopérative maraichère bio au Burkina Faso (depuis 2011)
développent :

• Une même méthode :
o Un engagement politique fort et de long terme du Conseil régional de Bretagne, de l’UEMOA et autres collectivités ouest-africaines (tel le Conseil régional du Centre au Burkina Faso), dans la conception et l’ingénierie des projets, leur gouvernance et leur pilotage ;
o Un partenariat actif en Afrique de l’Ouest et en Bretagne avec les acteurs économiques (entreprises), associatifs, de la recherche et de la formation, pour le pilotage opérationnel des projets.

• Une même exigence de résultats concrets, pragmatiques et mesurables.

• Une même recherche de cohérence en matière de développement humain durable en concevant des projets systémiques au croisement de 6 objectifs :

o Le développement économique endogène en contribuant à consolider en Afrique de l’Ouest, l’émergence d’une classe entrepreneuriale à même de développer des activités pérennes et utiles (satisfaction des besoins locaux) en créant de l’emploi et du revenu.
o La formation et l’élévation des compétences
o L’autonomie des femmes
o L’organisation coopérative des acteurs
o Les questions environnementales : les pratiques biologiques, les énergies renouvelables, la gestion de l’eau ;
o L’intérêt réciproque des territoires

LA FILIERE COTON BIO EQUITABLE AU MALI (soutenue par le MAE dans le cadre des AP annuels depuis 2008)

Programme engagé depuis 2008, visant à la structuration d’une filière coton biologique et équitable au Mali, en partenariat avec l’ONG Helvetas.
• 10 000 emplois créés et consolidés
• Des rendements en constante progression
• Une production triplée par rapport à 2008
• Le choix délibéré du commerce équitable pour garantir des prix et revenus décents et stables aux agriculteurs, et sécuriser une culture d’export soumise aux spéculations et fluctuations des cours internationaux. Certification internationale Flocert.
• Des équipements collectifs (école, maternité..) financés par la prime commerce équitable
• Le développement des cultures de rotation (maraichage, fruits, céréales.)
• Le développement de la transformation artisanale du coton

Le choix délibéré du biologique par l’utilisation exclusive d’intrants et de traitements organiques (fumure, neem) pour préserver l’environnement et la santé humaine.
Certification bio internationale Ecocert.

L’essentiel de l’engagement financier de la Bretagne et de l’UEMOA consacré à la formation des agriculteurs : appropriation des techniques et pratiques bio, diversification sur les cultures de rotation, augmentation des rendements, élévation de la qualité, amélioration des conditions de travail.

L’autonomie des femmes par les revenus de l’activité économique est une priorité du programme. Objectif de 30% des créations d’emplois pour des femmes.

La Région Bretagne et l’UEMOA s’engagent dans la durée pour permettre la structuration et la consolidation d’une organisation coopérative professionnelle : le Mouvement Biologique Malien (MOBIOM), principal opérateur et animateur technique du programme.

Construction d’un partenariat en Bretagne et dans l’Ouest avec des industriels de la filière Textile qui se fournissent en fils et tissus issus du coton bio du programme, et sécurisent ainsi leurs approvisionnements.
2000 agents de la Région Bretagne sont habillés en bio-équitable malien.

Financement annuel : 200 000 € (Conseil régional de Bretagne : 50% ; UEMOA : 50%)

TALENTS DU MONDE (programme soutenu par le MAE dans le cadre de l'AP 2012)

Programme engagé depuis 2010, en partenariat avec la Fondation Hébert-Solacroup (Dinard), au bénéfice de jeunes chefs d’entreprises ouest-africains qui ont démarré leur activité et ont besoin de renforcer leurs compétences managériales, leur capacité d’innovation ou de développer des réseaux.
Tous les secteurs sont concernés : agriculture et agro-alimentaire, nouvelles technologies de l’information, santé, social, éducation et formation…
Deux sessions de 10 semaines chacune, accueillent entre 30 et 40 stagiaires par an.

Les candidats sont sélectionnés par un jury coordonné par la Chambre régionale de commerce de l’UEMOA.
Les sessions sont partagées entre :
• modules de formation théorique et pratique,
• stage d’immersion dans des entreprises bretonnes (TPE et PME) du secteur dans lequel le stagiaire créé son entreprise,
• travail personnel et accompagné du stagiaire pour affiner son projet.
La qualité des projets présentés et les compétences des créateurs traduisent, si besoin était, le fort potentiel de créativité, d’innovation et de développement entrepreneurial dont dispose l’Afrique de l’Ouest.

100 entreprises bretonnes se sont mobilisées depuis le début du programme pour accueillir durant 3 à 4 semaines les stagiaires.
Leur engagement est aussi l’occasion pour elles de se développer à l’international vers les pays de l’UEMOA, à travers les réseaux et relations humaines et économiques constituées.
Trois partenariats de capitaux sont nés de la relation nouée au sein de Talents du Monde. D’autres projets sont en cours.

Financement annuel : 280 000 € (Conseil régional de Bretagne : 20% ; UEMOA : 65 % ; Fondation Solacroup : 15%).
Historique
Le Burkina Faso selon le classement des Nations Unies (IDH), est classé 181ème sur 187 pays. En 2016, la population du pays serait de 18,8 millions d’habitants. La seule région du Centre aura près de 2,8 millions d’habitants soit 15% de la population totale du Burkina Faso, avec 2,4 millions d’habitants dans la ville d’Ouagadougou.

Cette forte pression démographique observée dans la région du Centre exerce déjà et exercera une très forte pression sur les ressources naturelles (terres, eau, environnement).

La croissance économique du Burkina est principalement déterminée par les résultats de l’agriculture. Le secteur contribue pour 60% aux recettes d'exportation et 40 % à la formation du PIB et assure emploi et revenu à 85% de la population. Au regard du rôle moteur du secteur agricole dans la croissance économique du pays, le gouvernement s’est fixé pour objectif d’accroitre la production agricole de 10% par an et de relever le niveau de revenus des acteurs de 3% par personne et par an.
L’opérationnalisation de l’engagement du gouvernement s’est traduite par l’élaboration et la mise en œuvre d’un Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) et l’élaboration d’une Stratégie de Développement Rural (SDR) en cohérence avec le CSLP.
En outre, le Gouvernement du Burkina Faso s’est engagé dans la décentralisation dans le souci d’accroître la participation et l’appropriation des communautés dans leur développement. Ainsi dans le cadre de la décentralisation, les collectivités territoriales, en tant que maîtres d’ouvrage, sont chargées de planifier et d’assurer la mise en œuvre des politiques de développement économique et sociale en lien avec les services étatiques techniques déconcentrés.
La région du Centre n’étant pas une région productrice de coton, principale source de monétarisation de l’économie rurale, toute stratégie de développement économique des communes rurales doit porter sur les filières agricoles alternatives à fort potentiel.

Fort de ce constat, le Conseil régional du Centre, a entrepris depuis 2008, l’organisation des acteurs de la filière fruits et légumes. L’objectif visé est de franchir un saut qualitatif important en matière de production maraichère que pratiquent une bonne partie de la population active composée de jeunes et de femmes.
Il a initié et accompagné la création de 6 coopératives dans les 6 communes rurales périphériques de Ouagadougou : Tanghin Dassouri (mars 2009), Saaba (avril 2009), Koubri (septembre 2009), Komki Ipala (décembre 2009), Komsilga (avril 2010) et Pabré (mai 2010).
Le projet vise à la promotion de la filière fruits et légumes à travers l’accompagnement des acteurs à la mise en place d’une filière maraîchère durable et économiquement viable. Les axes de développement portent sur le renforcement des capacités techniques et organisationnelles des acteurs de la filière :
- organiser les producteurs, les commerçants et les consommateurs des produits maraîchers ;
- améliorer la qualité et la quantité de l’offre de produits maraîchers;
- améliorer la commercialisation des produits maraîchers ;
- renforcer les capacités techniques, organisationnelles et managériales des conseils d’administration et des membres des coopératives ;
- renforcer les capacités matérielles, logistiques, et infrastructurelles des coopératives ;
- assurer un appui technique de proximité aux coopératives ;
- assurer un appui technique au conditionnement et au stockage des produits maraîchers.

UN ACCORD DE COOPERATION ENTRE LE CONSEIL REGIONAL DE BRETAGNE ET LE CONSEIL REGIONAL DU CENTRE. UNE SYNERGIE AVEC LE PARTENARIAT CONSEIL GENERAL DE LA VIENNE ET LE CONSEIL REGIONAL DU CENTRE

C’est dans ce contexte, que lors de rencontres dans des réseaux internationaux (ORU-FOGAR) fin 2009, le Président du Conseil régional du Centre (CRC) a sollicité le Conseil régional de Bretagne (CRB) pour l’accompagner dans ce projet stratégique. L’histoire agricole de la Bretagne, et particulièrement son puissant secteur maraicher (coopératif et privé), intéressait le CRC, ainsi que l’engagement international du Conseil régional de Bretagne dans des coopérations économiques notamment avec l’UEMOA.


Fin 2010, les termes d’un accord de coopération entre le Conseil régional du Centre et le Conseil régional de Bretagne étaient actés sur les bases suivantes :

- une coopération sur le long terme visant à organiser et structurer l’ensemble de la filière : de l’amont (la formation des producteurs) à l’aval (la commercialisation) en passant par le maillon déterminant de la logistique de stockage et de conservation ;

- une filière qui doit prioritairement servir le marché local et contribuer à assurer la sécurité et la souveraineté alimentaire du territoire (circuits courts) ;

- une orientation agro-écologique claire qui emmène la filière vers des pratiques biologiques : « bien produire, bien se nourrir » ;

- une filière organisée, structurée et professionnalisée en cohérence avec les valeurs et pratiques de l’économie sociale et solidaire ;

- une coopération pragmatique devant produire rapidement des résultats concrets et mesurables : en termes d’emplois (avec une priorité aux femmes), de revenus, d’augmentation qualitative et quantitative des rendements et des productions maraichères ;

- un pilotage politique associant le Conseil régional du Centre, le Conseil régional de Bretagne, l’UEMOA (qui a souhaité s’engager aussi dans ce projet), le Conseil général de la Vienne (France) associé à ce projet sur le volet formation. Ce pilotage politique :
o est garant de la cohérence économique et sociale du projet,
o de la bonne adéquation entre les financements et les actions engagées, ainsi que de la bonne utilisation des financements,
o mobilise les acteurs motivés et compétents,
o anime le travail partenarial multi-acteurs (rôle d’assemblier),
o établit des partenariats institutionnels utiles (AFD, MAE, PNUD, FAO, …),
o évalue le projet et ses impacts en matière de développement humain durable aux fins d’essaimage et de duplication de bonnes pratiques dans d’autres territoires.

- un pilotage opérationnel :
o appuyé en premier lieu sur les coopératives villageoises existantes représentées par leurs présidents et secrétaires généraux
o et sur des organismes-ressources
 au Burkina-Faso:
• Centre Ecologique Albert Schweitzer (CEAS)
• Union Régionale des Caisses Populaires,
• Chambre régionale d’Agriculture
• 2iE
 en Bretagne :
• Agronomes Sans Frontières (ASF) et le réseau des associations de solidarité internationales regroupés dans la CASI , qui est chargée de l’animation du réseau d’acteurs bretons
• Ingalan / BKB, association de promotion du commerce équitable
• Agrocampus (INRA) pour les apports en matière de recherche et de méthodes
• Des entreprises maraîchères privées et coopératives
• Le pôle de compétitivité (à vocation mondiale) VALORIAL
• La diaspora Burkinabé en Bretagne regroupée dans l’UBGOF
• Les réseaux coopératifs de distribution en circuits courts (coop bio)

- le comité de pilotage et de suivi de ce projet, mis en place début 2011, associant autorités politiques et organismes-ressources, se réunit 3 à 4 fois par an à Ouagadougou, lors de séminaire de 2 journées.
Un comité de pilotage a également été constitué en Bretagne et réunit 4 à 5 fois par an les acteurs engagés en Bretagne et dans la Vienne.
Objectif du partenariat
LES ENJEUX DE LA STRUCTURATION D'UNE FILIERE COOPERATIVE MARAICHERE EN MILIEU PERI URBAIN(Ouagadougou)

L’agriculture de la région du Centre comme partout au Burkina Faso est essentiellement pluviale. C’est une agriculture de subsistance essentiellement basée sur les cultures vivrières (sorgho, mil, maïs) pour 88% des superficies emblavées annuellement. C’est une agriculture extensive à faible rendement (moins de 900 kg/ha), dominée par de petites exploitations familiales. L’insuffisance et l’irrégularité des précipitations, la mauvaise maîtrise de l’eau, la dégradation des ressources naturelles, la baisse de la fertilité des sols, le faible niveau d’organisation des producteurs, l’exode rural et la faible valorisation des produits agricoles etc…, sont autant de contraintes qui expliquent ses contres performances.
Moderniser l'agriculture, qui fait vivre et emploie plus de 80% de la population du Burkina Faso, est un défi à relever. Aujourd'hui, le secteur agricole est sur le devant de la scène. Il lui est demandé d’assurer la souveraineté alimentaire du pays et d’employer une population en croissance rapide et la faire vivre décemment. Pour relever tous ces défis, la préoccupation prioritaire est d'augmenter la production et la productivité agricole.
Le Burkina Faso recèle de potentialités agricoles importantes insuffisamment exploitées.
Seulement 1/3 des 9 millions d’hectares de terres agricoles est exploité. 12% des 165 000 hectares de terres irrigables sont exploités. La filière fruits et légumes est une filière porteuses pour le pays. La disponibilité de la main-d’œuvre (population à majorité jeune (58%)) est un atout considérable. Les acquis de la recherche nationale en matière de production agricole, sont également des avantages à exploiter.

Le maraîchage constitue une importante activité de contre saison au Burkina Faso et en particulier dans la région du Centre ou les filières de rente pluviales comme le coton sont très peu développées. La contribution de la filière fruit et légumes dans la production nationale agricole est estimée à 12%. Elle génère des recettes annuelles de 5 milliards de Francs CFA. Sa contribution au PIB est de 5% et crée de l’emploi pour plus de 64 000 personnes.
Dans le cadre de mise en œuvre des stratégies de lutte contre la pauvreté et de création d’emplois, le développement des filières maraîchères est un choix prioritaire pour le Burkina Faso et en particulier pour la région du Centre.
D’importants efforts ont été consentis au Burkina Faso pour la réalisation de retenues d’eau et de barrages avec aménagement de périmètres irrigués en appui à la production de contre saison.
La région du Centre compte 206 sites de production maraîchère sur les 5298 que compte le pays, traduisant l’insuffisance du nombre de site de production et surtout l’incapacité de la production maraîchère locale à couvrir les besoins d’une région à très forte croissance démographique. L’augmentation de la production maraîchère de la région du Centre, passera par l’aménagement de nouveaux sites de production, la réhabilitation d’anciens sites, l’intensification de la production, le renforcement des capacités techniques des maraîchers, la bonne gestion des sites. L’exigence de qualité et le souci du consommateur pour sa santé, amène à changer de pratiques dans la conduite de la production de légumes. Produire des légumes sains dans le respect de l’environnement et la santé du consommateur est le défi à relever des maraîchers dès maintenant.

UN POTENTIEL IMPORTANT MAIS UN ETAT DES LIEUX QUI ECLAIRE SUR L'IMMENSITE DE LA TACHE :

La première réunion du comité de pilotage début 2011 a acté de la nécessité d’engager une étude-diagnostic précise pour disposer d’un état des lieux des enjeux, forces et faiblesses de la filière maraichère dans la Région de Ouagadougou. Cette étude a été confiée à Helvetas Burkina Faso qui l’a réalisée entre juin et septembre 2011. Elle a apporté des éléments qualitatifs et quantitatifs essentiels pour appréhender la complexité systémique de la construction de cette filière, et qui nous sera très utile pour conduire notre plan à moyen terme.

Ses conclusions révèlent l’ampleur de la tâche :

Concernant la production :
- tarissement des sources d’eau (barrages, retenues, puits) en l’absence d’un grand fleuve,
- mauvaise gestion de la ressource en eau,
- faible niveau d’organisation des producteurs maraîchers qui fonctionne de manière individuelle sur de très petite parcelle (moins de 1ha),
- difficultés d’accès au financement des semences et intrants,
- équipements très sommaires et insuffisants,
- faible niveau de connaissance et de maîtrise des techniques de production respectueuses de l’environnement et de la santé des consommateurs,
- très faibles connaissances en gestion,
- absence de planification annuelle aboutissant à des situations de surproduction et d’engorgement qui expliquent que la moitié des productions se vend très mal, et l’autre partie se gâte dans les champs,
- trop faible diversité des productions en regard de la demande du marché.

Concernant la commercialisation :
- faible niveau de connaissance du marché par les producteurs,
- absence de vision et de stratégie commerciale,
- absence d’unité de mesure standard (on vend un sac),
- faible capacité d’organisation et de négociation des producteurs,
- fortes fluctuations des prix aux producteurs, liées à l’engorgement des productions sur quelques moments de l’année,
- forte présence du nombre d’intermédiaires dans la commercialisation,
- absence d’infrastructures de stockage et de conservation des produits maraîchers,
- faible niveau de transformation des produits.

Au vu de ces défis, le Comité de Pilotage est renforcé dans sa conviction :
- que seule une organisation de type filière est pertinente et porteuse de résultats tangibles, supposant d’engager conjointement des actions dans tous les maillons de la filière,
- de la pertinence d’un partenariat engagé et de long terme entre autorités politiques, centre de ressources et d’expertise et les producteurs organisés en coopératives.
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LE PLAN D'ACTION POUR LA PERIODE JUIN 2011-JUIN 2012 (AP MAE 2011)

- Axe 1 : l’organisation des acteurs

L’organisation coopérative des producteurs de la Région du centre du Burkina Faso va être un des grands chantiers des 3 prochaines années. Les coopératives sont de création récente, disposent de peu de moyens et ressources humaines et financières. Très logiquement, les pratiques coopératives et mutualisées sont encore peu développées. Elles se développeront dès lors que les coopérateurs verront leur intérêt à mutualiser, partager, mettre en commun.
Le développement agricole de la Bretagne à partir des années 50 s’est engagé puis conforté à partir des organisations coopératives de producteurs : mise en commun du matériel, mutualisation des achats, production, transformation, stockage. Plus tard, des réseaux de distribution originaux ont été mis en place (par exemple les Jardins de Cocagne dans le domaine des circuits courts production/distribution).
Il était naturel de commencer par partager cette histoire : une délégation de 12 personnes (6 représentants des coopératives, 3 du Conseil Régional du Centre, 1 de la Chambre d’Agriculture, 1 du CEAS ainsi que la présidente des commerçantes de Ouagadougou) a été accueillie en Bretagne du 2 au 12 décembre 2011 et a pu ainsi avec beaucoup d’intérêt visiter coopératives de production, CUMA, coopératives de distribution, et nouer de fructueux contacts avec des producteurs maraichers.

- axe 2 : Renforcer les capacités techniques, organisationnelles, managériales et matérielles des membres des coopératives :

Le Comité de pilotage fait de cet axe la condition primordiale de la structuration de la filière. Elle conditionne le changement d’échelle, son appropriation par les producteurs et les résultats concrets attendus.

Deux priorités ont été retenues :

 la formation aux pratiques coopératives et à un réel fonctionnement mutualisé. La mission réalisée en Bretagne (cf. supra) est une première action.

 un accompagnement à la maitrise des itinéraires techniques de production maraichère pour permettre :
. une production de qualité répondant aux standards exigés par les consommateurs
. une perspective à terme de production biologique, évitant les intrants et traitements chimiques
. une diversification des productions pour répondre aux besoins du marché local
. une organisation des productions permettant un approvisionnement sur tous les mois de l’année, évitant ainsi les surproductions sur certaines périodes (et de mauvais prix de vente) et les carences de produits locaux sur de nombreux mois de l’année (laissant le champ libre aux importations)

Pour accompagner les maraichers dans la maitrise des itinéraires techniques, le Conseil régional du Centre a négocié avec le Ministère de l’Agriculture du Burkina, la mise à disposition de 6 techniciens supérieurs affectés à auprès des 6 coopératives, et d’un coordinateur.

- axe 3 : la mise en place d’un fonds de microcrédit

La production maraîchère est une activité nécessitant une mobilisation financière importante pour l’achat des semences et autres intrants. A titre d’exemple, la coopérative de Komki Ipala pour son approvisionnement en semences pour une campagne de production a besoin de 4,5 millions CFA (7000 €). Le manque de disponibilité financière est un facteur limitant en matière de conduite d’activité de production maraîchère. Pour mener à bien sa campagne de production maraîchère, chaque producteur maraîcher devrait pouvoir disposer d’un montant de 75 000 à 150 000 F CFA (115 à 230 €).
Pour répondre à cet important besoin, le Conseil régional du Centre a établi une convention avec l’Union Régionale des Caisses Populaires, et ainsi créé un fonds de microcrédit dédié aux coopératives.

- axe 4 : la logistique et la commercialisation

La question de la souveraineté et de la sécurité alimentaire pour les pays sub-sahariens est autant liée à la question du stockage et de la conservation des produits, qu’à la production elle-même : près de la moitié de la production de fruits et légumes pourrit en bord-champ par manque d’infrastructures adéquates. Outre le gâchis de production dans un contexte de sous-nutrition, c’est aussi un gâchis économique, les marchés locaux étant sur-approvisionnés sur les périodes (courtes) de production, avec donc des prix bas (parfois en dessous du prix de revient) alors que quelques semaines plus tard, ces produits trouveraient preneurs avec de meilleurs prix. D’où la question centrale et stratégique du stockage, de la conservation et de la transformation des produits. C’est une question majeure pour créer de la valeur ajoutée, de l’emploi et dans le même mouvement contribuer à l’approvisionnement régulier des populations en produits alimentaires locaux et de qualité.

Cette question centrale a beaucoup mobilisé le comité de pilotage en 2011.
Les choix suivants ont été faits lors de réunion de novembre :
o la construction dans chacune des 6 coopératives de 2 bâtiments de stockage de capacité unitaire de 20 tonnes pour stocker des produits non périssables immédiatement (type oignons) et/ou mis en vente à brefs délais.
o La construction dans chacune des 6 coopératives d’un bâtiment de vente, afin que les maraichers puissent mettre en place une stratégie mutualisée de vente vis-à-vis des grossistes locaux et sous-régionaux.
o Les terrains nécessaires à ces bâtiments seront proposés par les maires des 6 communes concernées (avec des critères d’accessibilité, de viabilisation). La maitrise d’œuvre de la construction des bâtiments est assurée par le Conseil régional du Centre (bénéficiaire des financements de la Région Bretagne et de l’UEMOA). Les bâtiments seront rétrocédés aux communes, et mis à disposition des coopératives par convention.
o La question d’un bâtiment de stockage sous température dirigée, nécessaire pour la conservation des produits périssables (tomates, pomme de terre) a été longuement évoquée. Ce bâtiment doit être un bâtiment central pour les 6 coopératives, et se positionne donc à Ouagadougou. Des possibilités d’utilisation (location) voire de rachat d’un entrepôt existant et disponible sont présentes, mais exigeront un montage juridique et surtout financier spécifique, qu’il a été décidé de ne pas inclure dans le plan d’action 2011/2012.

Concernant la commercialisation, de nombreuses discussions ont été conduites avec l’Union des commerçantes d’Ouagadougou. Les commerçantes (grossistes et détaillantes) sont organisées, mais disent souffrir de l’inorganisation de la filière : manque de volumes de stockage, manque de productions locales, obligation de se fournir auprès des importateurs avec les aléas des délais de livraisons et surtout une très grande volatilité des prix. Elles préféreraient clairement se fournir sur le marché local dès lors que la quantité, la qualité et la régularité seraient au rendez-vous. Elles seraient disposées à contracter avec les producteurs et à s’engager sur des achats de volumes et des prix convenus (bénéfiques et sécurisants pour tous).
Elles privilégieront une production locale dès lors que celle-ci répondra en qualité, en quantité à leurs besoins.


JUILLET 2012 : LE RECRUTEMENT D'UN DIRECTEUR DE PROJET

Le comité de pilotage de juillet 2012 a consacré ses travaux au bilan des actions engagées jusque juin 2012 et aux priorités de travail pour la période juillet 2012-juin 2013 (cf. ci-après).
Les actions structurantes sur la mise en place d’un fonds de microcrédit et sur la construction des entrepôts dans chacune des coopératives ont pu être engagées, avec une implication forte, politique, administrative et technique du Conseil régional du Centre.
En revanche, le domaine central de la formation et du renforcement des compétences des maraichers s’est heurté à un fonctionnement défaillant de la mise à disposition des techniciens agricoles du Ministère de l’Agriculture : techniciens non disponibles à temps plein, sans véritable coordination de leurs actions, sans management et organisation pertinente et planifiée de leur travail.

Le Comité de pilotage a en conséquence :

o décidé du recrutement d’un directeur de projet, embauché par le Conseil régional du Centre, et financé sur le budget du programme. Il aura pour mission le suivi de la mise en œuvre des différents volets du plan d’action décidé en comité de pilotage, et notamment le management et l’organisation du travail de l’équipe de techniciens agricoles affectés aux coopératives. Ce directeur a été recruté fin juillet. Ingénieur agronome de formation, consultant en gestion de projet, consultant de l’équipe Helvetas qui avait réalisé le diagnostic, il a pris ses fonctions en aout 2012.

o renégocié la convention avec le Ministère de l’Agriculture pour mettre à disposition et à temps plein, 3 techniciens agricoles, sous la responsabilité hiérarchique du directeur de projet recruté.



LE PROGRAMME D'ACTION DE JUILLET 2012 àJUIN 2013 (AP 2012 DU MAE)

La feuille de route du directeur de projet a été centrée sur des objectifs opérationnels qui guident toutes les actions mises en œuvre :
o renforcer les capacités techniques, logistiques, organisationnelles et managériales des coopératives,
o améliorer l’accès au financement des intrants et semences,
o augmenter la compétitivité des produits maraichers de la région Centre,
o professionnaliser les coopératives,
o apporter un appui technique rapproché aux producteurs,
o augmenter le niveau de commercialisation des produits maraichers.

- Organisation des producteurs maraîchers

La structuration et l’organisation des coopératives est une des priorités du plan d’action.

Les 6 coopératives qui existent dans les communes rurales sont récentes (2009-2010), ne représentent encore qu’une faible proportion des producteurs : 500 adhérents alors que plusieurs milliers de producteurs indépendants seraient susceptibles d’adhérer. Le débat est en cours sur le moment opportun pour ouvrir les portes des coopératives à de nouveaux adhérents : attendre une meilleure structuration des coopératives ? ouvrir dès maintenant pour donner de la force aux coopératives ?

Quoi qu’il en soit, les coopératives doivent maintenant accentuer leurs efforts pour qu’elles soient connues et reconnues à l’extérieur mais aussi (surtout) par les producteurs et productrices. Pour y parvenir, il faut qu’elles soient soutenues pour se structurer, pour organiser des formations et des visites, pour mettre sur pied des actions d’intérêt général (intrants, gestion des sols et de l’eau, pratiques culturales, conservation, transformation, commercialisation), pour représenter, porter les projets et défendre les producteurs auprès de différentes instances.

Les sites maraîchers intra-ville de Ouagadougou, représentent une part importante de l’activité maraichère de la région centre. Il est aussi indispensable qu’ils se structurent et soient en mesure de prendre en charge les problèmes plus spécifiques (atouts et handicaps, risques) de leur situation urbaine (préservation des terres, environnement et pollutions, concurrence pour l’accès à l’eau, etc.). Compte tenu de l’importance et de la dispersion géographique de ces sites, la solution la plus fonctionnelle et viable serait la création d’une coopérative par site soit 6 nouvelles coopératives.

Enfin toutes ces coopératives ( 12 à terme ?) doivent se connaître, échanger les expériences, s’organiser de manière complémentaire en évitant les « mauvaises concurrences ». Il est donc indispensable qu’une structure de concertation et d’action régionale soit mise en place sous la forme, par exemple d’une « Union Régionale des Coopératives Maraîchères ».


- la formation et l’accompagnement des maraichers à la maitrise des itinéraires techniques
La structuration d’une démarche « AB »

Les systèmes de production sont inspirés de l’agriculture conventionnelle sans données ni formations suffisantes pour la raisonner et éviter les erreurs techniques et/ou économiques. Pour l’instant, très peu de producteurs sont sensibles, ont été formés ou ont pratiqué l’agriculture biologique (AB) ;
La production biologique, même s’il y a déjà quelques formations ou démonstrations, demeure « embryonnaire » et mal connue. Il y a donc un travail considérable d’amont, de formation, sensibilisation, démonstration etc., à effectuer tant auprès des producteurs que des consommateurs.
Il s’agit de :
- recenser et proscrire les pratiques qui sont préjudiciables à l’environnement et à la qualité des produits récoltés : intrants (engrais, pesticides), gestion de l’eau, pratiques culturales, etc.
- promouvoir des pratiques respectueuses de l’environnement intégrables dans un schéma bio : système de culture (rotation, choix des espèces, diversification des productions, etc.), fertilisation organique (compostage : ressources), valorisation des ressources naturelles (protection, fertilisation, etc.) ;

L’action au quotidien auprès des coopératives des techniciens agricoles est donc déterminante pour maitriser le choix et l’utilisation de semences de qualité et d’engrais appropriés, à travers une organisation collective des coopératives pour des achats groupés auprès des distributeurs locaux.

Le travail des techniciens est entièrement centré sur cette dimension.
Il est appuyé par les experts de nos organismes-ressources en Bretagne et dans la Vienne.

- la diversification des productions maraichères vers la pomme de terre : un enjeu stratégique

Quatrième production vivrière mondiale (après riz, blé, maïs) mais 1ère production non céréalière, la pomme de terre s’adapte à des situations très diverses : du cercle polaire à l’équateur en jouant sur les saisons, les variétés, l’altitude, etc. Elle a joué un rôle considérable dans les pays du Nord depuis son introduction.
La pomme de terre, si les facteurs limitants sont bien pris en compte, peut jouer un rôle majeur dans les systèmes maraîchers subsahariens car c’est, de loin, le légume qui produit le plus de matière nutritive par jour d’occupation des sols, donc de travail et surtout de consommation de l’eau. C’est aussi une production à double fin : autoconsommation et vente et c’est souvent la culture la plus rentable. Elle ne vient pas en concurrence avec les cultures vivrières traditionnelles et fournit une occupation pendant la saison sèche. Enfin, il n’y a aucune réticence de la population pour sa consommation.

Le comité de pilotage de juillet 2012 a souhaité engager une expérimentation forte pour diversifier les productions maraichères des coopératives de la région Centre vers cette culture, qu’aucune coopérative ne produisait.
La Région Bretagne a financé Agronomes Sans Frontières Bretagne (ASFB) pour l’envoi en octobre d’un container de 25 tonnes de semences de pomme de terre, particulièrement adaptée et testée dans les zones sub-sahariennes.
Cette action a très fortement mobilisé le directeur de projet, les techniciens et les maraichers : formation de 120 producteurs, appropriation des bonnes techniques culturales. Les premières récoltes arrivent en ce mois de février 2013 et les résultats sont très prometteurs.
Un système financier d’acquisition des semences par les maraichers a été mis en place qui permettra au système de s’autoalimenter les années suivantes.

- Poursuite du programme de construction des bâtiments de stockage dans les coopératives

4 premiers bâtiments de stockage et de conservation des oignons sont achevés et seront inaugurés en février 2013 dans 4 communes.
Les travaux sont en cours d’achèvement dans les 2 autres communes.
Au bâtiment de stockage (capacité unitaire de 20 tonnes pour les oignons) ont été adjoint un bureau pour les coopératives, ainsi que des latrines.
Les terrains mis à disposition par les communes sont tous très bien situés, et leur dimension permet l’implantation non seulement des 2 autres bâtiments (second lieu de stockage et bâtiment de vente), mais des extensions si nécessaires.
Le programme de construction (18 bâtiments au total) va se poursuivre.
L’enjeu de la mise en exploitation va être la gestion mutualisée de ces lieux.

- l’utilisation du fonds de microcrédit

210 dossiers de crédit ont été à ce jour montés, et validés avec la Caisse Populaire, pour un montant de 57 millions CFA (85 000 €)

- les contacts exploratoires avec l’UCOBAM pour un projet industriel d’entrepôts frigorifiques à Ouagadougou.

L’approche filière qui est la nôtre, suppose de couvrir tous les maillons de la chaine de valeur ajoutée. Un maillon manquant, et c’est tout l’édifice qui peut être ébranlé.
La logistique de stockage, conservation et transformation est un maillon central de cette chaine :

- tous les produits maraichers locaux ne peuvent être vendus en frais : même si les productions sont étalées sur l’année, il y a nécessairement des moments où le marché ne peut absorber la production locale et les importations. D’où une proportion extrêmement élevée de produits maraichers qui pourrissent en bord-champ, faute d’acheteurs immédiats. Un des objectifs majeurs de notre programme est d’inciter les producteurs à produire plus et mieux… à condition que la production soit, puisse être vendue. La démotivation et le découragement sont au bout du chemin s’il n’est pas mis fin à ce gâchis de production.

- Tous les produits maraichers locaux ne doivent pas être vendus en frais. Parce que la demande des consommateurs est constante sur tous les mois de l’année sur des produits de base, et qu’il faut sur des productions elles saisonnalisées, répondre à cette demande… sauf à s’en remettre aux importations. C’est ce qu’il se passe actuellement. Et l’enjeu économique est majeur. Les prix de vente varie de 1 à 10, parfois plus, sur les produits de base courants (oignons, tomates, pomme de terre), entre les périodes de saturation du marché par des produits frais et les périodes où le marché local ne produit plus rien.
Une réduction drastique des pertes de production bord-champ additionnée à une augmentation significative du prix de vente moyen annuel par l’étalement des mises sur le marché au moment le plus opportun, générera mécaniquement une élévation considérable des revenus d’exploitation et des marges.

- des occasions de valeur ajoutée sont manquées par la non transformation des produits maraichers, laissant là encore une place pour des importations que le marché local pourrait capter.

- Tout ceci justifie pleinement que l’on s’intéresse de très près à la logistique de stockage, de conservation et de transformation :

o Logistique « sèche » pour des produits non immédiatement périssables, tel l’oignon, qui peuvent se conserver plusieurs semaines/mois dans des bâtiments aérés : c’est pourquoi nous avons engagé très tôt un programme de construction d’entrepôts dans les coopératives pour ce produit maraicher de base (cf. supra),

o Mais aussi intérêt pour une logistique frigorifique (en froid positif) pour les produits qui nécessitent des températures basses (5 à 10 °) pour se conserver plusieurs mois. C’est le cas notamment de la pomme de terre, produit à forte et croissante demande, et sur lequel nous avons mis un accent particulier en termes de production en 2012.

Depuis début 2012, nous sommes entrés en contact avec les dirigeants de l’UCOBAM, entreprise coopérative qui exploite un entrepôt frigorifique à l’aéroport d’Ouagadougou.
Les bases d’un projet de partenariat ont été jetées avec cette entreprise.




PLAN D'ACTION JUIN 2013 -JUIN 2014 (AP MAE 2013, détaans les actions

De nombreux chantiers ont été ouverts depuis 2011 pour structurer et professionnaliser cette filière coopérative dans la région du Centre.
Il s’agissait d’engager les dossiers qui nous semblaient les plus déterminants.

Les mois à venir et le plan d’action 2013/2014 devront en priorité consolider ce qui a été engagé :

- la structuration des coopératives, leur montée en puissance en services rendus et en taille (augmentation du nombre d’adhérents), la création de coopératives dans Ouagadougou, peut-être la création d’une Union régionale des coopératives du Centre, en veillant à ce qu’elles aient les moyens humains et financiers de leur développement.
Parmi les services collectifs rendus : les achats groupés de bons intrants et de bonnes semences.
La gestion coopérative des outils collectifs (bâtiments de stockage et de vente) sera aussi un apprentissage déterminant.

- La formation et l’appropriation des bonnes pratiques par les maraichers va être évidemment poursuivie et les moyens humains d’accompagnement devront être renforcés : 2 nouveaux techniciens seront nécessaires dans les délais les plus brefs, ainsi que les moyens matériels attenants (motos).

- La poursuite et le développement du projet de culture de la pomme de terre, projet stratégique, répondant à un besoin du marché local, potentiellement très rémunérateur pour les producteurs.

- L’achèvement du programme de construction des bâtiments de stockage et de vente dans les coopératives.

De nouvelles actions consolidant chacune de ses priorités seront/pourront être mises en œuvre :

- un plan de communication et de marketing, nécessaire pour identifier, faire connaitre ces productions locales, et renforcer le volet commercialisation de la filière.

- un guide des bonnes pratiques pour accumuler les enseignements et en faire un outil pédagogique et de progrès.

- la bonne gestion de l’eau : des études sont en cours pour étudier la pertinence de forages. En tout état des cause, que l’alimentation en eau des surfaces maraichères soit par puisage dans les réserves d’eau de surface, ou par forages, la mise en œuvre et la généralisation de système d’irrigation par goutte-à-goutte est incontournable.

- Le renforcement d’un projet de formation de jeunes et de ferme maraichère-école avec l’école de la Berthonnière.

- Le lancement d’une étude-action sur les intrants et semences biologiques.

- La réalisation d’un logiciel-système d’information qui permette la collecte et le traitement de toutes les données relatives au cycle de production.


Le projet logistique frigorifique, vu son ampleur et son caractère industriel, sera traité spécifiquement et nécessitera une organisation appropriée.
Description détaillée du partenariat
Programme engagé depuis 2010 avec le Conseil régional du Centre du Burkina Faso, pour organiser et structurer une filière cooperative maraichère à Ouagadougou et sa périphérie rurale (plus de 2 millions d'hbts). les enjeux:
- sécuriser les approvisionnements alimentaires
- par le développement de productions locales aptes à satisfaire le marché local en qualité, quantité et regularité sur l'année
- des millers de créations d'emplois potentiels et de revenus
LES ACTIONS ENGAGES:
• Accompagnement des 6 coopératives maraichères rurales : formation, équipements, accès aux financements, pour accroitre les rendements, diversifier les cultures, produire sur toute l’année.
• Financement de la construction de 18 bâtiments de stockage et de vente pour les produits non périssables sur les sites de production
• Projet en cours de reprise et rénovation d’entrepôts frigoriques pour stocker, conserver, transformer des produits maraichers périssables.
• Partenariat avec l’association des commerçantes d’Ouagadougou

Un partenariat mobilisant 4 autorités politiques (Conseil régional du Centre du Burkina, Conseil régional de Bretagne, Conseil général de la Vienne, UEMOA) et de nombreux partenaires associatifs, privés, de la recherche et de la formation, en Bretagne, dans la Vienne et au Burkina.
- accompagnement des producteurs maraichers et des coopératives
Objectif de l’action : accompagner et former les cooperateurs maraichers pour qu'il puissent produire plus et mieux, diversifier leurs production, organiser la production sur l'année
Description sommaire : La feuille de route du directeur de projet a été centrée sur des objectifs opérationnels qui guident toutes les actions mises en œuvre :
o renforcer les capacités techniques, logistiques, organisationnelles et managériales des coopératives,
o améliorer l’accès au financement des intrants et semences,
o augmenter la compétitivité des produits maraichers de la région Centre,
o professionnaliser les coopératives,
o apporter un appui technique rapproché aux producteurs,
o augmenter le niveau de commercialisation des produits maraichers.

- Organisation des producteurs maraîchers

La structuration et l’organisation des coopératives est une des priorités du plan d’action.

Les 6 coopératives qui existent dans les communes rurales sont récentes (2009-2010), ne représentent encore qu’une faible proportion des producteurs : 500 adhérents alors que plusieurs milliers de producteurs indépendants seraient susceptibles d’adhérer. Le débat est en cours sur le moment opportun pour ouvrir les portes des coopératives à de nouveaux adhérents : attendre une meilleure structuration des coopératives ? ouvrir dès maintenant pour donner de la force aux coopératives ?

Quoi qu’il en soit, les coopératives doivent maintenant accentuer leurs efforts pour qu’elles soient connues et reconnues à l’extérieur mais aussi (surtout) par les producteurs et productrices. Pour y parvenir, il faut qu’elles soient soutenues pour se structurer, pour organiser des formations et des visites, pour mettre sur pied des actions d’intérêt général (intrants, gestion des sols et de l’eau, pratiques culturales, conservation, transformation, commercialisation), pour représenter, porter les projets et défendre les producteurs auprès de différentes instances.

Les sites maraîchers intra-ville de Ouagadougou, représentent une part importante de l’activité maraichère de la région centre. Il est aussi indispensable qu’ils se structurent et soient en mesure de prendre en charge les problèmes plus spécifiques (atouts et handicaps, risques) de leur situation urbaine (préservation des terres, environnement et pollutions, concurrence pour l’accès à l’eau, etc.). Compte tenu de l’importance et de la dispersion géographique de ces sites, la solution la plus fonctionnelle et viable serait la création d’une coopérative par site soit 6 nouvelles coopératives.

Enfin toutes ces coopératives ( 12 à terme ?) doivent se connaître, échanger les expériences, s’organiser de manière complémentaire en évitant les « mauvaises concurrences ». Il est donc indispensable qu’une structure de concertation et d’action régionale soit mise en place sous la forme, par exemple d’une « Union Régionale des Coopératives Maraîchères ».


L a formation et l’accompagnement des maraichers à la maitrise des itinéraire technique et une démarche agro-encvironnementale:

- Les systèmes de production sont inspirés de l’agriculture conventionnelle sans données ni formations suffisantes pour la raisonner et éviter les erreurs techniques et/ou économiques. Pour l’instant, très peu de producteurs sont sensibles, ont été formés ou ont pratiqué l’agriculture biologique (AB) ;
- La production biologique, même s’il y a déjà quelques formations ou démonstrations, demeure « embryonnaire » et mal connue. Il y a donc un travail considérable d’amont, de formation, sensibilisation, démonstration etc., à effectuer tant auprès des producteurs que des consommateurs.
Il s’agit de :
- recenser et proscrire les pratiques qui sont préjudiciables à l’environnement et à la qualité des produits récoltés : intrants (engrais, pesticides), gestion de l’eau, pratiques culturales, etc.
- promouvoir des pratiques respectueuses de l’environnement intégrables dans un schéma bio : système de culture (rotation, choix des espèces, diversification des productions, etc.), fertilisation organique (compostage : ressources), valorisation des ressources naturelles (protection, fertilisation, etc.) ;

















L’action au quotidien auprès des coopératives des techniciens agricoles est donc déterminante pour maitriser le choix et l’utilisation de semences de qualité et d’engrais appropriés, à travers une organisation collective des coopératives pour des achats groupés auprès des distributeurs locaux.

Le travail des techniciens est entièrement centré sur cette dimension.
Il est appuyé par les experts de nos organismes-ressources en Bretagne et dans la Vienne.
Votre partenariat prend la forme d'un(e)
Projet de coopération décentralisée
Mise en œuvre du partenariat
Maître(s) d'œuvre
CONSEIL REGIONAL DU CENTRE
Maître(s) d'ouvrage
Conseil régional de Bretagne
Bénéficiaire(s)
Production: les coopératives villageoises de la périphérie de Ouagadougou, les coopérateurs (enjeux de milliers d'emplois).Consommation: les populations locales (aliments sains)

Partenaires étrangers du partenariat

Partenaires étrangers du partenariat
Nom de la collectivité étrangère Pays  
Conseil régional du Centre Burkina Faso commun.ico.loupe.alter

Contacts dans les partenaires étrangers du partenariat

Contacts dans les partenaires étrangers du partenariat
Nom de la collectivité étrangère Nom Prénom Fonction Courriel
Conseil régional du Centre NIKIEMA patrice crc_ouaga@yahoo.fr

Collectivités territoriales partenaires du partenariat

Collectivités territoriales partenaires du partenariat
Nom de la collectivité territoriale  
Conseil régional de Bretagne commun.ico.loupe.alter

Autres partenaires du partenariat en France
CONSEIL GENERAL DE LA VIENNE
Autres partenaires du partenariat dans le(s) pays partenaire(s)
CONSEIL REGIONAL DU CENTRE, UEMOA


Le partenariat n'est pas triennal

Financement du partenariat

Financement du partenariat
Nom du financeur Montant en euros Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Année
Autre 0 0 2011
Conseil régional de Bretagne 153000 0 2011
Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères 160000 2011
CONSEIL GENERAL DE LA VIENNE, CONSEIL REGIONAL DU 320000 2011




Évaluations, communication et perspectives

Une communication a été engagée en France

Une communication a été engagée dans les pays partenaires

Une politique d'évaluation a été engagée

Volontaires impliqués dans le partenariat (VSI, service civique, etc.) d'Échange et de Solidarité

Volontaires impliqués dans le partenariat (VSI, service civique, etc.) d'Échange et de Solidarité
Nom Prénom Mission Champs d'action Entité d'affectation


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