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Atlas français de la coopération décentralisée et des autres actions extérieures

Contacts dans le poste diplomatique "Ambassade de France à Ouagadougou"

Correspondant coopération décentralisée
Marion ANVROIN
Courriel : marion.anvroin[at]diplomatie.gouv.fr
 
Conseiller de coopération et d'action culturelle
Laurent BARBOT
Courriel : laurent.barbot[at]diplomatie.gouv.fr
Titre
appui à la création d'une filière coopérative maraichère biologique en milieu péri-urbain
Année de première signature de la convention
2011
Thématique d'intervention
Economie durable
Sous-thématique d'intervention
Attractivité des territoires
Sous-sous-thématique d'intervention

Autres thématiques mises en œuvre pour le partenariat

Autres thématiques mises en œuvre pour le partenariat
Thématique éligible Sous-thématique Sous-sous-thématique Priorité
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Année de début du partenariat
2011
Le partenariat est
En cours
Date de fin du partenariat
Contexte
1 – une Région Bretagne engagée dans les actions de développement

Quand 15% de la population mondiale cumule 80% des richesses, quand un habitant sur deux vit avec moins de 2$ par jour, quand plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim, la réduction des inégalités est l’enjeu majeur, l’enjeu vital. Une économie productive qui génère des emplois, donc des revenus au sein d’entreprises créatives est une des clés de ce développement humain durable, et de l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Une centration sur le développement d’une économie productive créatrice d’emplois, voilà ce qui nous guide dans notre approche de la coopération. Nous ne sommes pas dans une démarche philanthropique d'aides aux plus pauvres, mais dans une logique d’investissement de long terme, d’investissement économique, éthique et solidaire.

Aux côtés de l’action des Etats et des institutions internationales pour le développement, les gouvernements locaux infra étatiques que sont les Régions et les autres collectivités locales (départements et communes) sont des acteurs incontournables, efficaces et pertinents. Nous militons pour cette approche territoriale du développement et la nécessaire reconnaissance d’une gouvernance multi niveaux et multi acteurs à l’intersection du local et du global.
Les Régions, en particulier, sont des territoires à la fois suffisamment grands pour agir dans le structurant, et suffisamment cernés pour être dans la proximité des acteurs économiques et sociaux (entreprises, organisme de recherche et de formation, associations, ..) et les mobiliser dans des actions de développement très concrètes aux retombées visibles sur l’emploi et la création de richesses utiles, de revenus.

La Région Bretagne exerce un rôle stratégique à l’international, pour organiser du réseau avec les autorités politiques, les acteurs économiques et sociaux de nos pays et régions partenaires. Elles créent ainsi un environnement sécurisant et dynamique propice au développement de relations et de coopérations de long terme pour nos PME (privées ou coopératives), universités, structures de l’économie sociale et solidaire.



Historique
2- Historique de la coopération entre la Bretagne et l’UEMOA : le pari de l’Afrique.

L’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine réunit 8 pays : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Elle se fixe des objectifs de coordination et de cohérence des politiques structurantes pour créer un vaste marché commun entre les pays membres assurant la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux. Elle a une monnaie commune, le Franc CFA.

Les belles coopérations sont avant tout des histoires humaines. Il en est de même de celle entre la Bretagne et ce vaste territoire qu’est l’UEMOA (90 millions d’habitants) : tout a débuté au printemps 2006 par une rencontre initiée par Kofi Yamgname avec Soumaila Cissé, président de la Commission de l’UEMOA. Il nous a aisément convaincu que l’Afrique ne pouvait être réduite à des images de famines, de grande pauvreté, de guerres et de corruption, qu’elle regorgeait de compétences et d’atouts pour son développement, qu’elle enregistrait depuis plusieurs années des taux de croissance significatifs, et que des coopérations économiques très concrètes rompant avec les systèmes d’aides souvent stériles, pourraient être déterminantes pour les activer. La Région Bretagne avec son président, Jean-Yves Le Drian, a répondu « banco » et s’est engagée à l’été 2006 à imaginer et surtout mettre en œuvre des formes innovantes de coopération avec cet espace territorial de l’UEMOA.

Quatre ans plus tard, notre coopération poursuit, chemin faisant, à travers ses différentes actions, un objectif : contribuer au développement de l’entrepreneuriat, pour créer de l’emploi et des revenus. Nous essayons bien entendu de promouvoir et soutenir un entrepreneuriat responsable, qui intègre et prend en compte les dimensions sociales et environnementales.


3 – une coopération centrée sur le développement économique

Cette coopération est entièrement centrée sur la question économique, conviction partagée avec nos partenaires de l’UEMOA que le développement de l’Afrique de l’Ouest et l’atteinte des objectifs du Millénaire (OMD) passe avant tout par le développement d’activités économiques créatrices d’emplois, de revenus et de richesses.
Sans prospérité et croissance économique, il n’y aura pas de développement. Mais l’enjeu est de promouvoir une croissance inclusive.
Les 4 volets de notre coopération ont une même visée : que la Région Bretagne contribue à consolider en Afrique de l’Ouest, l’émergence d’une classe entrepreneuriale à même de développer des activités pérennes et utiles (satisfaction des besoins locaux) en créant de l’emploi et du revenu.

Les 4 volets de notre coopération (que nous avons voulus cohérents par rapport à l’objectif central) :

- des missions d’entreprises : 80 PME de Bretagne emmenées dans les pays de l’UEMOA, depuis 2007 (opérateur : Bretagne International, notre agence de développement à l’international).

- la filière coton bio-équitable, avec un premier programme triennal 2008-2009-2010, cofinancé par la Région Bretagne (avec un soutien financier important du MAEE) et l’UEMOA, qui aura permis d’accompagner, de former, d’équiper… 3000 cotonculteurs au Mali et au Burkina pour qu’ils produisent du coton biologique (niche économiquement et écologiquement porteuse) avec en Bretagne, la mobilisation des industriels du textile qui achètent cette production avec les pratiques du commerce équitable. La valorisation locale artisanale du coton a été également un enjeu important de ce programme. Ce programme est poursuivi avec la signature d’une seconde convention triennale (2011-2013) d’une part entre la Région Bretagne et l’ONG Helvetas Mali, d’autre part entre l’UEMOA et Helvetas Mali. .

- le Projet « Talents du Monde », projet co-construit entre la commission de l’UEMOA et nos interlocuteurs régionaux, Bretagne International (agence de développement à l’international de la région Bretagne), la Fondation Hébert Solacroup (opérateur délégué de ce programme) et le Conseil Régional de Bretagne. Le projet est un programme de co-développement au bénéfice de jeunes chefs entrepreneurs ouest-africains qui ont démarrés leur activité et ont besoin de renforcer leurs compétences managériales, leur capacité d’innovation ou de développer des réseaux. Les stagiaires sélectionnés bénéficient de 10 semaines de formation à Dinard (Ille et Vilaine) avec moitié du temps d’enseignements académiques et moitié du temps en immersion dans des PME bretonnes du secteur dans lequel ils ont créés leur activité. La totalité des coûts (hors déplacement) sont pris en charge par l’UEMOA et la Région Bretagne. 2 sessions se sont déroulées en 2010, 2 autres en 2011. Fort d’un bilan très positif, le programme est confirmé pour 2012 et fait l’objet d’un dossier déposé dans le cadre de l’appel à projet 2012 du MAEE.

- Enfin, 4ème volet, en 2011 a été démarré un projet travaillé depuis 2 ans avec la région Centre du Burkina et l’UEMOA : l’appui à une filière coopérative maraîchère biologique en milieu périurbain (Ouagadougou) avec un double enjeu de création d’emplois et de sécurité et souveraineté alimentaire. Ce programme, soutenu par le MAEE en 2011, fait l’objet du présent dossier déposé dans le cadre de l’appel à projet 2012 du MAEE
Objectif du partenariat
1 – Les motivations du Conseil régional de Bretagne et des acteurs économiques de Bretagne : s’engager pour la souveraineté et la sécurité alimentaire.

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, plus de 1 milliard de personnes souffrent de la faim. L’échec de la communauté internationale dans la lutte contre la famine et la malnutrition est inacceptable car les ressources, qu’elles soient naturelles (sols cultivables), financières ou techniques existent pour éradiquer ce fléau. La question est de les activer.
Les acteurs bretons sont convaincus que leur propre histoire les rapproche de l’Afrique de l’Ouest. Il y a 50 ans les exploitations familiales bretonnes étaient confrontées à une problématique agricole qui a amené les agriculteurs bretons à faire des choix en termes d’organisation, d’orientation, de secteurs à valoriser et de renforcement des capacités.
A ses débuts, le développement agricole de la Bretagne s’est appuyé sur la mise en place d’un tissu dense de micro entreprises et de coopératives, impulsée par l’esprit d’entreprise.
Le développement en Bretagne a pris son essor à partir du moment où on a pris conscience de l’importance des formations et organisations à tous niveaux : organisation de jeunesse (éducation populaire), enseignement, recherche, organisations agricoles…
Ces choix ont fait de la Bretagne l’une des premières régions agricoles et agro-alimentaires d’Europe, au prix cependant de problèmes environnementaux qui perdurent et dont il faut tirer les leçons.

Cette histoire singulière intéresse nos partenaires et amis africains qui nous sollicitent pour accompagner leur réflexion sur les possibilités d’augmentation des volumes de production (semences, rendements, équipements..) mais surtout, car une majeure partie du problème est là, sur le stockage, le conditionnement, la conservation et la transformation/valorisation des produits agricoles, dont la moitié de la production est perdue par manque d’équipements appropriés, défaut de logistique et manque de formations. L’enjeu est de travailler et d’intervenir sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

Cette réflexion est engagée depuis deux années. De très nombreux acteurs en Bretagne (entreprises coopératives, entreprises privées, centres de recherche, centres de formation, ONG, associations de solidarité internationale, autres collectivités) sont mobilisées et prêtes à du transfert de savoir-faire et du transfert de compétences.
Un projet très concret et ambitieux voit le jour en 2011 pour accompagner le développement d’une coopérative maraîchère bio près d’Ouagadougou (Burkina Faso), avec un double enjeu :
- accompagner des coopératives villageoises dans leur développement en travaillant avec elles sur l’amont et l’aval de la production (jusqu’à la commercialisation) en mobilisant notamment la formation et des investissements dans des équipements permettant d’accroître la valeur ajoutée
- contribuer à la sécurité et la souveraineté alimentaire de la ville toute proche, en développant les circuits courts.

Cette coopération va s’appuyer sur un important travail stratégique de la région Centre, notre partenaire.



2 – le plan stratégique défini par la Région Centre du Burkina Faso pour le développement d’une filière maraîchère

Le Conseil Régional du Centre du Burkina Faso a adopté un projet de développement sur trois ans de la filière fruits et légumes, avec comme objectif de développer la filière en mettant en relation ordonnée l’offre et la demande de produits maraîchers de la région.
Les éléments synthétiques sont repris ci-dessous.



De manière spécifique, il s’agit de :

1. organiser les producteurs, les commerçants et les consommateurs des produits
Maraîchers ;

2. améliorer la qualité et la quantité de l’offre de produits maraîchers;

3. améliorer la commercialisation des produits maraîchers ;

4. renforcer les capacités techniques, organisationnelles et managériales des conseils d’administration et des membres des coopératives

5. renforcer les capacités matérielles, logistiques, et infrastructurelles des coopératives.

6. assurer un appui technique de proximité aux coopératives à travers la facilitation de la mission de l’équipe technique d’appui aux coopératives identifiée par la direction régionale de l’agriculture, de l’hydraulique et des ressources halieutiques du centre et celle de la chambre régionale de l’agriculture ;

7. assurer un appui technique au conditionnement et au stockage des produits maraîchers.


Cinq axes essentiels ont été identifiés dans ce projet à savoir :

1. L’organisation des acteurs (producteurs, commerçants) respectivement en coopératives et en associations. A ce niveau les activités suivantes ont été retenues :
 mettre en place 6 coopératives de producteurs dans les 6 communes rurales
 mettre en place des coopératives dans la ville de Ouagadougou ;
 Mettre en place des associations de commerçants de produits maraîchers dans les 6 communes rurales et dans la ville de Ouagadougou
 mettre en place une union des coopératives de la région ;
 mettre en place une union des associations des commerçants des fruits et légumes ;
 mettre en place un réseau des producteurs, des acheteurs-revendeurs et des consommateurs de la région du centre.

2. Renforcer les capacités techniques, organisationnelles, managériales et matérielles des membres des coopératives à travers les activités suivantes :

 réaliser 24 formations au profit des conseils d’administration des coopératives, 18 formations alpha et 88 formations techniques;
 réaliser 3 voyages d’échange d’expériences (ou d’études) à l’intérieur et à l’extérieur du pays ;
 négocier 6 sièges provisoires pour les coopératives auprès des mairies
 doter les sièges d’équipements de bureau ;
 appuyer la mise en place des infrastructures de base pour la commercialisation des produits.

3. L’accès aux facteurs de productions tels que l’eau, la terre, les outils de production et les engrais. Les actions retenues à ce niveau sont les suivantes :
 réaliser 360 fosses fumières ;
 réaliser 60 puits maraîchers munis d’un système de pompage
 acquérir des équipements agricoles ;
 acquérir des engrais, des semences et des produits phytosanitaires ;
 réaliser 14 champ-écoles de la technique goute à goûte et la
vulgariser ensuite ;
 aménagement de périmètres maraîchers dans les bas-fonds, autour des puits et des barrages.

4. Appui à la commercialisation
 tenir des rencontres de concertation entre producteurs et acheteurs ;
 réaliser 6 infrastructures de vente en gros et demi-gros dans les six
communes rurales ;
 organiser 6 foires communales et une foire régionale par an ;
 organiser des ateliers de promotion de la filière fruits et légumes ;
 sensibiliser les acteurs de la filière sur le choix d’une unité de mesure
consensuelle ;
 organiser un atelier de validation de l’unité de mesure consensuelle ;
 réaliser 6 infrastructures de stockage
 réaliser 6 infrastructures de commercialisation de produits maraîchers.

5. Des actions d’accompagnement
 mettre à disposition 9 agents dont un animateur manageur, 7 techniciens et un hydraulicien ;
 des sorties terrains pour le suivi-accompagnement sont effectués par l’équipe technique d’appui aux coopératives ;
 Superviser mensuellement les actions menées ;
 effectuer des missions d’appui accompagnement mensuellement des actions menées ;
 acquérir et disponibiliser 2 ordinateurs au profit de la CRA-C et de
l’équipe technique d’appui aux coopératives ;
 réaliser une étude socio-économique de la filière.




3 – les axes et principes de la coopération Région Bretagne - Région Centre sur la filière coopérative maraîchère biologique

 Le pilotage du projet

- un pilotage politique par les 2 régions partenaires qui :
o veillent et sont garantes de la cohérence économique et sociale du projet
o ainsi que de la bonne adéquation entre les financements et les actions engagées, ainsi que de la bonne utilisation des financements
o mobilisent les acteurs motivés et compétents
o animent le travail partenarial multi-acteurs (rôle d’assemblier)
o établissent des partenariats institutionnels utiles (PNUD, FAO, …)
o évaluent le projet et ses impacts en matière de développement humain durable aux fins d’essaimage et de duplication de bonnes pratiques dans d’autres territoires.

- un pilotage opérationnel :
o appuyé en premier lieu sur les coopératives villageoises existantes
o et sur des organismes-ressources
 au Burkina-Faso:
• Helvetas,
• Centre Ecologique Albert Schweitzer (CEAS)
• Union Régionale des Caisses Populaires,
• Chambre régionale d’Agriculture …
 en Bretagne :
• Agronomes Sans Frontières (ASF) et le réseau des associations de solidarité internationales regroupés dans la CASI , qui sera chargée de l’animation du reseau d’acteurs bretons
• Agrocampus (INRA) pour les apports en matière de recherche et de méthodes
• Des entreprises maraîchères privées et coopératives (très présentes en Bretagne)
• Le pôle de compétitivité (à vocation mondiale) VALORIAL qui participe depuis 3 ans à toutes les missions entreprises en UEMOA (l’idée VALORIAL intéresse beaucoup l’UEMOA)
• La diaspora Burkinabé en Bretagne regroupée dans l’UBGOF
• Les réseaux coopératifs de distribution en circuits courts (coop bio)

- un comité de pilotage et de suivi de ce projet a été mis en place début 2011. Il associe aux représentants des Conseil régionaux du Centre (Burkina Faso) et de Bretagne (France) ainsi que de l’UEMOA, des représentants des organismes pré-cités et personnes-ressources en Bretagne et au Burkina. Il s’est réuni 5 fois à Ouagadougou lors de séminaires d’1 ou 2 journées.
- Un comité de pilotage a également été constitué en Bretagne. Il s’est réuni 6 fois en 2011 et associe le Conseil Régional, la CASI, Bretagne International, Agrocampus, l’ UBGOF. Le Conseil Général de la Vienne qui coopère également avec la Région du Centre sur la dimension formation, a été associé à nos travaux et a participé à 2 de nos comités de pilotage.


CASI : Coordination des Associations de Solidarité Internationale en Bretagne
Regroupe 150 ASI en Bretagne
A été maitre-d’œuvre de la recherche-action initiée en 2009 par la Région Bretagne (programme BPAVA) visant à identifier d’une part les besoins des acteurs ouest-africains pour relancer et développer les cultures vivrières et d’autre part, les savoir-faire transférables disponibles en Bretagne en matière de recherche, de formation, de production, de transformation et de commercialisation.
Cette recherche-action d’une année s’est clôturée par un colloque organisé à Brest en novembre 2009, en présence de nombreux acteurs d’Afrique de l’Ouest.
Le président de la CASI est un agronome en retraite, ancien directeur de recherche à l’INRA, très bon connaisseur et praticien de terrain des questions agronomiques en Afrique (Centrale et de l’Ouest), et vice- président d’Agronomes Sans Frontières.

La CASI , eu égard à son implication sur cette thématique, et aux compétences disponibles dans les associations de son réseau, sera le partenaire-clé de la région Bretagne pour la mise en œuvre opérationnelle de ce projet de filière maraîchère bio.


 Les actions et résultats obtenus en 2011

- axe 1 : la nécessité d’un état des lieux

La première réunion du comité de pilotage a acté de la nécessité d’engager une étude-diagnostic précise pour disposer d’un état des lieux des enjeux, forces et faiblesses de la filière maraichère dans la Région de Ouagadougou. Cette étude a été confiée à Helvetas Burkina Faso qui l’a réalisée entre juin et septembre 2011. Elle a apporté des éléments qualitatifs et quantitatifs essentiels pour appréhender la complexité systémique de la construction de cette filière et qui nous sera très utile pour conduire notre plan à moyen terme.
Ses conclusions revèlent l’ampleur de la tâche :
Concernant la production :
- tarissement des sources d’eau (barrages, retenues, puits) en l’absence d’un grand fleuve,
- faible niveau d’organisation des producteurs maraîchers qui fonctionne de manière individuelle sur de très petite parcelle (moins de 1ha),
- difficultés d’accès au financement des semences et intrants,
- équipements très sommaires et insuffisants,
- faible niveau de connaissance et de maîtrise des techniques de production respectueuses de l’environnement et de la santé des consommateurs,
- très faibles connaissances en gestion,
- absence de planification annuelle aboutissant à des situations de surproduction et d’engorgement qui expliquent que la moitié des productions se vend très mal, et l’autre partie se gâte dans les champs,
- trop faible diversité des productions en regard de la demande du marché.
Concernant la commercialisation :
- faible niveau de connaissance du marché par les producteurs,
- absence de vision et de stratégie commerciale,
- absence d’unité de mesure standart (on vend un sac),
- faible capacité d’organisation et de négociation des producteurs,
- fortes fluctuations des prix aux producteurs,
- forte présence du nombre d’intermédiaires dans la commercialisation,
- absence d’infrastructures de stockage et de conservation des produits maraîchers,
- faible niveau de transformation des produits.

Au vu de ces défis, le Comité de Pilotage est renforcé dans sa conviction :
- que seule une organisation de type filière est pertinente et porteuse de résultats tangibles
- de la pertinence d’un partenariat entre autorités politiques, centre de ressources et d’expertise et les producteurs organisées en coopératives.


- Axe 2 : l’organisation des acteurs

Le développement agricole de la Bretagne à partir des années 50 s’est engagé puis conforté à partir des organisations coopératives de producteurs : mise en commun du matériel, mutualisation des achats, production, transformation, stockage.
Plus tard, des réseaux de distribution originaux ont été mis en place (nous pensons par exemple aux Jardins de Cocagne dans le domaine des circuits courts production/distribution).

L’organisation coopérative des producteurs de la Région du centre du Burkina Faso va être un des grands chantiers des 3 prochaines années.
Pour enclencher cette dynamique, une délégation de 12 personnes (6 représentants des coopératives, 3 du Conseil Régional du Centre, 1 de la Chambre d’Agriculture, 1 du CEAS ainsi que la présidente des commerçantes de Ouagadougou) a été accueillie en Bretagne du 2 au 12 décembre 2011 et a pu ainsi avec beaucoup d’intérêt visiter coopératives de production, CUMA, coopératives de distribution, et nouer de fructueux contacts avec des producteurs maraichers.


- axe 3 : Renforcer les capacités techniques, organisationnelles, managériales et matérielles des membres des coopératives :

Le Comité de pilotage fait de cet axe la condition primordiale de la structuration de la filière. Elle conditionne le changement d’échelle, son appropriation par les producteurs et les résultats concrets attendus.
Deux priorités ont été retenues :
 la formation aux pratiques coopératives et à un réel fonctionnement mutualisé. La mission réalisée en Bretagne (cf. supra) est une premiere action.
 un accompagnement à la maitrise des itinéraires techniques de production maraichère pour permettre :
. une production de qualité répondant aux standarts exigés par les consommateurs
. une perspective à terme de production biologique, évitant les intrants et traitements chimiques
. une diversification des productions pour répondre aux besoins du marché local
. une organisation des productions permettant un approvisionnement sur tous les mois de l’année, évitant ainsi les surproductions sur certaines périodes (et de mauvais prix de vente) et les carences de produits locaux sur de nombreux mois de l’année (laissant le champ libre aux importations)

Sur ce dernier point, il a été acté de l’urgence de recruter 6 techniciens supérieurs qui seront affectés à l’accompagnement des 6 coopératives., et d’un coordinateur.

Le Conseil Général de la Vienne (France) qui travaille en parfaite complémentarité avec le Conseil régional de Bretagne pour la réussite de ce projet structurant, est le pilote de cette dimension (cf. actions conduites en 2012).


- axe 4 : la logistique et la commercialisation

La question de la souveraineté et de la sécurité alimentaire pour les pays sub-sahariens est autant liée à la question du stockage et de la conservation des produits, qu’à la production elle-même : près de la moitié de la production de fruits et légumes pourris en bord-champ par manque d’infrastructures adéquates. Outre le gâchis de production dans un contexte de sous-nutrition, c’est aussi un gâchis économique, les marchés locaux étant sur-approvisionnés sur les périodes (courtes) de production, avec donc des prix bas (parfois en dessous du prix de revient) alors que quelques semaines plus tard, ces produits trouveraient preneurs avec de meilleurs prix. D’où la question centrale et stratégique du stockage, de la conservation et de la transformation des produits. C’est une question majeure pour créer de la valeur ajoutée, de l’emploi et dans le même mouvement contribuer à l’approvisionnement régulier des populations en produits alimentaires locaux et de qualité.

Cette question centrale a beaucoup mobilisé le comité de pilotage en 2011.
Les choix suivants ont été faits lors de la dernière réunion de novembre :
- la construction dans chacune des 6 coopératives de 2 batiments de stockage de capacité de 20T pour stocker des produits non périssables immédiatement (type oignons) et/ou mis en vente à brefs délais.
- La construction dans chacune des 6 coopératives d’un batiment de vente, afin que les maraichers puisse mettre en place une stratégie mutualisée de vente vis-à-vis des grossistes locaux et sous-régionaux.
- La question d’un batiment de stockage sous température dirigée, nécessaire pour la conservation des produits périssables (tomates, pomme de terre) a été longuement évoquée. Ce batiment doit être un batiment central pour les 6 coopératives, et se positionne donc à Ouagadougou. Des possibilités d’utilisation (location) voire de rachat d’un entrepôt existant et disponible sont présentes, mais exigeront un montage juridique et surtout financier spécifique, qu’il a été décidé de ne pas inclure dans le présent projet.



 Le programme d’actions en 2012
(description succincte, les actions étant détaillées infra)

Dans le fil des travaux conduits par le Comité de Pilotage et des décisions prises en 2011, les actions 2012 vont se centrer sur :

- la poursuite de la construction de la structuration de la filière à travers un travail collaboratif mené au sein du comité de pilotage associant des acteurs politiques, les représentants des coopératives, des experts, fonctionnement qui a donné pleine satisfaction en 2011 (séminaires, auditions, études, prise de décision) ;

- l’accompagnement et la formation des producteurs ;

- la construction des batiments de stockage et de vente dans les 6 coopératives (perspective de 18 au total) et la formation des producteurs à la gestion mutualisée de ces batiments.

Les 4 mêmes partenaires institutionnels unissent leurs efforts :
- Le Conseil régional du Centre du Burkina Faso
- L’UEMOA
- Le Conseil régional de Bretagne
- Le Conseil général de la Vienne
Description détaillée du partenariat
Projet cofinancé par le MAEE en 2011
Résumé

La coopération économique entre la région Bretagne et les pays et collectivités de l’Union Economique et monétaire Ouest Africaines (UEMOA) depuis 2007, s’est donnée pour fil conducteur de contribuer à la consolidation d’une classe entrepreneuriale dans les territoires de l’UEMOA, convaincue que sans création d’activités économiques et croissance inclusive créatrice d’emplois et de revenus, il n’ y aura pas de développement durable.

Le projet d’appui à la création et la structuration d’une Filière Coopérative Maraîchère Biologique est un des piliers de cette coopération.

Le projet est discuté depuis 2 ans avec la Région du Centre du Burkina qui a fait du développement de la production maraîchère un axe stratégique de son action économique.

La Région Bretagne a une histoire forte en la matière et chemins de son développement agricole dans les années 50, notamment en matière d’organisation des acteurs et de processus coopératif, intéressent beaucoup nos amis ouest africains.

La coopération sur la filière maraîchère qui a été engagée en 2011 va bénéficier à 6 coopératives villageoises de la périphérie de Ouagadougou.

En 2011, les actions ont été concentrées sur :
- l’organisation des acteurs, avec la mise en place d’un comité de pilotage associant de nombreux acteurs burkinabé et bretons (5 réunions) et un comité de pilotage en Bretagne (6 réunions) ;
- une étude diagnostic approfondie qui nous permet aujourd’hui de disposer d’un état des lieux fin et utile pour définir la feuille de route des 3 années à venir ;
- l’organisation et l’accueil en Bretagne en décembre 2011 d’une délégation de 12 burkinabés du Conseil régional du Centre et des coopératives, pour une mission de 10 jours sur l’organisation de la filière maraichère en Bretagne.
- L’étude et la prise de décision sur le périmètre des actions d’accompagnement des producteurs maraichers d’une part, la construction de batiments de stockage d’autre part.

En 2012, la feuille de route définie va être concentrée sur :
- l’accompagnement des producteurs maraichers sur l’organisation coopérative et les itinéraires techniques
- la construction des batiments de stockage dans les 6 coopératives.

- Structuration de la filière – ingénierie de projet
Objectif de l’action : Co-construction partenarial du projet de structuration d’une filière coopérative maraichère agro-biologique en milieu péri-urbain dans la Région du Centre du Burkina Faso
Description sommaire : - organisation de 4 comités de pilotage (un par trimestre) à Ougadougou avec l’ensemble des partenaires mobilisés et impliqués (cf supra)
- organisation de 4 comités de pilotage en Bretagne (un par trimestre) avec les partenaires mobilisés et impliqués.
Votre partenariat prend la forme d'un(e)
Projet de coopération décentralisée
Mise en œuvre du partenariat
Maître(s) d'œuvre
CONSEIL REGIONAL DU CENTRE, UEMOA
Maître(s) d'ouvrage
Conseil régional de Bretagne, conseil général de la VIenne
Bénéficiaire(s)
Production maraîchère : Les 6 coopératives villageoises de la périphérie de Ouagadougou, leurs coopérateurs et les familles des communautés villageoises Consommation : la population des villages et de Ouagadougou

Partenaires étrangers du partenariat

Partenaires étrangers du partenariat
Nom de la collectivité étrangère Pays  
Conseil régional du Centre Burkina Faso commun.ico.loupe.alter

Contacts dans les partenaires étrangers du partenariat

Contacts dans les partenaires étrangers du partenariat
Nom de la collectivité étrangère Nom Prénom Fonction Courriel
Conseil régional du Centre NIKIEMA PATRICE crc_ouaga@yahoo.fr

Collectivités territoriales partenaires du partenariat

Collectivités territoriales partenaires du partenariat
Nom de la collectivité territoriale  
Conseil régional de Bretagne commun.ico.loupe.alter

Autres partenaires du partenariat en France
conseil général de la VIenne
Autres partenaires du partenariat dans le(s) pays partenaire(s)
CONSEIL REGIONAL DU CENTRE, UEMOA


Le partenariat n'est pas triennal

Financement du partenariat

Financement du partenariat
Nom du financeur Montant en euros Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Année
Autre 16000 0 2011
Conseil régional de Bretagne 60000 0 2011
Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères 54000 2011
conseil général de la VIenne, CONSEIL REGIONAL DU 180000 2011




Évaluations, communication et perspectives

Une communication a été engagée en France

Une communication a été engagée dans les pays partenaires

Une politique d'évaluation a été engagée

Volontaires impliqués dans le partenariat (VSI, service civique, etc.) d'Échange et de Solidarité

Volontaires impliqués dans le partenariat (VSI, service civique, etc.) d'Échange et de Solidarité
Nom Prénom Mission Champs d'action Entité d'affectation


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