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Atlas français de la coopération décentralisée et des autres actions extérieures

Contacts dans le poste diplomatique "Ambassade de France à Niamey"

Correspondant coopération décentralisée
Courriel :
 
Conseiller de coopération et d'action culturelle
Laurent BONNEAU
Courriel : laurent.bonneau[at]diplomatie.gouv.fr
Titre
Programme concerté de coopération décentralisée entre 4 communes bas-normandes (Ifs, Colombelles, Mézidon-Canon et Castillon-en-Auge) et les 5 communes du canton de Kornaka au Niger (PCKBN)
Année de première signature de la convention
2013
Thématique d'intervention
Politique, humanitaire et coopération transfrontalière
Sous-thématique d'intervention
Gouvernance locale et appui institutionnel
Sous-sous-thématique d'intervention
Gouvernance et démocratie locales

Autres thématiques mises en œuvre pour le partenariat

Autres thématiques mises en œuvre pour le partenariat
Thématique éligible Sous-thématique Sous-sous-thématique Priorité
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Année de début du partenariat
2013
Le partenariat est
Terminé
Date de fin du partenariat
30/06/2016
Contexte
La situation au Niger et dans la sous-région
Concernant la situation politique, depuis la tenue des différentes élections au premier semestre 2011, la situation est stable, ce qui a permis un retour progressif à la normale.
En matière de sécurité, les derniers événements au Mali, qui ont abouti à une intervention militaire française, ne permettent pas d’envisager une évolution favorable à très court terme. Les acteurs de ce programme se conforment aux recommandations du MAE et les missions des acteurs bas-normands au Niger sont suspendues depuis 2010. Ces difficultés ont nécessairement un impact sur la coopération. Néanmoins, la possibilité pour les acteurs nigériens de se rendre en Basse-Normandie et la présence permanente sur le terrain d’Eau Vive au Niger, maitre d’œuvre délégué des communes nigériennes, permettent de limiter les effets négatifs d’une telle situation et de poursuivre les activités.

L’autonomisation des communes bas-normandes dans le portage de leur coopération
Le précédent programme triennal avait été impulsé et porté par le Conseil Régional de Basse-Normandie, afin de permettre aux communes qui s’étaient engagées et qui étaient individuellement trop petites pour le gérer, de démarrer et développer leur coopération dans les meilleures conditions. L’objectif était dès le départ que les communes s’autonomisent progressivement dans le portage de leur coopération.
Un travail important de prise de responsabilité et de réflexion sur les modalités de fonctionnement à mettre en place a été réalisé par les communes bas-normandes afin d’être en mesure d’assumer cette charge.
C’est désormais une des communes bas-normandes, la ville d’Ifs, qui sera chef de file et portera le programme, le Conseil Régional restant malgré tout impliqué.

La consolidation de l’intercommunalité dans le canton de Kornaka et sa reconnaissance progressive
Avec l’avènement de la décentralisation au Niger et la mise en place des premiers conseils municipaux en 2004, le canton de Kornaka a été subdivisé en cinq communes. Les acteurs locaux ont tout de suite compris la nécessité de rassembler leurs forces et, dès 2006, les communes du canton de Kornaka ont décidé de se regrouper au sein d’une association pour mettre en place des projets intercommunaux : c’est ainsi qu’a été créée l’ACCK, l’Association des Communes du Canton de Kornaka.
Cette structure est aujourd’hui dynamisée par le programme et constitue le cadre privilégié de concertation pour la mise en œuvre des actions intercommunales. Un secrétariat permanent de l’AACK a été mis en place, avec un agent technique intercommunal eau et assainissement, et un secrétaire administratif. Ce type de structure est innovant dans le paysage institutionnel nigérien et l’ACCK.
La coopération entre les communes du canton de Kornaka et les communes bas-normandes est donc également un facteur de consolidation de cette intercommunalité.

Communes bas-normandes / communes du canton de Kornaka : des contextes économiques et sociaux différents mais certaines problématiques similaires

En 2009, les communes bas-normandes et les communes du canton de Kornaka impliquées dans le programme avaient réalisé un diagnostic des forces et des faiblesses de leur territoire, afin d’identifier des problématiques communes pouvant être mis en résonance entre les deux territoires. Ces diagnostics ont été réactualisés fin 2012.

? Manque de compétences et de moyens pour consolider et renforcer la dynamique intercommunale dans le canton de Kornaka :
Les premières élections municipales au Niger ont eu lieu en 2004. Les cinq communes du canton de Kornaka se sont progressivement formées et après plusieurs années d’exercice, elles sont mieux à même de gérer le développement. L’intercommunalité est en marche avec la création en 2006 de l’Association des Communes du Canton de Kornaka (ACCK), et la mise en place, plus récemment, d’un secrétariat permanent de l’ACCK, avec du personnel intercommunal. Ce dynamisme est toutefois entravé par le manque de moyens et il apparaît nécessaire de renforcer encore davantage le travail entrepris.

? Manque d’ouverture sur le monde :
Les périodes de crise ont tendance à accentuer les réflexes de repli sur soi et les pertes de lien social, au sein des communes, au sein des familles. Les communes bas-normandes se trouvent confrontées à une montée des discriminations (envers les personnes handicapées, les femmes, les personnes âgées…), notamment chez les jeunes. Et bien qu’elles comptent en moyenne peu d’immigrés, elles font malgré tout face à une augmentation de l’intolérance et des préjugés, notamment vis-à-vis de la religion musulmane.
De même, dans le canton de Kornaka, les villages souffrent souvent d’isolement, faute de moyens permettant d’ouvrir une fenêtre sur le monde.

? Insécurité alimentaire :
Les deux territoires rencontrent des difficultés en matière de sécurité alimentaire et de souveraineté alimentaire pour leur population, même si ces problématiques se déclinent différemment selon les territoires.
Dans les communes bas-normandes, les ménages à faible revenu sont confrontés aux problèmes de l’accessibilité à des produits alimentaires de qualité. S’y ajoutent les problématiques de risques environnementaux et sanitaires, liés aux modes de production intensifs.
Dans le canton de Kornaka, les communes vivent essentiellement de l’agriculture vivrière et de l'élevage mais sont confrontées aux problèmes de sécurité alimentaire, liés aux faibles capacités de production et de conservation et aux difficultés d’accès à la ressource en eau.

? Difficultés d’accès à l’eau et à l’assainissement dans le canton de Kornaka :
En 2011, une étude référentielle eau et assainissement a été réalisée dans le cadre de la coopération Basse-Normandie / canton de Kornaka, pour faire l’état des lieux de la situation de l’eau et de l’assainissement dans les cinq communes du canton de Kornaka et identifier les besoins.
Le taux d’accès à l’eau potable dans le canton de Kornaka est d’environ 60%, mais avec des disparités importantes selon les communes (42,5% pour la commune d’Adjékoria par exemple). Des efforts importants d’investissements en infrastructures hydrauliques ont été réalisés mais ils ont été réduits par la forte croissance démographique dans la zone (3,7%, supérieur à la moyenne nationale). Par ailleurs, tous les ouvrages ne sont pas effectivement fonctionnels, certains étant arrêtés pour raison de panne, de vétusté ou de dégradation. La gestion des points d’eau modernes est souvent loin d’être satisfaisante : de nombreux comités de gestion ne sont pas fonctionnels et/ou ne disposent pas des ressources financières pour les travaux de réparation ; il n’existe pas d’artisan réparateur de pompes à motricité humaine au niveau du canton ; les règles d’hygiène autour des puits sont peu respectées. Ainsi, le nombre d’individus n’ayant pas accès à l’eau potable reste élevé avec près de 120 000 personnes qui utilisent encore de l’eau impropre à la consommation. La recherche de l’eau sur de longues distances et l’encombrement autour des points d’eau sont une corvée quotidienne pour les femmes et les jeunes filles, entravant leur scolarisation et les marginalisant davantage.
Concernant l’assainissement, la situation dans le canton de Kornaka est préoccupante : selon le référentiel de 2011, à peine 4% des ménages disposent d’un ouvrage d’assainissement amélioré et seulement 20% des écoles sont équipées de latrines scolaires, avec des conséquences importantes en termes d’hygiène et de prolifération des maladies.
L’accès à l’eau et à l’assainissement a ainsi été identifié par les communes du canton de Kornaka comme la première des priorités.
Historique
Lancement de la démarche de coopération

Après trois ans de collaboration avec Eau Vive et son antenne régionale de Basse-Normandie pour le financement du programme d’appui au développement local du canton de Kornaka, le Conseil Régional de Basse-Normandie a souhaité l’évolution de cette coopération dans le contexte de décentralisation au Niger, en impulsant la mise en place d’un programme concerté de coopération entre des communes bas-normandes et celles du canton de Kornaka.
L’année 2008 a marqué le lancement du programme, avec la création d’Eau Vive Basse-Normandie, chargée d’en assurer la maîtrise d’œuvre déléguée et d’accompagner les collectivités bas-normandes. Des contacts ont été pris pour présenter le programme aux acteurs de la coopération décentralisée et de la solidarité internationale et quatre communes bas-normandes ont choisi de s’engager dans la démarche : Ifs, Colombelles, Mézidon-Canon et Castillon-en-Auge.
Des protocoles d’intention de coopération ont été signés entre les communes d’Ifs et de Kornaka en janvier 2009 et entre les communes de Mézidon-Canon et Adjékoria, Colombelles et Sabon-Machi, Castillon-en-Auge et Dan Goulbi en novembre 2009.
Parallèlement, en 2009, les élus des communes des deux territoires ont élaboré un diagnostic présentant leurs attentes et motivations, définissant les atouts et les difficultés de leur territoire et identifiant des pratiques pouvant faire l’objet d’échanges mutuels. En novembre 2009, un atelier de concertation a alors permis de mettre en commun ces diagnostics, d’identifier des pistes de travail et de valider un programme d’action.
Ce premier programme, alors porté par le Conseil Régional de Basse-Normandie, avait pour objectif principal de renforcer la coopération décentralisée entre les collectivités de Basse-Normandie et celles du canton de Kornaka, tout en traduisant par des actions concrètes la coopération entre les deux territoires.

Origine et conception du 2ème programme triennal 2013-2015 / mise en évidence des besoins

Une étape de bilan du premier programme et de réflexion sur les perspectives a été lancée à l’automne 2012 et il a été décidé de travailler à l’élaboration d’un second programme triennal, porté désormais par les communes et non plus par le Conseil Régional, même si ce dernier reste impliqué. Le choix a été fait de mettre en place une démarche similaire à celle de 2009, les acteurs nigériens et bas-normands travaillant séparément sur leurs attentes, sur les axes de coopération à conserver et/ou à développer et sur des propositions d’activités, avant une mise en commun et une concertation.
En Basse-Normandie, trois réunions du Comité de pilotage ont eu lieu pour échanger sur le contenu du programme, en s’appuyant notamment sur le diagnostic territorial réalisé en 2009. Les groupes de travail coopération décentralisée des communes ont également pu faire remonter des propositions. Une synthèse des attentes des acteurs bas-normands pour le prochain programme a ainsi été élaborée.
Dans le canton de Kornaka, un forum intercommunal de la coopération décentralisée a été organisé les 18 et 19 septembre 2012 pour faire un premier bilan des activités réalisées et échanger sur les perspectives et les attentes vis-à-vis du prochain programme. Cette rencontre a réuni l’ensemble des acteurs locaux concernés, ainsi que des personnes ressource extérieures, notamment de l’Association des Municipalités du Niger et du Réseau d’appui aux initiatives locales (RAIL).
La mission en Basse-Normandie des maires des cinq communes du canton de Kornaka fin novembre / début décembre 2012 a permis une mise en commun des attentes et une concertation sur les propositions d’action, pour aboutir à la validation des axes de travail du programme.
Cette mission a également été l’occasion pour les 4 communes bas-normandes et les 5 communes nigériennes partenaires de réaffirmer publiquement leur engagement dans cette coopération lors d’une cérémonie officielle où les communes ont signé une lettre collective d’intention concernant leur coopération.
Objectif du partenariat
L’objectif global de ce programme concerté est de s’appuyer sur la coopération décentralisée comme un outil transversal de gouvernance locale favorisant le développement local et l’animation des territoires des communes bas-normandes et du canton de Kornaka.

Plus spécifiquement, il s’agit de :
• Renforcer les capacités institutionnelles des communes en matière de gestion intercommunale et de coopération décentralisée ;
• Contribuer à l'animation des territoires et à l’ouverture sur le monde des populations ;
• Contribuer à l’amélioration de la situation en matière de sécurité alimentaire dans le canton de Kornaka ;
• Améliorer l’accès à l’eau potable et les pratiques d’hygiène et d’assainissement dans le canton de Kornaka, via le renforcement du service public de l’eau et le changement de comportement.

Concernant la Basse-Normandie, les retours attendus pour les collectivités sont :
• l’apport d’un regard extérieur, d’un éclairage différent sur le développement du territoire et ses problématiques, la coopération permettant d’interroger ses propres modes de fonctionnement, en les mettant en perspective, et de s’inspirer des expériences des partenaires, pour faire évoluer ses propres pratiques ;
• la participation à l’animation du territoire, via la mobilisation de la population autour de cette coopération ;
• l’évolution des représentations, l’ouverture sur le monde de la population, avec la sensibilisation des habitants, et en particulier des plus jeunes, à l’interculturel et aux relations Nord/Sud, dans une logique de démultiplication ;
• la création de liens entre les collectivités bas-normandes impliquées, avec un effet d’entraînement au-delà de la coopération.
Cette coopération participe donc également du développement local des territoires bas-normands.


Innovation

Cette coopération peut être considérée comme innovante à plusieurs titres.

Une dynamique collective :
Ce programme a la particularité d’impliquer plusieurs collectivités d’un même territoire, dans une dynamique collective, avec une volonté de travailler de concert plutôt que de favoriser les coopérations « bilatérales », entre une commune bas-normande et une commune nigérienne. La coopération est donc également un moyen de créer du lien entre les collectivités d’un même territoire.
Les cinq communes nigériennes partenaires du projet sont issues d’un même territoire : le canton. L’intercommunalité n’est pas encore formalisée au Niger mais cependant très encouragée et, dès 2006, les cinq communes se sont regroupées au sein de l’Association des Communes du Canton de Kornaka (ACCK) afin de mener des projets intercommunaux. Ce type de structure est innovant dans le paysage institutionnel nigérien.
Côté bas-normand, les communes engagées n’appartiennent pas aux mêmes intercommunalités : Colombelles et Ifs font partie de la Communauté d'Agglomération Caen la Mer, Mézidon-Canon et Castillon-en-Auge de la Communauté de Communes de la Vallée d’Auge. Ces communes ont malgré tout souhaité s’engager de manière concertée dans une coopération décentralisée avec les communes de l’ACCK et, pour ce faire, elles ont mis en place un comité de pilotage.
Elles ont également mobilisé les acteurs disposant des compétences eau et assainissement sur leur territoire, pour soutenir ce volet : la Communauté d’Agglomération de Caen-la-Mer, la ville de Lisieux, les Syndicats intercommunaux d’alimentation en eau potable (SIAEP) d’Ifs-Bourguébus, de Louvigny et de Mondeville-Colombelles-Giberville et le Syndicat Mixte de Production d'Eau Potable de la Région de Caen (Réseau).

Un partenariat de réciprocité :
Le choix a également été fait de mettre l’accent sur la réciprocité, en encourageant une évolution des pratiques vers des échanges plus équilibrés entre les partenaires.
Le programme est tourné vers les deux territoires, de manière plus équilibrée et complémentaire, avec des activités dans le canton de Kornaka mais aussi dans les communes bas-normandes. Il ne s’agit pas d’une coopération « du Nord vers le Sud », mais d’un réel partenariat, qui permet à chacun des territoires d’envisager des solutions adaptées à son contexte, d’interroger ses pratiques, de les mettre en perspective, tout en tentant d’apporter des réponses aux attentes des partenaires. Le programme a donc été construit à partir de diagnostics de chacun des territoires, et de la confrontation des attentes des partenaires, afin d’identifier des domaines de complémentarités et d’apports mutuels. Les actions mises en œuvre accordent donc également une place importante aux échanges d’expérience et de savoir-faire.

Un outil d’animation du territoire :
La coopération décentralisée est ici conçue comme un véritable outil politique d’animation du territoire, par l’implication des différents acteurs de la société civile (associations, écoles, habitants, élus…) et le renforcement des liens entre la population et les communes, l’objectif étant de faire émerger une réelle dynamique territoriale autour de la coopération.
Description détaillée du partenariat
ACTION 1

Intitulé de l'action : Renforcement des capacités institutionnelles

Objectif de l'action : Renforcer les capacités institutionnelles des communes bas-normandes et du canton de Kornaka en matière de gestion intercommunale et de coopération décentralisée.

Description sommaire
Renforcement des capacités de gestion intercommunale :
- Organisation de rencontres intercommunales de concertation entre élus de l’ACCK
- Appui au fonctionnement du secrétariat permanent de l’ACCK
- Organisation d’une mission d’échange sur la question de la gestion intercommunale
- Organisation d’une mission d’échange entre élus des deux territoires
Amélioration des pratiques d’intervention en matière de coopération décentralisée :
- Echanges de pratiques avec d’autres acteurs engagés en coopération
- Participation aux rencontres de concertation avec les acteurs de la coopération

Déroulement de l'action (solutions techniques retenues, travaux à entreprendre, programmes de formation envisagés…)

1. Renforcement des capacités de gestion intercommunale

Depuis 2006, les cinq communes du canton de Kornaka expérimentent l’intercommunalité à travers l’Association des Communes du Canton de Kornaka (ACCK).
Cette expérience mérite d’être soutenue et renforcée et les actions suivantes visent donc à consolider l’opérationnalisation de ce cadre de concertation qu’est l’ACCK.
L’ouverture récente d’un Secrétariat Régional Permanent de l’Association des Municipalités du Niger (AMN) est une opportunité de collaboration dans ce volet de renforcement des capacités de l’ACCK.

L’organisation de rencontres intercommunales de concertation entre élus de l’ACCK : L’Association des Communes du Canton de Kornaka (ACCK) constitue aujourd’hui le cadre privilégié de toutes les concertations pour la mise en œuvre des actions intercommunales.
Au cours du programme, il est prévu l’organisation de rencontres intercommunales de concertation. Il s’agit, pour les élus des cinq communes du canton de Kornaka, de se réunir régulièrement pour discuter des questions liées à la gestion des affaires locales et des projets intercommunaux : mutuelle intercommunale d’épargne et de crédit (MUTEC), radio intercommunale, préparation des missions d’échange, réalisation, suivi, etc. Une rencontre par an sera soutenue dans le cadre du programme.

L’appui au fonctionnement du secrétariat permanent de l’ACCK : Les cinq communes du canton de Kornaka ont choisi de mutualiser certains services communaux au niveau de l’ACCK. Ainsi, un secrétariat permanent a été mis en place, composé actuellement de deux agents : un secrétaire administratif et un agent technique intercommunal eau et assainissement. Cependant, ce secrétariat permanent ne dispose pas encore des moyens suffisants pour fonctionner dans de bonnes conditions. Il est donc proposé d’accompagner et d’appuyer son fonctionnement en année 1 du programme, pour laisser le temps aux communes du canton de Kornaka de mettre en place l’organisation nécessaire pour qu’il puisse fonctionner de manière autonome.

Organisation d’une mission d’échange sur la question de la gestion intercommunale : Afin de permettre un échange d’expérience et de savoir-faire entre acteurs bas-normands et du canton de Kornaka sur cette question de la gestion intercommunale, une mission spécifique sera organisée sur ce thème, avec la venue en Basse-Normandie du secrétaire permanent de l’ACCK et de l’agent technique intercommunal eau et assainissement. En Basse-Normandie, les intercommunalités dont font partie les communes bas-normandes concernées (Communauté d’Agglomération de Caen-la-Mer et de Communauté de Communes de la Vallée d’Auge) seront impliquées dans ces échanges, de même que les syndicats intercommunaux d’alimentation en eau potable (SIAEP) d’Ifs-Bourguébus et de Colombelles-Mondeville-Giberville, qui participent par ailleurs au financement du volet et assainissement de programme, via la loi Oudin. Cette mission d’échange est prévue en année 2 du programme.

Organisation d’une mission d’échange entre élus des deux territoires : Une mission d’échange entre élus sera organisée en année 3, pour faire le point sur la mise en œuvre des activités, réaliser un premier bilan du programme et travailler sur les perspectives de la coopération. Cette mission sera également l’occasion de mettre en exercice l’échange d’expérience entre élus, en travaillant sur les axes de réciprocité identifiés. Le lieu de la mission sera défini en fonction de la situation sécuritaire au Niger. S’il n’est toujours pas possible pour les acteurs bas-normands de se rendre dans le canton de Kornaka, les élus du canton de Kornaka seront accueillis en Basse-Normandie. Dans tous les cas, les acteurs du programme se conformeront aux recommandations du MAE quant aux déplacements au Niger.

2. Amélioration des pratiques d’intervention en matière de coopération décentralisée

Les acteurs du programme, et en particulier les élus bas-normands, souhaitent approfondir et améliorer leurs pratiques d’intervention en matière de coopération décentralisée, à la fois via des échanges d’expérience avec d’autres collectivités engagées en coopération, et via la participation aux rencontres de concertation organisées à l’échelle régionale ou nationale.

Echanges de pratiques avec d’autres acteurs engagés en coopération :
L’objectif est de mieux outiller les élus, les agents et les acteurs communaux dans la mise en œuvre de leur programme de coopération décentralisée. Pour cela, des échanges d’expérience seront organisés avec d’autres collectivités ou associations impliquées dans des actions de coopération.
Deux principaux thèmes d’échange ont été identifiés : l'organisation locale de la coopération décentralisée (modes de prise en charge, répartition des rôles entre acteurs, co-financements potentiels…) ; et l'implication des habitants dans la coopération décentralisée et l’animation du territoire.
Eau Vive Basse-Normandie a déjà identifié, en lien avec Horizons Solidaires (le réseau régional des acteurs de la coopération internationale) et avec l’appui de Cités Unies France et du CIEDEL (Centre d'information et d'études sur le développement local), plusieurs collectivités avec lesquelles un échange d'expérience semble intéressant pour les communes bas-normandes.
Ces rencontres seront organisées sur les trois années du programme, à raison de deux par an en moyenne.
Par ailleurs, les communes bas-normandes s’impliqueront également dans la démarche mise en place par Horizons Solidaires autour de la thématique ‘’Coopération internationale et Développement local durable’’, en participant aux groupes de travail et aux formations qui devraient être mis en place par la suite dans ce cadre.

Participation aux rencontres de concertation avec les acteurs de la coopération :
Pour mieux coordonner les activités et améliorer l’efficacité des actions, il est prévu, pour les trois années du programme, d’organiser et/ou de participer à des concertations entre acteurs de la coopération décentralisée au niveau régional et national. L’objectif recherché est de mutualiser les compétences, de partager les informations et de coordonner les démarches pour une plus grande efficacité des actions.
En Basse-Normandie, ce travail de concertation sera réalisé avec le Conseil Régional de Basse-Normandie, ainsi qu’avec Horizons Solidaires, le réseau régional des acteurs de la coopération internationale. La plupart des communes bas-normandes du programme sont membres d’Horizons Solidaires, et l’une d’entre elle est impliquée au niveau du conseil d’administration.
Au niveau national, les relations établies avec Cités Unies France se poursuivront, notamment via la participation au groupe pays Niger et aux réunions thématiques.
Au Niger, la participation aux rencontres de concertation avec les acteurs nationaux ou régionaux sera fonction des opportunités dans ce domaine.
Par ailleurs, les acteurs du programme, aussi bien côté bas-normands que nigériens, suivent activement le processus de préparation des Assises de la coopération décentralisée franco-nigérienne, envisagées à Niamey en juillet 2013 (dates à confirmer) et prévoient d’y participer (dans ce cas, cette participation sera prise en charge hors programme).
ACTION 2

Intitulé de l'action : Animation du territoire et ouverture sur le monde

Objectif de l'action : Contribuer à l'animation des territoires et à l’ouverture sur le monde des populations des communes bas-normandes et du canton de Kornaka.

Description sommaire
Mobilisation des acteurs des territoires et création de synergies
- Organisation de journées intercommunales regroupant les acteurs de la coopération
- Mise en place d’un projet d’échange de jeunes entre les deux territoires
- Echange entre établissements scolaires et entre enseignants
- Organisation d’une mission spécifique d’échange entre acteurs éducatifs
- Echange entre les deux territoires sur le thème de la place des femmes dans la société
- Soutien aux initiatives de jeunes dans le canton de Kornaka
Mise en place d’outils d’animation des territoires et d’ouverture sur le monde
- Poursuite de l’accompagnement pour la consolidation du fonctionnement de la radio intercommunale de Kornaka
- Réalisation d’émissions radio sur le programme, diffusées sur la radio de Kornaka
- Réalisation d’animations et d’activités de sensibilisation en Basse-Normandie

Déroulement de l'action (solutions techniques retenues, travaux à entreprendre, programmes de formation envisagés…)

1. Mobilisation des acteurs des territoires et création de synergies

Dans le cadre de ce programme, la coopération décentralisée est conçue comme un outil politique d’animation du territoire, par l’implication des différents acteurs de la société civile (associations, écoles, habitants, élus…) et le renforcement des liens entre la population et les communes, l’objectif étant de faire émerger une réelle dynamique territoriale autour de la coopération.

Organisation de journées intercommunales regroupant les acteurs de la coopération :
Cette action est inspirée des « JICO » (journées intercommunales) qui s’organisent entre plusieurs communes au Niger et permettent de réunir élus, acteurs locaux et population autour de manifestations diverses, favorisant ainsi les rencontres et les échanges entre acteurs du territoire, notamment sur des sujets relatifs à la vie de la commune.
Dans le cas présent, l’objectif est de créer un cadre d’échange et de réflexion entre les acteurs des différentes communes impliquées dans le programme ; c’est aussi l’occasion pour les communes de rassembler les habitants autour d’une journée de réflexion et d’animation dédiée à leur coopération.
Trois journées intercommunales sont prévues au cours du programme, soit une par an : elles seront organisées alternativement en Basse-Normandie et dans le canton de Kornaka, de préférence à l’occasion des missions pour que les partenaires puissent être représentés. Il est envisagé qu’elles aient lieu en Basse-Normandie en année 1 et 3, et au Niger en année 2. Celle de l’année 1 pourra également être centrée sur les thématiques éducatives, en cohérence avec la mission envisagée sur ce thème (voir ci-dessous).

Mise en place d’un projet d’échange de jeunes entre les deux territoires :
Au cours du premier programme triennal, des actions de sensibilisation des jeunes à l’interculturel ont été réalisées, en lien les structures de jeunesse des communes concernées : le Centre socioculturel et sportif Léo Lagrange à Colombelles, le Projet Jeunes d’Ifs et le Centre d’animation de la Communauté de Communes de la Vallée d’Auge (CCVA) à Mézidon-Canon. Cette expérience a montré la difficulté de sensibiliser les jeunes à la solidarité internationale et de les impliquer dans le programme : ce ne sont pas des dynamiques faciles à enclencher.
Néanmoins, les élus des communes des deux territoires ont souhaité conserver cet objectif de mobilisation des jeunes pour le présent programme triennal 2013-2016. Pour cela, un temps d'échange et de présentation du programme de coopération dans son ensemble a été organisé en novembre 2012 pour les animateurs des 3 structures de jeunesse d'Ifs, Mézidon-Canon et Colombelles et ce temps d’échange a été suivi d'une rencontre entre les animateurs et les Maires nigériens pendant la mission de fin novembre, pour échanger sur les attentes des jeunes de part et d’autre et approfondir les modalités possibles d’échange entre jeunes bas-normands et de Kornaka. Cette réunion a mis en évidence le fait que les jeunes sont avant tout motivés par les liens directs et les rencontres. Par ailleurs, pour qu’un échange de qualité puisse se mettre en place, il est important que les jeunes en soient à l’initiative. Le rôle des encadreurs est également très important, pour s’assurer que le projet aille bien dans le sens d’une ouverture au monde et d’une plus grande acceptation de la différence.
Il a été convenu que la première étape consisterait à identifier un petit groupe de jeunes moteurs et intéressés par ce projet en Basse-Normandie. Ce comité serait chargé de réfléchir aux actions à mettre en place, via notamment des premiers échanges avec un comité similaire mis en place au Niger.
Il s’agira également parallèlement d’étudier la faisabilité d’un voyage de jeunes. Un séjour de jeunes bas-normands dans le canton de Kornaka n’étant pas envisageable actuellement, l’option qui sera étudiée est celle d’un accueil des jeunes nigériens en Basse-Normandie, a priori pour l’été 2015, en année 3. Si ce projet s’avère faisable, des co-financements seront recherchés.
Dans tous les cas, côté bas-normand, ce travail de mobilisation des jeunes sera réalisé qu’en lien étroit avec les structures de jeunesse du territoire car elles sont les mieux à même de proposer des actions susceptibles d’intéresser et de mobiliser les jeunes.
Le jeune volontaire nigérien, qui sera accueilli en début de programme par Eau Vive Basse-Normandie et Horizons Solidaires (à mi-temps sur les deux structures) dans le cadre du « programme réciprocité » de France Volontaires et qui poursuivra ensuite sa mission pendant quelque mois au sein de l’antenne de Maradi d’Eau Vive au Niger, sera également impliqué dans cette démarche de mobilisation des jeunes.

Echange entre établissements scolaires et entre enseignants :
Les actions du programme s’inscrivent dans une logique d’ouverture sur le monde des deux territoires. Les élus ont donc souhaité que les jeunes puissent profiter de ce programme pour s’ouvrir à d’autres cultures, notamment par la mise en relation des établissements scolaires de leurs territoires. L’objectif est de permettre aux élèves d’appréhender l’altérité, de comprendre comment vit l’autre et de découvrir d’autres cultures et d’autres réalités.
La mise en lien des établissements scolaires a débuté au cours du premier programme triennal (années scolaires 2011/2012 et 2012/2013), avec l’implication de 5 écoles bas-normandes et de 6 écoles du canton de Kornaka.
L’objectif est de poursuivre ces échanges au cours du programme 2013-2016, sous la forme d’échange d’école à école ou de classe à classe, via des travaux collectifs réalisés en classe et en lien avec les programmes scolaires.
Un rapprochement sera initié avec les collèges des communes bas-normandes, afin de leur proposer de s’impliquer également dans ce projet d’échange.
Par ailleurs, au-delà des élèves, il est envisagé d’élargir les échanges au niveau des enseignants et plus largement des acteurs éducatifs, en développant des échanges sur la question des méthodes éducatives et pédagogiques.

Organisation d’une mission spécifique d’échange entre acteurs éducatifs :
Lors de la concertation réalisée pour la préparation du présent programme, il a été recommandé de diversifier les acteurs qui participent aux missions d’échange, en élargissant à d’autres composantes de la société civile, au-delà des élus municipaux. L’objectif est donc également que les acteurs des territoires impliqués dans le projet de coopération décentralisée participent davantage à ces missions, en fonction des actions en cours et des thèmes d’échange souhaités.
Afin de renforcer l’implication des acteurs éducatifs tout en permettant à l’échange d’expérience d’être plus facilement mis en exercice, il est donc notamment prévu d’organiser une mission spécifique des acteurs éducatifs, avec l’implication de l’inspecteur de l’enseignement de base de Kornaka et des représentants des enseignants et des encadreurs.
Cette mission est prévue en année 1, afin de lancer une dynamique forte autour des thématiques éducatives pour la suite du programme. Si les conditions de sécurité n’ont pas évolué d’ici là, ce sont a priori les acteurs nigériens qui seront accueillis en Basse-Normandie.

Echange entre les deux territoires sur le thème de la place des femmes dans la société :
La question de la place des femmes dans la société est un sujet qui intéresse beaucoup à la fois les acteurs bas-normands et ceux du canton de Kornaka : c’est une thématique intéressante en termes de réciprocité, même si les problématiques peuvent être différentes.
Des échanges sur ce thème sont donc prévus au cours du programme, l’objectif général étant de permettre une meilleure connaissance réciproque de la situation et de la place des femmes. Il y a en effet dans ce domaine de nombreux a priori ou images erronées, dans un sens comme dans l’autre.
La réalisation de portraits / témoignages de femmes, par exemple sous la forme d’une exposition, est notamment envisagée en année 2.

Soutien aux initiatives de jeunes dans le canton de Kornaka :
Au cours du premier programme triennal, deux types d’action ont été mises en place pour soutenir les jeunes et contribuer à lutter contre le chômage et l’exode rural fréquent dans la zone :
• la formation de cinq jeunes en couture, et l’appui à l’installation de leur micro entreprise au niveau de leur village ou commune.
• le lancement d’un appel à micro-projet, ouvert aux jeunes mais aussi aux femmes, afin d’élargir l’éventail des possibilités d’action et les bénéficiaires potentiels.
Ces deux actions ont été un succès et ont rencontré l’adhésion de la population.
Les cinq jeunes couturiers sont devenus économiquement autonomes et des « opérateurs économiques » dans leurs villages.
L’appel à microprojets a enregistré plus de 300 demandes.
Pour le présent programme, il est prévu de poursuivre cette action, sous la forme d’un soutien aux initiatives de jeunes du canton de Kornaka. Il s’agira de susciter parmi les jeunes des initiatives de projets économiques structurants qui pourront être appuyés. Les secteurs d’activités ou filières seront désormais diversifiés. Le processus se fera toujours sous forme d’appel à proposition, mais basé sur des projets structurants et permettant un auto-emploi des jeunes. Les bénéficiaires seront accompagnés dans la formation, l’équipement et leurs installations sur le marché.

2. Mise en place d’outils d’animation des territoires et d’ouverture sur le monde

Poursuite de l’accompagnement pour la consolidation du fonctionnement de la radio intercommunale de Kornaka
Les élus de l’ACCK avaient depuis longtemps émis le souhait d’être équipés d’une radio intercommunale qui puisse avoir une diffusion sur l’ensemble des communes du canton. Ils avaient montré leur détermination en construisant en 2005/2006 des locaux et une association avait été mise en place, la SONAKA, pour la gestion technique de la radio. Mais faute de moyens financiers conséquents, ils n’avaient pu équiper la radio avec le matériel nécessaire. L’équipement de la radio a été réalisé dans le cadre du programme 2010-2013 et la cérémonie de lancement officiel de la radio a eu lieu le 19 mai 2012, en présence du Ministre nigérien de la communication et des nouvelles technologies de communication, de nombreuses personnalités et plus de 3 000 personnes.
Véritable outil d’animation du territoire, cette radio de proximité favorise la circulation de l’information et les échanges entre les villages. Elle permet également d'informer et de sensibiliser les villageois sur des questions liées à la décentralisation, au civisme, à la gestion du développement local, à la promotion de la société civile etc. Elle sert également à promouvoir des savoir-faire locaux, à valoriser des métiers, appuyer et accompagner des initiatives de développement socio-économique et culturel portées par les villageois.
L’objectif est donc désormais de poursuivre l’accompagnement de la radio, en vue de son autonomisation, en particulier financière. En termes d’équipement, l’acquisition d’un émetteur de secours est également encore nécessaire.

Réalisation d’émissions radio sur le programme, diffusées sur la radio de Kornaka :
Lors des réunions de travail pour l’élaboration du présent programme triennal, qui ont eu lieu lors la mission de fin novembre 2012, il a été rappelé que la radio est un instrument de réciprocité important et il a donc été proposé de mieux exploiter les possibilités en la matière, en utilisant davantage la radio comme un outil pour renforcer cette coopération.
Plusieurs actions sont ainsi prévues :
- la diffusion de messages liés au programme, et plus généralement à la coopération, pour permettre une meilleure visibilité et renforcer la communication ;
- l’organisation de table ronde avec des acteurs des deux territoires (à l’occasion des missions ou sous forme de téléconférence) ;
- l’échange d’émissions entre acteurs bas-normands et du canton de Kornaka.
Par ailleurs, la radio servira également de vecteur pour les émissions de sensibilisation prévues dans le cadre du volet eau et assainissement du programme.

Réalisation d’animations et d’activités de sensibilisation en Basse-Normandie
L’association Eau Vive Basse-Normandie mettra ses outils pédagogiques à disposition des communes et des acteurs locaux et les accompagnera dans la mise en place d’actions de sensibilisation et d’éducation au développement, en fonction des besoins et des opportunités.
Ces manifestations et animations pourront avoir leur propre programmation, mais elles s’inscriront de préférence et dans la mesure du possible dans le cadre d’événements communaux, comme le festival Les Germinales de Colombelles ou le Carnaval d’Ifs. Ces animations seront donc également un moyen de renforcer la transversalité de la coopération.
Chaque année, en début de période, une réunion spécifique sera organisée pour définir le « programme d’animation » de l’année.
L’objectif général des projets d’animation sera de mobiliser et d’impliquer davantage les habitants, en rendant plus concrets les échanges possibles dans le cadre de cette coopération et en améliorant l’interconnaissance entre les deux territoires.
Eau Vive Basse-Normandie accueillera également, à partir de mai 2013, et en lien avec Horizons Solidaires, un jeune volontaire nigérien dans le cadre du Programme Réciprocité de France Volontaires. Il aura pour mission de contribuer à développer le volet « animation » de cette coopération, via la mise en place de nouvelles actions et le développement de nouveaux partenariats. Ce sera également un moyen d’apporter un autre regard sur les actions d’animation mises en place en Basse-Normandie, et d’insuffler une nouvelle dynamique, d’autant plus importante dans le contexte actuel où les acteurs bas-normands ne peuvent se rendre au Niger.
Enfin, la concertation se poursuivra avec les autres acteurs locaux et régionaux de l’éducation au développement et à la solidarité internationale, notamment le CITIM, centre RITIMO de Caen. Eau Vive Basse-Normandie participe notamment au groupe de travail « animation en éducation à la citoyenneté internationale » animé par le CITIM, dont l’objectif est de favoriser la concertation et la coordination entre les associations dans ce domaine, en vue de faciliter l’émergence d’actions concertées, notamment en direction du public jeunes.
ACTION 3

Intitulé de l'action : Appui à la sécurité alimentaire

Objectif de l'action : Contribuer à l’amélioration de la situation en matière de sécurité alimentaire dans le canton de Kornaka

Description sommaire
Renforcement des comités de gestion des banques céréalières via la formation des femmes
Mise en place d’une expérimentation de cultures irriguées
Echange entre les deux territoires sur les initiatives mises en place en matière d’éducation alimentaire et d’évolution des habitudes alimentaires
Participation au programme de Système Alimentaire Territorial porté par le Conseil Régional de Basse-Normandie dans le cadre du Core group sécurité alimentaire de l’ORU FOGAR

Déroulement de l'action (solutions techniques retenues, travaux à entreprendre, programmes de formation envisagés…)

De manière générale, les actions prévues dans le canton de Kornaka en matière d’appui à la sécurité alimentaire seront réalisées en étroite concertation avec le dispositif national de l’initiative 3 N (« les Nigériens nourrissent les Nigériens »).

Renforcement des comités de gestion des banques céréalières du canton de Kornaka via la formation des femmes :
Les banques céréalières sont un outil essentiel de lutte contre l’insécurité alimentaire. Or leur gestion n’est pas toujours performante, réduisant les effets positifs qu’elles pourraient avoir.
Par ailleurs, plusieurs études ont récemment montré qu’au Niger, les structures gérées par les femmes fonctionnaient mieux, notamment dans le cas des banques céréalières.
Il a donc été décidé de placer les femmes au cœur des actions relatives au thème de la sécurité alimentaire, en réalisant des formations pour les femmes impliquées dans les comités de gestion des banques céréalières, afin de leur permettre de mieux jouer leur rôle.

Mise en place d’une expérimentation de cultures irriguées dans le canton de Kornaka
Les cultures irriguées de contre saison sont un des moyens identifiés pour lutter contre l’insécurité alimentaire chronique au Niger, notamment dans le cadre de l’initiative 3N. Une campagne nationale de cultures irriguées a ainsi été lancée pour la période de contre-saison 2012-2013.
Cette pratique étant pour le moment très peu répandue dans le canton de Kornaka, il est prévu de réaliser, dans le cadre du programme, une expérimentation de cultures irriguées à Kornaka, Sabon Machi et Mayara. Il s’agira de déterminer la faisabilité de ce type de cultures dans cette zone. Ce projet pourra notamment s’appuyer sur les deux agriculteurs nigériens qui avaient participé à la mission d’échange entre agriculteurs, réalisée en mai 2010 en Basse-Normandie. L’aménagement de chaque site comprendra la réalisation d’un puits maraicher, la clôture d’un jardin de un hectare pouvant bénéficier à 50 femmes à raison de 200m2 par femme, la dotation en petits matériels (arrosoirs, pioche, pelle, …) et un lot de semences.

Echange entre les deux territoires sur les initiatives mises en place en matière d’éducation alimentaire et d’évolution des habitudes alimentaires
Des problématiques similaires de changement des habitudes alimentaires existent sur les deux territoires : cette question est donc intéressante en termes de réciprocité.
Dans le cadre du travail sur l’Agenda 21 de l’agglomération de Caen-la-Mer, le constat a par exemple été fait que certains aliments distribués en tant qu’aide alimentaire par les associations n’étaient pas utilisés car ils ne rentraient pas dans les habitudes alimentaires des populations concernées ; il a donc été proposé de mettre en place des ateliers culinaires pour y remédier.
De même, au Niger, les habitudes alimentaires peuvent parfois être un frein au développement de nouvelles cultures et à une évolution des pratiques. La sensibilisation des populations dans ce domaine est ainsi un des axes de travail identifié dans le cadre de l’initiative 3N.
Un échange sur les initiatives mise en place en matière d’éducation alimentaire et d’évolution des habitudes alimentaires est donc prévu dans le cadre du programme, afin de croiser les expériences dans ce domaine et alimenter les pratiques.

Participation au programme de Système Alimentaire Territorial du Core group sécurité alimentaire de l’ORU FOGAR
Parallèlement à la mise en place de ces activités concrètes d’appui à la sécurité alimentaire et dans une optique de synergie et de complémentarité, les acteurs de cette coopération, ainsi que le Conseil Régional de Maradi, ont choisi de rejoindre le programme thématique de Système d’Alimentation Territorial (S.A.T.), porté par le Conseil Régional de Basse-Normandie dans le cadre du Core Group « sécurité alimentaire » de l’Organisation des Régions Unies FOGAR (ORU-FOGAR).
Ce projet de mise en place de S.A.T. vise à assurer la sécurité alimentaire d'un territoire, à anticiper les crises, en intégrant l’approche territoriale du développement, multi-acteurs et intersectorielle. Il prévoit la relocalisation de la production, de la transformation, de la consommation et de la distribution. Il s’agit de faire la démonstration par la preuve de la capacité d’un S.A.T. à assurer progressivement et au fur et à mesure de son développement la sécurité alimentaire et nutritionnelle des personnes, et en particulier les plus vulnérables.
Ce projet se déroule en plusieurs étapes :
- Identification d’initiatives locales et d’acteurs contribuant à une amélioration de la sécurité alimentaire du territoire et conceptualisation d’un système alimentaire territorial capable d’être adapté à tous les territoires pilotes ;
- Définition des critères de sélection des territoires et identification d’un groupe de 10 territoires pilotés par des régions ou des villes et volontaires, en co-maîtrise d’ouvrage du S.A.T.
- Préparation de la mise en œuvre, du suivi et de l’évaluation des expériences pilotes sur des territoires identifiés ;
- Mise en œuvre, du suivi et de l’évaluation des expériences pilotes sur des territoires identifiés
- Capitalisation - publication
La Région de Maradi en général, et peut-être plus spécifiquement le canton de Kornaka, sera donc candidat pour être un des territoires pilotes d’expérimentation du S.A.T.
ACTION 4

Intitulé de l'action
Amélioration du service public de l’eau potable et de l’assainissement du canton de Kornaka

Objectif de l'action
Contribuer à l’amélioration de l’accès à l’eau potable et des pratiques d’hygiène et d’assainissement dans le canton de Kornaka via le renforcement du service public de l’eau, le changement de comportement et l’incitation à la construction de latrines familiales

Description sommaire

Appui à la maitrise d’ouvrage communale en matière d’eau et d’assainissement
- Mise en place, suivi et accompagnement d’un cadre de concertation intercommunal
- Structuration et renforcement du service technique intercommunal eau et assainissement
- Formation et accompagnement des élus aux prérogatives et modalités d’exercice des compétences des communes en eau et assainissement
- Réalisation d’une étude sur les performances du service de l'eau et les modalités de recouvrement du service
- Organisation de voyage d’échange au Niger et dans la sous-région

Renforcement des capacités des opérateurs locaux
- Formation, équipement et suivi de 4 artisans réparateurs de pompes
- Mise en place et suivi de 5 fonds de réparation des pompes
- Mise en place et suivi d'un dépôt répartiteur et de 4 points de vente de pièces
- Formation, équipement et suivi de maçons pour la construction de latrines familiales

Amélioration des pratiques d’hygiène et d’assainissement
- Formation de 25 formateurs hygiénistes
- Mise en place, formation, équipement de comités villageois de salubrité
- Mise en place, formation, équipement de clubs scolaires d’hygiène
- Réalisation d’activités de sensibilisation grand public
- Conception et diffusion d'émissions de sensibilisation sur la radio de Kornaka
Déroulement de l'action (solutions techniques retenues, travaux à entreprendre, programmes de formation envisagés…)

1. Appui à la maitrise d’ouvrage communale en matière d’eau et d’assainissement

Mise en place, suivi et accompagnement d’un cadre de concertation intercommunal
Il s’agit d’accompagner l’émergence d’un cadre de concertation intercommunal dans lequel tous les acteurs des secteurs de l’eau potable et de l’assainissement du canton de Kornaka se retrouvent pour échanger en vue d’améliorer la gouvernance locale dans ces secteurs.
Ce cadre de concertation (CCIEA-K) aura les attributions suivantes:
- Servir d’espace d’échanges et de concertation entre toutes les parties prenantes locales des services d’eau potable et d’assainissement ;
- Servir d’interface entre l’ACCK, les 5 conseils municipaux, les services techniques, les usagers et les partenaires ;
- Analyser la situation du service public de l’eau potable et de l’assainissement et élaborer des propositions concertées d’amélioration du service public de l’eau potable et de l’assainissement et soumettre ces propositions à l’ACCK et aux communes pour amendements et adoption ;
- Favoriser l’engagement des parties prenantes locales à mieux jouer leurs partitions dans la planification et la mise en œuvre de projets d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement ;
- Assurer un suivi participatif de la mise en œuvre des projets d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement ;
- Examiner l’action des 5 communes du canton de Kornaka en matière d’accès à l’eau portable et à l’assainissement (AEPA) et formuler des propositions d’orientation, de décision ou d’action ;
- Organiser et superviser la mise en œuvre des orientations, résolutions ou activités adoptées par les Conseils municipaux en matière de service d’eau potable et d’assainissement ;
- Rendre compte périodiquement à l’ACCK et aux communes des actions organisées ou supervisées.
Il sera composé d’élus (2 par communes), de 2 représentants du Service Technique Intercommunal de l’Eau Potable et de l’Assainissement, et de représentants des Associations des usagers du service public de l’eau (AUSPE), des Comités de gestion des forages avec pompes à motricité humaine (PMH), des Comités de gestion des puits, des Comités villageois de salubrité, et de représentants des opérateurs privés (délégataires des mini-adductions d’eau potable - AEP, artisans réparateurs de pompes à motricité humaine).
Après sa mise en place, les membres du CCIEA-K seront formés sur les stratégies nationales en matière d’AEPA ainsi que les prérogatives des communes en matière de gestion du service public d’eau potable et d’assainissement dans un contexte de décentralisation. Cette formation permettra au CCIEA-K de mieux appréhender et jouer son rôle dans la gouvernance locale des services d’AEPA au niveau du canton, en accompagnement des actions des communes.
Le CCIEA-K tiendra une session tous les trimestres pour apprécier les initiatives, projets et actions engagées par l’ACCK et les 5 communes du canton en matière d’AEPA ; et formuler à l’ACCK et aux 5 communes du canton les suggestions et recommandations pour l’amélioration des services d’eau potable et d’assainissement.
Les informations sur le service de l’eau seront produites et présentées au CCIEA-K par le Service Technique Intercommunal de l’Eau Potable et de l’Assainissement.

Structuration et renforcement du service technique intercommunal eau et assainissement
En 2008, un Service Technique communal de l’Eau Potable et de l’Assainissement a été mis en place dans la commune de Kornaka. De fait, le technicien recruté a progressivement étendu son activité aux autres communes du canton.
Ce Service a les attributions suivantes :
- Assurer la coordination technique de la mise en place des opérateurs locaux du service d’eau potable et d’assainissement au niveau du canton ;
- Assurer la coordination technique du dispositif d’exploitation des mini-AEP et des forages à PMH (collecte des redevances, entretiens préventifs, réparations, fonctionnement des AUSPE et des Comités de gestion, etc.) ;
- Assurer le suivi de l’exploitation des puits hydrauliques (respect des règles d’hygiène, fonctionnement des Comités de gestion, réparations, etc.) ;
- Tenir à jour un système d’information sur le fonctionnement du service d’eau potable et d’assainissement ainsi que la mise en œuvre de projet d’eau potable et d’assainissement.
Les charges de fonctionnement ainsi que le salaire du Technicien sont plus ou moins mutualisés entre les cinq communes. Il s’agit aujourd’hui d’officialiser le fait que ce service évolue vers des fonctions intercommunales, et de lui permettre de prendre en charge l’ensemble de ses activités au niveau de l’ensemble des communes. Il s’agit également de trouver un mode de fonctionnement officiel entre les 5 communes pour la répartition et la prise en charge des coûts.
A ce jour, ce service ne compte qu’un seul agent technique qui n’arrive pas à couvrir les cinq communes. Le seul agent est sollicité quotidiennement par toutes les communes et sur beaucoup de sujets, dont des sujets qui ne concernent pas directement l’eau et l’assainissement. Cette situation traduit un besoin réel des communes de disposer d’un technicien mais surtout leur volonté à s’approprier un tel service et à en supporter la charge.
C’est pourquoi, il est prévu d’institutionnaliser et de renforcer le service technique intercommunal par l’accompagnement à sa formalisation (contractualisation, définition du mode de fonctionnement, prise en charge des coûts), par le recrutement d’un deuxième agent en charge des questions d’hygiène et d’assainissement, par le renforcement des capacités des agents à travers un accompagnement régulier et de proximité et par le renforcement des moyens logistiques.

Formation des élus aux prérogatives et modalités d’exercice des compétences des communes en eau et assainissement
Les élus des 5 conseils municipaux seront formés sur l’organisation et la stratégie nationale en matière d’AEPA ainsi que sur les prérogatives des communes conformément au code des collectivités territoriales et des textes d’applications en vigueur en matière de gestion du service public d’eau potable et d’assainissement. La formation portera également sur le cadre national d’organisation et de gestion des ouvrages hydrauliques et le processus de mise en place d’opérateurs locaux prévus dans ce cadre (AUSPE, délégataires, fontainiers, comités de gestion).
Une seconde session de formation visant les mêmes acteurs mettra l’accent sur la stratégie de promotion de l’hygiène et de l’assainissement autonome en milieu rural. Cette formation permettra aux élus de mieux appréhender les dynamiques impulsées en matière d’hygiène et d’assainissement et de mieux assumer leurs rôles et responsabilités dans ce domaine.

Réalisation d’une étude sur les performances du service de l’eau et sur les modalités de recouvrement du service
Afin d’améliorer la performance et l’autonomisation du service de l’eau sur le canton, il est prévu de réaliser une étude sur les modes actuels de recouvrement des différents couts des services d’eau, aussi bien à travers les puits, les forages, que les adductions d’eau. Cette étude devra permettre de maitriser les charges directes de chaque niveau de service sur une année, de dégager la contribution que peut apporter chaque point d’eau au fonctionnement des instances communales en charge de la gestion de l’eau, notamment le cadre de concertation intercommunal, le service technique intercommunal. Cette étude permettra de définir le prix minimum applicable pour les différents niveaux de service sur le canton afin d’assurer une gestion équilibrée de l’eau sur toute l’étendue du canton.

Organisation d’un voyage d’échange dans la sous-région
Afin d’appréhender des réalités vécues ailleurs par des élus dans l’exercice de leur rôles et favoriser les partages d’expérience, il est prévu d’organiser un voyage d’étude dans un pays de la sous-région. Ce voyage concernera non seulement des élus mais aussi les agents du service technique intercommunal ainsi que des membres du cadre de concertation intercommunal. Les participants pourront ainsi échanger avec des homologues sur diverses préoccupations liées à leurs rôles respectifs et sur l’intercommunalité.
Ce voyage d’échange sera organisé en année 2 du programme.

2. Renforcement des capacités des opérateurs locaux de l’eau et de l’assainissement

Formation, équipement et suivi de 4 artisans réparateurs de pompes à motricité humaine
Le canton de Kornaka ne compte aucun artisan réparateur de pompes à motricité humaine. Le seul artisan réparateur réside à Dakoro, le chef-lieu du département, alors que le canton dispose d’un parc de 110 forages à PMH de marque India MARK II et Vergnet.
4 personnes seront identifiées dans les communes en concertation avec l’ACCK et bénéficieront ensuite d’une formation sur l’entretien et la réparation des PMH de marque India MARK II et Vergnet. Chaque artisan réparateur formé sera doté d’une caisse à outils.
Les 4 artisans réparateurs formés couvriront les zones suivantes :
- 1 pour les communes de Kornaka et Adjékoria ;
- 1 pour la commune de Sabon Machi ;
- 1 pour la commune de Mayara ;
- 1 pour la commune de Dan-Goulbi.
Ces artisans bénéficieront d’un suivi et d’un encadrement afin que progressivement ils puissent se professionnaliser dans le métier et devenir des acteurs incontournables de la pérennité du service de l’eau.

Mise en place et suivi de 5 fonds de réparation des pompes
La durée de réparation des pompes à motricité humaine est souvent assez longue. Cette situation s’explique généralement par l’incapacité des villages et des communes à s’organiser pour mobiliser les fonds nécessaires pour assurer les réparations. Les fonds collectés par les comités de gestion des forages PMH sont généralement insuffisants pour couvrir les frais de réparation.
Il est donc proposé de créer 5 fonds de réparation des pompes (FRP), un par commune. Il s’agit de mettre en place un dispositif pérenne de maintenance et de réparation des pompes en créant un cadre de partenariat et de solidarité entre comités de gestion de forages équipés de PMH.
Le FRP est alimenté mensuellement par les comités de gestion des forages équipés de PMH à partir des recettes d’eau et est destiné à couvrir les frais de maintenance et de réparation des pompes. Il est géré conjointement par les comités de gestion des forages équipés de PMH et la commune. Les redevances mensuelles sont directement versées par les comités de gestion dans le compte du FRP domicilié à la mutuelle KARHI de Kornaka.
Il s’agit ainsi de créer un premier niveau de mutualisation du cout des maintenances à l'échelle communale. A moyen terme, un deuxième niveau de mutualisation à l’échelle intercommunale pourra être envisagé si le niveau communal est bien consolidé.

Création et suivi d’un dépôt répartiteur et de 4 points de vente de pièces de rechange
L’éloignement des points de vente de pièces de rechange des pompes à motricité humaines des communes de Kornaka fait que les délais de réparation des pompes en panne sont relativement longs. Les pièces de rechange ne sont disponibles qu’à Niamey et Zinder et rarement à Maradi.
Il s’agira donc d’accompagner l’ACCK dans la mise en place d’un fonds pour constituer un stock de pièces de rechanges au niveau d’un dépôt répartiteur installé à Kornaka. Ce dépôt répartiteur alimentera 4 points de vente qui seront créés dans 4 communes, à savoir Kornaka, Sabon Machi, Mayara et Dan-Goulbi. Compte tenu du faible nombre de forages équipés de PMH dans la commune d’Adjékoria, il ne semble pas nécessaire d’y créer un point de vente : celui de Kornaka servira aux deux communes.

Formation, équipement et suivi de 20 maçons pour la construction de latrines familiales
Il s’agira d’identifier 20 maçons (4 par commune) qui seront formés aux techniques de construction de latrines type Sanplat.
La finalité est de disposer au niveau de chaque commune de compétences accessibles, en termes de coût et de fiabilité, capable d’aider les ménages à faibles revenus à disposer de latrines acceptables.
La formation de ces maçons sera non seulement pratique et portant sur les techniques de construction, les normes et les dosages des matériaux, mais abordera aussi la problématique des maladies liées au manque d’hygiène et d’assainissement de façon à faire de ces maçons des vecteurs de sensibilisation dans le cadre de la recherche de marchés de construction de latrines.
Les maçons formés seront dotés d’un kit d’équipement pour la construction de latrine.

3. Amélioration des pratiques d’hygiène et d’assainissement

Formation de 10 formateurs hygiénistes
L’objectif est de faire émerger au sein des communes des personnes capables de mener des actions de sensibilisation envers leurs communautés.
Ainsi, 10 formateurs hygiénistes seront identifiés et formés (2 par commune).
La formation sera axée sur les bonnes pratiques d’hygiène de base avec comme outil la méthode de sensibilisation SARAR/PHAST avec l’utilisation de boîtes à images. Les hygiénistes seront également formés sur l’utilisation et l’entretien des latrines familiales, la gestion des eaux usées et des ordures ménagères.
Cette formation sera assurée par un consultant averti sur les questions d’hygiène et d’assainissement maîtrisant la méthode SARAR/PHAST avec la participation des agents du Service technique intercommunal eau et assainissement et d’Eau Vive.
L’objectif recherché est qu’à la fin du programme, l’hygiène et l’assainissement soient des préoccupations traitées localement sans intervenant extérieur.

Mise en place et formation de 10 comités villageois de salubrité
Un comité villageois de salubrité sera mis en place dans 10 villages (soit 2 villages par commune) pour veiller à l’application des pratiques d’hygiène au sein du village.
Les membres des comités villageois de salubrité seront formés à la méthode de sensibilisation SARAR/PHAST avec l’utilisation de boîtes à images. Chaque comité sera équipé d’un minimum d’outils afin de faciliter les travaux de nettoyage et d’entretien des places publiques du village. La sensibilisation mettra aussi l’accent sur l’évacuation des eaux usées et des ordures ménagères.
Cette activité sera également exécutée par les 10 formateurs hygiénistes à former et sous la supervision de l’agent technique intercommunal en charge de l’hygiène et de l’assainissement et d’Eau Vive.

Mise en place et formation de 3 clubs scolaires d’hygiène
Afin de promouvoir l’assainissement et la pratique de l’hygiène en milieu scolaire, ce qui amènera un changement de comportement des enfants mais aussi et surtout créera un effet de levier dans les familles et dans l’environnement immédiat de l’enfant, il est prévu de mettre en place et de former 3 clubs scolaires d’hygiène.
Les changements de comportements ne devenant généralement définitifs que lorsqu’ils sont partagés par les enfants et leurs parents au niveau de la famille, des liens forts seront établis entre les écoles et les familles.
Ces clubs scolaires d’hygiène seront chargés d’animer des séances d’éducation à la pratique d’hygiène et de suivre l’application des règles d’hygiène et de salubrité dans l’espace scolaire. Ils auront également en charge l’organisation de la gestion et de l’entretien des blocs de latrines scolaires. La méthode de sensibilisation SARAR/PHAST avec l’utilisation de boîtes à images sera développée pour l’éducation à l’hygiène en milieu scolaire.
Cette activité sera exécutée par l’agent technique intercommunal en charge de l’hygiène et de l’assainissement sous la supervision d’Eau Vive.

Réalisation d’activités de sensibilisation grand public et conception et diffusion d’émissions radio de sensibilisation
La réalisation d’infrastructures sanitaires ne suffit pas à elle seule pour résoudre les problèmes de comportement liés à l’hygiène. Une véritable mobilisation sociale est nécessaire pour susciter au niveau des personnes une prise de conscience et des réflexes responsables ayant un impact sanitaire considérable.
La stratégie globale du projet pour promouvoir le changement des comportements en faveur de l’hygiène et de l’assainissement sera basée sur l’approche SARAR/PHAST.
Des messages seront élaborés et expérimentés à travers divers canaux de diffusion dans le canton de Kornaka en particulier la radio intercommunale « Gyaré ».
La sensibilisation s’adressera à toutes les couches sociales, et plus spécialement aux femmes qui sont les principales responsables des questions d’hygiène et de santé au village.
Elle portera sur les maladies liées au manque d’hygiène et d’assainissement et les voies de transmission, l’hygiène corporelle (lavage des mains, du visage, du corps), l’hygiène alimentaire, l’hygiène du cadre de vie, l’utilisation et l’entretien des latrines familiales.
Au-delà du message sur les vertus sanitaires de l’hygiène et de l’assainissement, l’accent sera mis lors des actions de sensibilisation sur les valeurs comme la dignité, l’amour propre, la fierté et le dégoût du déchet afin de promouvoir l’éradication de la défécation en plein air.
Les actions de sensibilisation seront réalisées par les hygiénistes formés suivant les étapes suivantes :
- Planification des activités de promotion du changement et répartition des responsabilités au sein de la communauté ;
- Exécution des activités courantes d’Information, Education et de Communication (IEC) au profit des ménages, à travers des outils déjà expérimentés comme les boîtes à images, les théâtres forum, les chansons et les émissions radio ;
- Organisation d’activités particulières de grande visibilité comme des journées de mobilisation pour l’hygiène et l’assainissement de base ; le lavage des mains au savon, l’utilisation des latrines et l’éradication de la défécation en plein air.
Ces opérations seront placées sous la supervision de l’agent technique intercommunal en charge de l’hygiène et de l’assainissement.
Votre partenariat prend la forme d'un(e)
Projet de coopération décentralisée
Mise en œuvre du partenariat
Maître(s) d'œuvre
Eau Vive Basse-Normandie est maitre d’œuvre délégué des collectivités bas-normandes, et Eau Vive au Niger, maitre d’œuvre délégué des collectivités nigériennes.
Maître(s) d'ouvrage
Villes d’Ifs, Colombelles, Mézidon-Canon et Castillon-en-Auge et Conseil Régional de Basse-Normandie,Communes rurales de Kornaka, Sabon Machi, Dan Goulbi, Mayara et Adjékoria
Bénéficiaire(s)
Habitants des différents territoires engagés

Partenaires étrangers du partenariat

Partenaires étrangers du partenariat
Nom de la collectivité étrangère Pays  
Kornaka Niger Icone d'une loupe
DAN GOULBI Niger Icone d'une loupe
MAYARA Niger Icone d'une loupe
SABON MACHI Niger Icone d'une loupe
ADJEKORIA Niger Icone d'une loupe

Contacts dans les partenaires étrangers du partenariat

Contacts dans les partenaires étrangers du partenariat
Nom de la collectivité étrangère Nom Prénom Fonction Courriel
Kornaka KOURE JACKOU OUSMANE Maire ousmanekourjackou@yahoo.fr
MAYARA ASMANE YAOU Maire
DAN GOULBI DAN AÏ SAIDOU Maire
SABON MACHI DAN FADJI HAROUNA Maire
ADJEKORIA NAMAKA ABOU Maire

Collectivités territoriales partenaires du partenariat

Collectivités territoriales partenaires du partenariat
Nom de la collectivité territoriale  
Ifs Icone d'une loupe
Colombelles Icone d'une loupe
Mézidon-Vallée-d’Auge Icone d'une loupe
Conseil régional de Normandie Icone d'une loupe



Le partenariat n'est pas triennal

Financement du partenariat

Financement du partenariat
Nom du financeur Montant en euros Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Année
Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères 88000 2013
Ifs 39000 0 2013
Colombelles 19500 0 2013
Mézidon-Vallée-d’Auge 7500 0 2013
Conseil régional de Normandie 60000 0 2013
Kornaka 1500 2013
Sabon Machi 1500 2013
Mayara 1500 2013
Dan Goulbi 1500 2013
Adjekoria 1500 2013
Communauté de commune Caen La Mer 20000 2013
Agence de l'Eau Seine Normandie 30000 2013
Syndicats intercommunaux d'alimentation en eau Potable Ifs-Bourguebus 13500 2013
Syndicat de production d'eau potable de la région de Caen 10000 2013
Association Ifs Solidarité Sahel 36000 2013
Fondation LEGALLAIS 15000 2013
Fondation de france/CFSI 36000 2013




Évaluations, communication et perspectives

Une communication a été engagée en France

Une communication a été engagée dans les pays partenaires

Une politique d'évaluation a été engagée

Volontaires impliqués dans le partenariat (VSI, service civique, etc.) d'Échange et de Solidarité

Volontaires impliqués dans le partenariat (VSI, service civique, etc.) d'Échange et de Solidarité
Nom Prénom Mission Champs d'action Entité d'affectation


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