Accueil > Atlas et Bourse partenariats > Détail projet

Atlas français de la coopération décentralisée et des autres actions extérieures

Contacts dans le poste diplomatique "Ambassade de France à Ouagadougou"

Correspondant coopération décentralisée
Marion ANVROIN
Courriel : marion.anvroin[at]diplomatie.gouv.fr
 
Conseiller de coopération et d'action culturelle
Laurent BARBOT
Courriel : laurent.barbot[at]diplomatie.gouv.fr
Titre
Développement d'une relation de coopération décentralisée entre Reims Métropole et ses communes, et Zorgho et les communes du Ganzourgou
Année de première signature de la convention
2011
Thématique d'intervention
Environnement, Climat et Energie
Sous-thématique d'intervention
Eau et déchets
Sous-sous-thématique d'intervention
Eau et assainissement
Année de début de projet
2011
Le projet est
En cours
Date de fin du projet
Contexte
Le contexte national du Burkina Faso est marqué ces dernières années par plusieurs grandes évolutions qui impactent directement les relations de coopération décentralisée : l’approfondissement de la décentralisation, le développement de mouvements de protestation de différents groupes sociaux et enfin une mutation économique du pays où les ressources minières (l’or essentiellement) deviennent les premières ressources de l’Etat devant les productions de rente comme le coton.

La décentralisation :

L’adoption en 2004 de la loi N°055-2004/AN portant code général des collectivités territoriales au Burkina Faso puis la tenue des premières élections municipales de 2006 et des élections régionales ont profondément changé le paysage institutionnel burkinabé :
- Communalisation intégrale du territoire national, avec :
o la création de 302 communes rurales correspondant aux territoires des départements
o la mise en place dans chaque village d’un Conseil Villageois de Développement placé sous l’autorité du conseil municipal
o l’évolution des communes urbaines, dont le territoire s’étend pour épouser celui du département dans lequel elles sont situées et donc qui intègrent maintenant un espace rural et les villages qui le composent.
- Maintien des provinces (45 en tout) comme échelon de déconcentration, sans mise en place de collectivité locale de même niveau.
- Mise en place des treize régions (à la fois collectivités territoriales et circonscription administrative), la collectivité régionale ayant « vocation à être un espace économique et un cadre d’aménagement, de planification et de coordination du développement »
- Transfert progressif des compétences aux collectivités, fortement accélérés par les décrets de février 2009.
- Publication du décret n° 2012-308/PRES/PM/MATDS/MEF portant statut général de la communauté de communes au Burkina Faso, donnant un cadre à la mise en place de l’intercommunalité, outil nécessaire à la mutualisation des moyens techniques et humains entre communes.

La tenue des deuxièmes élections municipales à l’échelle nationale, le deux décembre 2012, a marqué la prise de conscience tant nationale que locale de l’enjeu de la décentralisation : 75 % de participation (même si le chiffre est à relativiser, le nombre d’inscrits sur les listes électorales étant largement inférieur au nombre des électeurs potentiels), 102 communes dans lesquelles les élections ont dû être reprises pour invalidation d’un ou plusieurs bureaux de vote…

La décentralisation fait donc bien partie aujourd’hui du paysage institutionnel burkinabé, et les communes et régions sont devenues des acteurs incontournables de la vie publique nationale.

Pourtant, la décentralisation souffre encore à ce jour de limites :
- La majeure partie des communes rurales souffrent d’un manque de moyen financier, ne leur permettant pas de prendre en charge les compétences qui leur sont transférées malgré la mise en place des dispositifs de financement des collectivités territoriales comme le FPDCT (Fonds Permanent de Développement des Collectivités Territoriales Décentralisées), dont les moyens restent très largement en deçà des besoins,
- La grille des salaires des fonctionnaires territoriaux est largement inférieure à la grille de la fonction publique nationale, rendant peu attractif les emplois dans les collectivités territoriales,
- Les communes urbaines, ont des difficultés à faire face à la fois aux besoins du périmètre urbain de la commune et des villages rattachés.
- Les relations entre les collectivités territoriales décentralisées et les services de l’Etat ne sont pas toujours fluides,
- Les collectivités territoriales ont une vision de leur rôle et de leurs actions essentiellement dans le domaine de l’accès aux services sociaux de base (santé, éducation, eau…) et peu dans le domaine du développement économique,
- La capacité de maîtrise d’ouvrage des communes reste encore faible, élus et agents des collectivités ayant peu de moyen pour exercer celle-ci,

La coopération décentralisée, qui est au Burkina Faso extrêmement importante puisqu’elle concerne plus du tiers des communes du pays a donc un rôle primordial à jouer pour accompagner les communes burkinabé et leurs groupements ainsi que les régions dans le renforcement de leurs capacités tant humaines que financières, et plus globalement pour aider les communes à réfléchir son développement.


Les mouvements sociaux

Ces dernières années ont été marquées par le développement de mouvements sociaux parfois radicaux. Manifestations urbaines contre la vie chère, mouvements spontanés des jeunes collégiens et lycéens suite au décès en février 2011 d’un collégien après son interpellation par les forces de l’ordre, mutineries au sein de l’armée, grèves dans de nombreux secteurs…

Ces mouvements sociaux, outre l’insécurité qu’ils ont générée dans le pays, se sont traduits par la dégradation de nombreux équipements publics, et manifestent une crise profonde de la citoyenneté dans le pays, en particulier au niveau de la jeunesse qui n’identifie comme moyen de se faire entendre par les autorités de l’Etat que des actions violentes. Souvent, les élus locaux se sont retrouvés seuls face aux manifestants pour éviter la destruction ou le pillage des infrastructures sociales (écoles, mairies…) si difficilement mises en place grâce au sacrifice des habitants qui contribuent à ceux-ci par leurs impôts comme par leur contribution en travail.

La perspective des élections présidentielles de 2015, l’incertitude sur les évolutions constitutionnelles quant à la possibilité pour l’actuel président de briguer un nouveau mandat et les conséquences de la crise malienne sur le territoire burkinabé (afflux de réfugiés, tensions sur l’accès aux ressources naturelles comme l’eau et les pâturages…) rendent la situation préoccupante et demande de penser dès maintenant à des actions permettant de réduire les risques de conflit.

Là aussi, le rôle des autorités locales et en conséquence de la coopération décentralisée est fondamental pour le pays.


Le développement de la production minière :

Enfin, le renchérissement international du cours de l’or a amené le développement de la production minière, que ce soit la production industrielle ou la production artisanale.
Depuis 2009, l’or est le premier produit d’exportation du Burkina Faso. En 2012, l’exploitation minière a contribué ainsi pour 12 % au PIB du pays, soit plus que la production traditionnelle du coton.

Le développement de la production minière, est une chance pour le pays, et dans le même temps cristallise les relations entre l’Etat, les collectivités territoriales et les habitants, autour des questions de redistribution fiscales, des mesures de protection environnementale, et des conséquences de l’exploitation artisanale.

Les collectivités territoriales sont là aussi en première ligne pour réguler la production artisanale, gérer ses conséquences environnementales (pollution, destruction des terres agricoles), sociales (délinquance, travail des enfants , conflits fonciers…), et comme premières interlocutrices des compagnies minières internationales dont l’installation a pour conséquence d’une part l’expropriation des terres, d’autre part des perspectives d’emploi et de mesures d’accompagnement à caractère social.


Un contexte national qui met au centre les pouvoirs locaux et donc la coopération décentralisée :

Le contexte national du Burkina Faso et les évolutions des années à venir, font des pouvoirs locaux l’acteur clef de la stabilité et du développement du pays, que ce soit en termes de concevoir une stratégie locale de développement qui valorise les atouts des territoires et donne des perspectives aux habitants, d’apport des services de base aux populations, de développement d’une conscience citoyenne chez les habitants pour qu’ils soient les premiers garants du respect des biens communs de la collectivité et enfin de réguler les relations avec l’Etat et les opérateurs économiques internationaux.

Dans cette évolution, la coopération décentralisée a un rôle essentiel à jouer pour accompagner les collectivités territoriales burkinabé dans la prise de conscience de leurs rôles et responsabilités et dans l’exercice de celles-ci.
conduit par la Direction Générale des Ressources en Eau (DGRE) créée en mars 2006 au sein du Ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources Halieutiques (MAHRH), et depuis début 2013 intégrée au tout nouveau ministère de l’Eau, des Aménagements Hydrauliques et de l’Assainissement
Au cours des dix dernières années, le pays a fait des progrès considérables dans l’amélioration de l’accès de la population à l’eau. Néanmoins, selon les données du PNAEPA (Programme National d’Approvisionnement en Eau Potable et Assainissement), le taux d’accès à l’eau potable était de 60 % en 2005 (56 % en milieu rural et 75 % en milieu urbain), pour un objectif national de 80 % en 2015, et le taux d’accès aux infrastructures d’assainissement était de 13 % en 2005 (10 % en milieu rural et 14 % en milieu urbain) pour un objectif de 56 % en 2015.

Au-delà des faibles taux d’accès se pose la question de la précarité de l’accès des populations actuellement desservies en eau potable. En effet, on observe des taux de panne assez élevés pour les ouvrages d’approvisionnement en eau potable en particulier en milieu rural. Ceux-ci se justifient essentiellement par les mauvaises performances du modèle de gestion communautaire de ces ouvrages qui a pour conséquence l’absence d’entretien préventif et l’incapacité à procéder au remplacement des équipements (pompes, groupes électrogène) en cas de panne importante.

Pour faire face à cette double problématique du faible accès aux services d’eau potable et d’assainissement et des mauvaises performances de l’organisation et de la gestion des ouvrages, l’Etat burkinabé a mis en place un cadre programmatique, le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement 2015 (PN-AEPA). Approuvé officiellement par le gouvernement et les donateurs en janvier 2007, le programme est devenu le principal instrument stratégique pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement 2015. Le PN-AEPA a pour objectif de réduire de moitié d'ici 2015 la proportion de personnes, n'ayant pas un accès adéquat à l'eau potable et à l'assainissement en 2005.

Le PNAEPA s’appuie pour les communes urbaines sur le renforcement du rôle de l’ONEA (Office National de l’Eau et de l’Assainissement), entreprise publique concessionnaire des réseaux des 43 principaux centres urbains du pays (dont Ouagadougou et Bobo Dioulasso) et fermier d’une dizaine d’autres centres urbains et chefs lieux de communes rurales. En milieu rural, le PNAEPA s’appuie sur le "Cadre Unifié des Interventions" (CUI) qui est le référentiel commun à tous les acteurs et sert notamment de support pour le transfert de compétences vers les communes rurales, en application de la décentralisation. Le PNAEPA s’appui également sur une nouvelle stratégie de gestion et de maintenance des ouvrages d’approvisionnement en eau potable et milieu rural et semi-urbain, adopté en 2000 sous la dénomination de la Réforme. Cette stratégie vise à accompagner la maîtrise d’ouvrage publique des ouvrages par les Communes, soutenir l’émergence d’opérateurs professionnels du service d’eau potable et valoriser les compétences locales en les professionnalisant. Le PNAEPA s’inscrit donc pleinement dans le processus de décentralisation burkinabè.

La loi n°055-2004/AN portant Code Général des Collectivités Territoriales (CGCT) au Burkina-Faso reconnaît le rôle essentiel des communes dans le secteur de l’approvisionnement en eau potable. Il identifie trois fonctions essentielles que doivent jouer les communes urbaines et rurales dans la prestation de services d’eau potable :
• Un rôle consultatif sur les plans stratégiques de fourniture locale en eau
• La participation à la production et la distribution d’eau potable
• La construction et la gestion de puits protégés, des forages et des réseaux de distribution d’eau.

Le décret de transfert de la compétence eau aux communes a été signé en février 2009. Cependant, après un peu plus de deux ans de mise en application, on constate que les communes ne se sont pas encore suffisamment approprié la compétence et restent des acteurs marginaux dans le secteur de la fourniture d’eau potable à leurs populations

Le PN-AEPA a préconisé comme instrument principal et point d’entrée pour assurer la participation des communes urbaines et rurales à l’administration de l’eau potable, l’élaboration d’un plan de développement communal pour l’approvisionnement en eau potable et l’assainissement. Ce plan, appelé PDC-AEPA (Plan de développement Communal pour l’approvisionnement en eau potable et l’assainissement), sera intégré au plan de développement communal général (que chaque commune doit réaliser comme schéma directeur de son développement) et présentera la vision, les objectifs et le plan d’action du secteur pour chaque commune.

Les évolutions en cours vont vers un rôle majeur pour les communes dans la distribution d’eau potable et l’assainissement ce qui nécessite un effort continu pour permettre aux communes d’être en mesure d’assumer pleinement leurs compétences.
La problématique des déchets :

La gestion des déchets urbains présente des enjeux communs pour les pays industrialisés comme pour les pays en développement, car d’une part il s’agit d’un service de proximité qui se traduit par la propreté urbaine qui est un réel marqueur de politique publique et d’autre part c’est un service essentiel en termes de santé et salubrité publique, permettant de contribuer à réduire les risques sanitaires.

Au Burkina Faso, depuis 1998, l’Etat a transféré la compétence aux collectivités territoriales décentralisées. La commune est responsable d’« organiser sur le territoire relevant de sa compétence, la collecte et l’élimination des déchets urbains » . Les textes précisent que les communes doivent mettre en place un système de collecte sélective et de tri en vue de leur recyclage. Elles peuvent faire exécuter par des personnes physiques ou morales de droit privé le service de collecte. Elles doivent définir un cahier des charges précisant les obligations des prestataires de service (art. 10). Elles doivent élaborer un plan de gestion des décharges situées ou à créer sur leur territoire (art.30). Elles ont l’obligation d’assurer le traitement des déchets urbains, en prenant en compte les exigences en matière d’hygiène, de sécurité, de santé publique, de préservation de l’environnement ainsi que des opportunités de récupération et d’exploitation des déchets (art.35 et 36).

Le Code Général des Collectivités Territoriales adopté en 2004 reprend les dispositions des lois de 1998[2] relatives à l’organisation du territoire et à l’organisation et au fonctionnement des collectivités locales et confirme ces compétences en son article 32 qui stipule que «Les Collectivités Territoriales concourent avec l’Etat à l’administration et à l’aménagement du territoire, au développement économique, social, éducatif, sanitaire, culturel et scientifique, ainsi qu’à la protection, à la mise en valeur des ressources naturelles et à l’amélioration du cadre de vie ».
Le Code dans son article 89 prévoit que les communes sont compétentes pour l’assainissement ; la lutte contre l’insalubrité, les pollutions et nuisances diverses ; ainsi que pour l’enlèvement et l’élimination finale des déchets ménagers. Elles ont également une compétence consultative concernant l’installation des établissements insalubres, dangereux et incommodes.

Dans la pratique, les municipalités, généralement en charge du service, manquent de moyens institutionnels, humains, techniques et financiers, pour en assurer le bon fonctionnement. Dans un contexte de mise en œuvre incomplète des processus de décentralisation, elles sont fortement dépendantes de transferts de l’Etat souvent insuffisants ou inadaptés aux besoins.

La faiblesse des moyens des municipalités laisse une large place au secteur informel, plus ou moins organisé et non régulé. Le secteur informel se positionne principalement sur le service de pré-collecte des déchets auprès des ménages et sur les filières de récupération. Il tire sa rémunération directement des ménages pour l’enlèvement des déchets et de la vente des produits récupérables. Le reste des déchets est souvent déposé de façon anarchique dans des dépôts non contrôlés.

Les dysfonctionnements du système formel et l’absence de régulation du système informel engendrent une prolifération de déchets dans les espaces publics, avec des effets induits en termes de diffusion de maladies, de pollutions de l’air, des sols et des eaux, et d’émissions de gaz à effet de serre. Le phénomène prend aujourd’hui une importance préoccupante, en raison d’une part de la croissance urbaine exponentielle des dernières décennies, et d’autre part de l’accès croissant des populations à des marchés de consommation générant davantage de déchets non-organiques et complexes (emballages, plastiques, piles, etc.), les déchets organiques restant majoritaires.

La gestion des déchets ménagers devient ainsi une priorité forte des collectivités locales burkinabé. A travers la coopération décentralisée, les collectivités locales françaises peuvent apporter un soutien à leurs partenaires des pays en développement en mettant leur savoir-faire à leur disposition.

La problématique éducation-jeunesse

La problématique éducative

Le Burkina Faso est un pays jeune. La moitié de la population a moins de 16 ans et l’âge médian est de 22 ans.

Dans le même temps le taux d’alphabétisation des adultes est de moins de 30 % (2007) et les taux net de scolarisation (TNS) bien qu’en augmentation restent faibles, passage du TNS de 38 à 62 % entre 2002 et 2010 dans le primaire et TNS de 17,5 % dans le premier cycle du secondaire en 2010 .

La gratuité de l’enseignement primaire instaurée en 2007 a favorisé l’augmentation de la scolarisation, mais la qualité de l’apprentissage reste encore faible comme le montre un taux d’achèvement des études dans l’enseignement primaire qui est de moins de 50 % en 2010 et de moins de 20 % dans le premier cycle secondaire.

Les conditions d’étude restent précaires, avec une moyenne de 56 élèves par classe dans l’enseignement primaire et de 81 dans le premier cycle de l’enseignement secondaire ; une réalisation partielle des programmes puisque dans le primaire en moyenne, les heures effectuées ne représentent que 60 % des heures de cours fixés par les programmes et enfin un déficit d’enseignant formé et disposé à enseigner dans les zones rurales.

Enfin, les infrastructures manquent, et les communes à qui a été transféré la compétence pour l’éducation primaire n’ont pas eu les transferts de ressource correspondant ce qui ne leur permet pas de répondre aux besoins, certaines écoles étant rudimentaires (paillottes) et de nombreuses localités ne peuvent scolariser tous les enfants faute d’infrastructure et d’enseignant.

L’Etat consacre pourtant près de 20 % de son budget à l’éducation (2009), dont les deux tiers pour le primaire.

Ceci a pour conséquence une qualité éducative réduite, et une scolarisation qui demande beaucoup d’efforts à l’Etat et à l’ensemble des membres de la communauté éducative sans que les résultats soient toujours à la hauteur des attentes de ceux-ci.

La problématique jeunesse :

Pays jeune, le Burkina Faso construit aujourd’hui les ressources humaines qui feront le pays de demain.

Or le manque de qualité de l’enseignement, la forte déperdition scolaire en cours de cycle et l’incapacité à absorber dans le premier cycle secondaire les sortants du primaire faute d’infrastructures et de postes d’enseignant, pose de sérieux problèmes dans la capacité à former les adultes du Burkina Faso de demain.

Au-delà des politiques, programmes et projets d’amélioration du système éducatif dans son ensemble, un enjeu réel est celui de la mise en place de modalités qui permette aux jeunes burkinabé de devenir les citoyens responsables et exigeants dont le pays aura besoin demain.

Pour cela, il est nécessaire de trouver des modalités qui permette à la fois d’améliorer la qualité et les effets de l’éducation actuelle à moyens constants et de mettre en place des modalités hors éducation qui permette aux jeunes de comprendre la société et l’Etat dans le quel ils évoluent, à développer une capacité dé réflexion autonome et à être en mesure de jouer leur rôle de citoyen.

Contexte local du projet

Le projet concerne dans un premier temps la commune de Zorgho au Burkina Faso et la communauté d’agglomération de Reims Métropole au titre de la relation de coopération décentralisée en cours de développement entre Zorgho et Reims Métropole.

Progressivement, le projet va concerner l’implication de communes de l’agglomération de Reims Métropole avec d’autres communes de la province du Ganzourgou.

C’est ainsi que la deuxième commune en importance de l’agglomération de Reims Métropole, la commune de Tinqueux a commencé à développer des relations avec les communes de Mogtedo et Boudry, qui sont des communes voisines de Zorgho dans la province du Ganzourgou.
211. La commune de Zorgho :
Cf. tableau 1 dans le document annexe

La population de la commune de Zorgho -et en particulier de son chef lieu- est en augmentation régulière (plus 12 % en 5 ans).

La commune urbaine de Zorgho est également la capitale de la province du Ganzourgou. A ce titre, elle dispose sur le plan administratif de nombreux services déconcentrés de l’Etat (santé, éducation, agriculture, élevage, environnement, action sociale).
La commune urbaine de Zorgho, est située sur l’axe qui relie Ouagadougou avec le Niger, le Togo et le Bénin. Elle est située à environ 110 km de Ouagadougou. Facilement accessible, elle constitue un point de passage important sur cet axe très fréquenté.
Elle dispose d’une fourniture d’électricité permanente par la société nationale d’électricité et tous les réseaux de communication téléphonique assurent sa couverture.
Les activités principales des habitants de la commune restent l’agriculture et l’élevage et dans une moindre mesure le commerce et l’artisanat.

212. La province du Ganzourgou

La province du Ganzourgou, fait partie de la Région du plateau central et est composée de 8 communes. Son chef lieu est Zorgho, seule commune urbaine de la province. Les sept autres communes sont des communes rurales dont le personnel et les moyens restent limités.

Cf. tableau 2 dans document annexe
Les huit communes sont de taille très différenciées (de 17000 à 87 000 habitants, de 162 à 1079 km2 ), de densités de population également très différenciées (du simple au double), ainsi que de niveaux de services très variables, certaines communes n’étant pas du tout électrifiées.

Si l’essentiel de la population travaille dans le domaine de l’agriculture et de l’élevage, l’orpaillage traditionnel se développe fortement, avec plus d’une dizaine de sites recensés dans la province par l’ONG Terre des hommes Suisse, orpaillage qui attire de nombreuses personnes de l’extérieur de la province, voire de l’étranger.

La population, comme au niveau national est très jeune, puisque le recensement de 2006 relève que 48 % de la population de la province à moins de 14 ans.
Cf. tableaux 3 et 4 (cartographie) dans document annexe
212. Les communes de la communauté d’Agglomération de Reims Métropole
La communauté d’agglomération de Reims Métropole est formée depuis le 1er janvier 2013, de 16 communes. Sa population totale est de 217 940 habitants sur une superficie de 116,4 km dont 180 482 habitants pour la commune de Reims.
Créée en 2004 avec 10 communes et reposant sur la base de structures intercommunales antérieures,. elle dispose de nombreuses compétences, dont les compétences développement économique, aménagement de l’espace communautaire, équilibre social de l’Habitat, politique de la ville, eau et assainissement ; protection et mise en valeur de l’environnement et du cadre de vie, enseignement supérieur, recherche et innovation, nouvelles technologies ded’information et de communication, développement durable et gestion des eaux.
Cf. tableau 5 dans document annexe

22. Présentation de la commune de ZORGHO sur le plan eau potable et assainissement :
221. Sur le plan de l’eau potable

La ville de Zorgho dispose d’un réseau d’adduction en eau potable réalisé en 2005 grâce à un financement de la coopération bilatérale Burkina Faso - République de Chine Taïwan. Ce réseau a connu une évolution notable suite à l’accompagnement du Programme d’Amélioration du Service d’eau Potable mis en oeuvre de 2007 à 2010. La commune de Zorgho est propriétaire des infrastructures et maitre d’ouvrage du service public local de l’eau.

Le taux d’accès à l’eau potable dans la ville est estimé à un peu moins de 50% des 23 185 habitants de la ville.
La consommation est bien en dessous des normes du PNAEPA qui fixe un niveau de consommation de 30 litres / habitant et par jour en milieu urbain.

Pour l’exploitation de ses installations en vue de distribuer l’eau potable aux populations, la commune a délégué l’exploitation à l’ONEA par l’intermédiaire d’un contrat d’affermage.

La principale difficulté à laquelle doit faire face la commune de Zorgho au niveau du réseau urbain est le développement du service à toute l’extension du centre urbain pour non seulement faciliter l’accès dans la zone lotie mais aussi atteindre les populations de la zone périphérique, récemment intégrée au périmètre urbain mais non encore lotie. Pour cela, la Commune a besoin de :
- renforcer la production en eau à travers de nouveaux forages,
- renforcer le stockage par la mise en place d’un nouveau château
- densifier le réseau dans la zone déjà couverte pour augmenter le nombre de branchements particuliers et améliorer ainsi la rentabilité du réseau
- réaliser des extensions vers les zones périphériques pour faciliter l’accès de ces populations plus défavorisées à travers des bornes fontaines.

Pour la partie rurale de la commune de Zorgho, composée des 33 villages rattachés, la question de l’amélioration du service d’eau potable est prise en charge dans le cadre d’un autre projet de coopération décentralisée impliquant trois collectivités françaises. Pour une bonne complémentarité entre les différentes interventions, la commune de Zorgho, qui dispose d’une commission extramunicipale en charge de l’eau créée par arrêté municipal en a élargi les compétences à l’ensemble du périmètre de la commune, périmètre urbain comme zone rurale. Par ailleurs, la commune a mis en place un service communal eau et assainissement dont le présent projet se propose de renforcer les capacités pour la prise en charge du réseau urbain.
222. Sur le plan de l’assainissement

La ville de Zorgho fait partie des villes pour lesquelles l’ONEA a réalisé un plan stratégique d’assainissement (PSA).dont la finalité est de mettre à la disposition des décideurs (gouvernement, conseil municipal) et des acteurs du domaine, des outils d'aide à la décision, d'orientation et d'harmonisation des interventions pour une gestion globale (technique, institutionnelle et financière), complète (collecte, transport, traitement, élimination, valorisation), rigoureuse et cohérente des eaux usées (domestique et industrielles) et des excréta dans un souci de santé publique, de préservation des ressources naturelles et d'amélioration du cadre de vie, de gestion urbaine et réduction de la pauvreté dans les villes concernées”.

La commune de Zorgho, ne possède pas de système d’assainissement collectif. Les infrastructures d’assainissement, quand elles existent sont toutes des infrastructures familiales, généralement sous forme de latrines ne remplissant pas les normes d’hygiène fixées au niveau national. (aucune vidange prévue ou vidange dans le milieu naturel sans aucun traitement).

De fait, la majeure partie des familles ne disposent pas de latrines et défèquent dans les terrains autour de la ville, ce qui occasionne des risques sanitaires importants. Ce constat est le même au niveau des services publics (écoles, centre de santé) où la plupart ne disposent pas d’infrastructures d’assainissement, ou quand ils en disposent n’ont pas de système de gestion (en particulier sur le plan du nettoyage) ce qui amène à leur non utilisation.

Le chef lieu de la commune urbaine de Zorgho se situe dans la moyenne nationale en matière d’accès à l’assainissement qui est de moins de 15 %.

23. Présentation de la communauté d’agglomération de Reims Métropole sur le plan eau et assainissement.

A Reims, le service de l’eau est géré en régie depuis le XVIIIème siècle. Aujourd’hui, les services de production et de distribution de l’eau potable, de collecte et de traitement des eaux usées, de gestion de la relation client et de facturation sont assurés en régie par la Direction de l’Eau et de l’Assainissement de Reims Métropole. Ainsi, Reims Métropole gère en direct le service public intercommunal, grâce à ses propres personnels. Les décisions d’investissement et le prix de l’eau sont déterminés et votés par le conseil communautaire de Reims Métropole.

Reims Métropole dispose donc en interne de l’essentiel des compétences en matière de production, traitement, distribution et gestion de l’eau et en matière d’assainissement, qui pourront être mobilisés par le présent projet.
Par ailleurs, au sein de la direction de l’eau a été constitué pour suivre ce projet un groupe de travail spécifique regroupant le personnel intéressé pour participer aux échanges techniques et recevoir et accueillir les techniciens Burkinabé.

Présentation de la commune de Zorgho sur le plan de la gestion des déchets

La population du périmètre urbain de la commune de Zorgho, est estimée aujourd’hui à environ vingt cinq mille habitants, soit environ 4 000 ménages. Elle est essentiellement constituée de commerçants, de fonctionnaires en poste dans la ville, d’agriculteurs, d’artisans et d’élèves. Cet ensemble produit aussi bien des déchets domestiques que des déchets non domestiques.

Les déchets domestiques
La composition de ces déchets diffère d’une famille à l’autre (nombre de membres de la famille, niveau de revenu, habitudes de consommation).
Mais une caractérisation rapide des déchets domestiques produits par les différents types de familles permet d’identifier qu’ils sont principalement composés des matières suivantes :
- Combustibles (papiers, cartons, plastiques, chiffons, bois, …) ;
- Déchets organiques ou fermentescibles (restes alimentaires, épluchures, feuilles mortes, herbes …) ;
- Déchets inertes (gravier, morceaux de briques, verre, acier, aluminium…) ;
- Déchets inertes fins (poussières, sable, cendres…).

Les déchets polluants sont relativement peu nombreux dans les déchets domestiques, à l’exclusion des piles et batteries mais qui sont peu nombreuses.

Les déchets non domestiques
Ces déchets comprennent tous les déchets provenant de différents pôles d’activités suivants :
- Les activités artisanales (mécanique, peinture, soudure…)
- L’abattoir ;
- Les lieux publics (la gare routière, les marchés, les auberges etc.)
- Les centres médicaux.
- Les bâtiments administratifs
- Le relavage du minerai d’or issu des communes voisines et traité à Zorgho,

Leur nature dépend directement des pôles d’activités dominantes d’où ils proviennent. Ils peuvent être caractérisés comme suit :
- Les déchets non domestiques qui s’apparentent aux déchets domestiques ;
- Les déchets biomédicaux.
- Des polluants liés aux activités de relavage du minerai aurifère (cyanure, mercure)
- Des déchets d’activités artisanales polluants (huile de vidange, plomb des batteries des véhicules…)

Processus de gestion des déchets dans la commune de Zorgho
La commune de Zorgho n’a pas encore de politique pour traiter la question de gestion des déchets que ce soit en milieu rural ou urbain, de ce fait les populations gèrent directement leur déchets. C’est ce qui explique la présence de décharges sauvages dans la ville ou dans ses quartiers périphériques.

Pour palier ce problème l’Association Femmes Solidaire (AFS) s’est lancé dans la pré-collecte des déchets de la ville de Zorgho. Cette association a divisé la ville en différentes zones dont chacune à un jour de passage dans la semaine et fourni le service contre une cotisation mensuelle de 500 FCFA (0,75 €). A ce jour elle compte 125 adhérents (entre ménages et commerçants), sur plus de 4000 clients potentiels, soit moins de 3 %.

Le travail est organisé de la façon suivante :
- Le ramassage de l’ordure chez l’abonné : cela consiste à se rendre chez celui-ci pour vider sa poubelle selon un calendrier fixe ;
- Le transport : il s’agit de transporter les ordures vers le dépotoir choisi dans la ville. Le transport est assuré par une charrette et deux ânes.
- Le dépôt : Faute de site aménagé à cet effet, les déchets sont simplement étendus à même le sol, généralement dans d’anciennes carrières d’extraction de terre pour la construction avec tous les risques que cela contient.

Ce travail est assuré par 14 femmes qui font chacune deux sorties par semaine dans les six secteurs de la ville de Zorgho. Le travail d’intermédiation sociale est assuré par trois animatrices et un superviseur.

Les usagers sont globalement satisfaits du service et s’acquittent de leur cotisation mensuelle sans problèmes majeurs.

Parallèlement, il existe un système de collecte informel des métaux. Un opérateur économique de la commune rachetant les métaux. La collecte s’effectue soit par un tri à la source au niveau des ménages ou des artisans, soit par la récupération dans les décharges.

La caractérisation des déchets domestiques :
Une première étude de caractérisation des déchets domestiques a permis d’établir le tableau suivant
Cf. tableau 6 dans le document annexe.
Les déchets produits par les habitants de la ville de Zorgho sont majoritairement des déchets putrescibles, de papiers et cartons et de déchets plastiques :
- Les déchets putrescibles pourraient faire l’objet d’un compostage qui pourrait être combiné avec la valorisation des boues et déchets solides de vidange des latrines.
- Les plastiques pourraient faire l’objet d’un recyclage en s’inspirant des expériences menées dans la ville de Ouagadougou.
- Papiers et cartons peuvent soit être transformés en briquette combustibles soit compostés
- Les déchets dangereux (piles, batteries…) sont peu présents dans la caractérisation des déchets réalisés mais demanderaient à être mieux identifiés, et les filières de recyclage ou de stockage étudiées pour voir ce qu’il convient d’en faire.

La caractérisation des déchets non domestiques

Il resterait à caractériser les déchets non domestiques, en particulier les déchets polluants :
- Des activités artisanales (ateliers de mécaniques, de peinture, de soudure…)
- Des structures de santé, qui ne sont pas réellement incinérés (tel que prévu dans les normes) mais seulement brulés puis envoyé en « décharge » tel quels sans que leur innocuité soit avérée

Et surtout de prendre la mesure de l’activité de lavage du minerai aurifère et des conséquences en termes de pollution de l’eau de surface et des sols.

Conclusion :

La problématique des déchets, en lien d’une part avec la valorisation des boues et résidus solides des latrines, d’autre part avec le risque environnemental de pollution grave lié aux activités économiques minières, est donc un vrai enjeu pour l’avenir de la commune, en termes de salubrité et de santé publique, enjeu qui demande un engagement fort de la commune comme de ses partenaires en lien avec les organisations déjà existantes et les ménages.


Présentation de la communauté d’agglomération en matière de gestion des déchets
Conformément aux articles L.541-1 du code de l’environnement et L.2224-14 du code général des collectivités locales et de par ses statuts, la Communauté d’Agglomération de Reims est compétente en matière d’élimination et valorisation des déchets des ménages et assimilés et de gestion des déchetteries.
Depuis le 1er janvier 2003, la Direction des Déchets et de la Propreté au travers de ses trois services : collecte des déchets et animations, traitement des déchets, propreté urbaine sur les voiries à caractère intercommunal assure les missions suivantes :
- Gestion du parc de conteneurs destinés aux collectes de déchets en porte à porte et en apport volontaire,
- Collecte des Ordures Ménagères résiduelles,
- Collecte des Déchets Recyclables,
- Traitement des déchets par valorisation matière, énergétique et enfouissement technique,
- Gestion des déchets encombrants et des déchets toxiques
- Gestion des déchets de soins des particuliers
- Gestion des déchets produits par les services techniques des communes de Reims Métropole
- Communication et animations liées à la gestion des déchets
Les communes membres de Reims Métropole ont organisé la gestion de leurs déchets par la mise en commun d’équipement directement implantés sur leurs territoires :
- 4 déchetteries pour la collecte en apport volontaire des déchets volumineux et dangereux
- Une usine de valorisation énergétique
- Un centre de tri des emballages ménagers
- Une plateforme d’élaboration et de maturation des mâchefers

Les déchets pris en charge sont ceux produits principalement par l’activité des ménages, qu’ils soient toxiques ou non. Seule une partie des déchets des commerçants/artisans est également prise en charge par REIMSMETROPOLE (les déchets assimilés aux déchets ménagers et avec un volume limité).
Ce sont principalement :
- les ordures ménagères résiduelles et les déchets ménagers assimilés aux ordures ménagères
- les déchets recyclables (DR) : emballages ménagers et vieux papiers (papiers,journaux - magazines et publicités)
- les déchets de voirie et des marchés de bouche (nettoiement manuel et corbeilles publiques)
- les encombrants, ferrailles, gravats,…
- les déchets de soins des particuliers
- les emballages en verre.
- Une partie des déchets des services techniques des communes membres de l’agglomération (gravats, DIB, déchets verts,…)
Une campagne nationale de caractérisation des ordures ménagères (MODECOM) réalisée par l’ADEME en 2008 a estimé que les déchets provenant des activités économiques représentaient prés de 22% du tonnage d’ordures ménagères résiduelles (source : ADEME).
Chaque commune bénéficie d’un service distinct avec des fréquences de collecte différentes et des particularités :
L’organisation de la collecte des OM sur le territoire de l’agglomération se fait par l’intermédiaire de deux marchés publics de service.

Présentation de la province du Ganzourgou sur le plan éducation jeunesse :


La situation de l’éducation :

Dans la province du Ganzourgou comme au niveau national plus de 50 % de la population a moins de 16 ans, et la grande majorité de la population est rurale (80 % au niveau national).

Alors que les chiffres globaux du taux d’alphabétisation restent médiocres, seuls 12 % des 15 ans et plus de la province sont alphabétisés, l’alphabétisation progresse fortement dans les classes d’âge les plus jeunes, puisque près de 50 % de la classe d’âge entre 7 et 12 ans est scolarisée dans le primaire et près de 15 % de la classe d’âge 13 – 19 ans dans le secondaire.

Ces chiffres sont révélateurs de l’effort réalisé dans le secteur éducatif.

L’éducation (primaire et dans une moindre mesure secondaire) est une priorité pour l’Etat, les collectivités territoriales, mais aussi les parents d’élèves, ce qui se traduit par le développement des infrastructures scolaires publiques et privées ainsi bien entendu que par l’augmentation du nombre d’enseignants.

C’est ainsi que la province du Ganzourgou compte avec les infrastructures suivantes :
Cf. tableaux 7 dans docuement annexe.

La situation de la jeunesse :

Cette présentation de la situation de l’éducation dans la province est à mettre en regard avec la situation de la jeunesse. En effet, on constate globalement au niveau de la jeunesse un manque de connaissance de la réalité du monde qui les entoure, que ce soit la société burkinabé comme les réalités internationales, un manque de développement d’une capacité de réflexion autonome, et finalement un manque de perspectives d’avenir.

Les efforts des différents acteurs de la communauté éducative sont donc contraints par la difficulté à donner à l’éducation primaire et secondaire un contenu formatif, à être un moyen de construction de repères pour la vie des futurs adultes et enfin à être le support d’une citoyenneté active.

Cette situation qui s’est révélée lors des mouvements de 2011, n’a pas disparu et reste en germe si rien n’est fait pour la combattre.

Or la combattre passe par une amélioration non seulement des conditions d’enseignement mais aussi des contenus, pédagogie et comportements au sein de l’école.

Il s’agit de travailler sur les savoirs à transmettre, les savoir-faire à maîtriser et les savoir-être à développer.


Des priorités d’action, au-delà des investissements :

Au-delà des besoins en termes d’infrastructure, d’équipement, de poste d’enseignant, les différents acteurs de la communauté éducative font ressortir des besoins d’un autre ordre, sur des thématiques qui pourraient permettre de donner à l’éducation tout son potentiel libérateur :

- Le développement d’échanges pédagogiques
Les enseignants, malgré l’appui dont ils disposent de la part de leurs ministères sont en demande de pouvoir bénéficier de l’expérience et des idées d’enseignants d’autres aires géographiques sur la pédagogie à utiliser avec des grands nombres d’élèves, sur le travail scolaire à la maison quand les parents ne sont pas en mesure d’aider leurs enfants, sur les activités périscolaires (sport, bibliothèques, activités productives…),


- L’organisation de l’école
Enseignants, personnel d’encadrement et parents d’élève sont en recherche de la meilleure manière d’organiser la gouvernance de l’école, pour valoriser au mieux les compétences, les moyens et le temps de chaque famille d’acteurs au bénéfice des enfants et des jeunes,

- La citoyenneté
Enseignants, personnel d’encadrement, communes sont à la recherche des modalités permettant de s’assurer du respect par les différentes familles de la communauté éducative, de leurs rôles et responsabilités, tant à titre individuel que collectif. Comment améliorer et être vigilent sur la relation élève / enseignant (respect mutuel, respect des droits de l’enfant, responsabilisation des enfants dans la vie de l’établissement…), sur les relations entre élèves (violence scolaire, discrimination…) et sur les relations entre parents d’élève et enseignants, le tout dans un contexte ou les activités parallèles (orpaillage en particulier) jouent un rôle déterminant sur l’abandon scolaire, puisque ce sont environ 5 % d’abandon scolaire de plus qui ont été constatés depuis le début du développement de l’orpaillage.
Ceci est à coupler avec le développement de savoirs, savoir faire et savoir être au niveau des apprenants sur leur droits et devoirs comme citoyens de leur village, de leur commune, de leur pays et du monde, pour pouvoir exercer leur citoyenneté pleine et entière.

Présentation de la Ville de Tinqueux sur le plan Education Jeunesse

Sur le plan éducation :
La ville de Tinqueux compte 4 écoles maternelles avec 333 élèves répartis sur 13 classes, trois écoles élémentaires avec 525 élèves répartis sur 22 classe, un collège de plus de 600 élèves dont la structure comporte un gymnase et une salle de spectacle, un lycée professionnel proposant de multiples enseignements notamment maintenance industrielle et électrotechnique ; formation des adultes; formation complémentaire aux métiers de la Marine Nationale.

Elle dispose également d’une maison de la petite enfance regroupant une crèche de 40 places et une halte garderie de 15 places. Lieu d'éveil, de jeu et de socialisation, la Maison de la Petite Enfance accueille les enfants jusqu'à 4 ans. Elle l'accompagne dans son développement et ses relations au monde extérieur. L'enfant y est reçu individuellement, en tenant compte de son histoire, sa personnalité, ses besoins et son rythme propre

Sur le plan jeunesse :
La Ville de Tinqueux propose également des activités extra scolaires dans différents domaines notamment culturels et sportifs. Un espace jeune installé à la maison de la vie associative répondant à différentes missions et notamment informations sur tous les aspects de la vie quotidienne : loisirs, orientation, recherche d'emploi, aide à l'écriture de CV et de lettres motivation, logements, etc.
La ville de Tinqueux a également établi un conseil municipal des enfants dont Les conseillers municipaux sont élus dans les classes de CM1, CM2 et 6e, à raison d'un titulaire et d'un suppléant par classe. Ils élisent ensuite un Maire enfant, qui représente la jeunesse de Tinqueux. Les conseillers se réunissent tous les mois afin d'élaborer et développer des projets pour la commune. Ces derniers sont ensuite proposés pour validation au Conseil Municipal de la Ville. La démocratie s'apprend dès le plus jeune âge. C'est ce que les conseillers municipaux enfants expérimentent au cours d'un mandat de deux ans. Ecoliers d'aujourd'hui, citoyens de demain, ils découvrent le fonctionnement de la collectivité et participent également aux cérémonies officielles.
Historique
Depuis fin 2007, Reims Métropole, le SEDIF puis l’Agence de l’Eau Seine Normandie ont appuyé le Projet d’Amélioration du Service de l’Eau Potable dans dix communes du Burkina Faso (PASEP) mis en œuvre par le CIEDEL et Eau Vive dans le cadre d’une convention avec l’ONEA (Office National de l’Eau et de l’Assainissement) et l’AMBF (Association des Municipalités du Burkina Faso). Zorgho était une des dix Communes concernées par le projet.

Ce projet visait :

- Dans 10 communes (8 urbaines et 2 rurales), à mettre en place et/ou renforcer les réseaux AEP des chefs-lieux et appuyer les communes dans l’exercice de leur compétence de gestion des AEP de manière à permettre à ces 10 communes de prêter un service public local de l’eau de qualité, qui soit équitable (couverture géographique du centre urbain), viable techniquement (la ressource en eau étant suffisante au regard des besoins en eau), viable sur le plan organisationnel (le maître d’ouvrage communal étant en capacité de mettre en place et de suivre le mode de gestion choisi) et viable financièrement (l’équilibre financier du réseau étant assuré),
- Au niveau national, de valoriser l’expérience de terrain ainsi acquise en élaborant des modules de formation à destination des différents acteurs de la filière eau (élus communaux, techniciens municipaux, opérateurs privés et fonctionnaires de l’Etat en charge du secteur), modules destinés à être mis en œuvre par le centre de formation aux métiers de l’eau de l’ONEA, le CEMEAU.

Au terme des quatre premières années du PASEP, le bilan est le suivant au niveau de la commune de Zorgho :

La ville de Zorgho dispose aujourd’hui d’un réseau d’AEP viable techniquement et dont le compte d’exploitation dégage une petite marge d’autofinancement pour le renouvellement d‘investissements, et l’extension du réseau. La commune a commencé à exercer sa compétence de maîtrise d’ouvrage du service public de l’eau potable. A ce titre, elle a négocié avec son délégataire (l’ONEA) un nouveau contrat d’affermage, plus avantageux que l’ancien. Elle s’implique dans la planification et le suivi de l’évolution des installations.
Toutefois la marge d’autofinancement dégagée par l’exploitation pour le renouvellement des investissements et l’extension du réseau est encore trop faible pour permettre d’assurer le renouvellement de tous les équipements et une extension au rythme de la croissance urbaine.
La capacité à exercer la compétence de maîtrise d’ouvrage du service public local de l’eau dans la durée et à terme sans l’appui extérieur demande encore à être renforcée, en particulier pour tout ce qui concerne la capacité à suivre la gestion financière du réseau, à contrôler l’exécution du contrat d’affermage et à prendre les bonnes décisions sur les futurs investissements à réaliser pour à la fois renforcer l’équilibre financier du réseau et l’équité des citoyens dans l’accès au service public local de l’eau

En octobre 2011, a été signée une déclaration d’intention en vue de nouer une relation de coopération décentralisée entre Reims Métropole et la commune de Zorgho visant à mettre en œuvre entre celles-ci des échanges réciproques, clarifier et partager leurs enjeux respectifs, identifier les actions à mener ensemble, rechercher avec les autres acteurs du territoire les meilleures synergies possibles, envisager de développer des actions dans d’autres domaines que l’eau et l’assainissement à savoir les déchets, l’aménagement, l’Urbanisme etc. et développer un esprit d’ouverture à l’international ici et là bas.

La mise en œuvre devant s’appuyer d’une part sur les services techniques de Reims Métropole et Zorgho, d’autre part sur le CIEDEL et Eau Vive Burkina Faso.

En 2012, il a été décidé de poursuivre et étendre le projet d’amélioration du service d’eau potable à 16 communes du Burkina Faso. Ce projet PASEP 2 pour 4 ans étant porté par Reims Métropole, l’Agence de l’Eau Seine Normandie, les 16 communes, l’ONEA, Eau Vive et le CIEDEL.

Et parallèllement a été signée une convention de coopération décentralisée spécifique entre Reims Métropole et la Commune de Zorgho. Ce projet vise à atteindre les objectifs du millénaire pour le développement en matière d’eau et d’assainissement pour le chef lieu de la commune de Zorgho.

La nouvelle équipe municipale mise en place à Zorgho suite aux élections de décembre 2012 souhaite poursuivre les actions entreprises et développer la relation entre les deux collectivités territoriales.
Objectif du projet
Le développement de la relation de coopération décentralisée d’intérêt mutuel entre Reims Métropole et ses communes et Zorgho et les communes de la province du Ganzourgou a pour objectif : de renforcer l’ appui institutionnel, d’atteindre les objectifs du Millénaire du développement en matière d’eau et assainissement, d’œuvrer à la mise en place d’une stratégie de collecte et de valorisation des déchets, d’encourager la mise en place d’actions d’éducation à la citoyenneté internationale des jeunes ici et là-bas, et de développer la relation de coopération décentralisée.
Description détaillée du projet
Ce projet vise au « Développement d’une relation de coopération décentralisée entre la Communauté d’agglomération de Reims et la Commune de Zorgho » dans un premier temps et avec un développement envisagé sur les années suivantes aux communes de l’agglomération rémoise ainsi qu’aux communes de la province du Ganzourgou dont Zorgho est le chef lieu.

Cinq axes de travail sont proposés :
- appui institutionnel (communal et intercommunal)
- eau et assainissement
- déchets
- éducation – jeunesse
- le développement de la relation de coopération décentralisée.

- Appui institutionnel
Objectif de l’action : L’appui institutionnel est apporté en premier lieu à la commune de Zorgho, il est à développer dans le projet sur les huit communes de la province du Ganzourgou et l’intercommunalité (service commun) à construire. Sur Zorgho, cet appui institutionnel vise au renforcement de la capacité de la maîtrise d’ouvrage de la commune. Sur les autres communes, il s’agit d’initier des actions d’appui au renforcement de cette capacité et sur l’intercommunalité, il s’agira de préparer la mise en place de services communs sur tout ou partie des communes de la Province.
L’appui vise également à la définition d’un programme d’action d’intérêt mutuel pour les collectivités territoriales, à la formulation d’une convention cadre de coopération décentralisée et à la mise en place progressive de nouvelles actions entre les deux collectivités, tant sur le territoire de Reims Métropole que sur celui de Zorgho, en dehors du présent projet.

Description sommaire : Dans un premier temps, il s’agit de renforcer l’exercice de la maîtrise d’ouvrage en matière d’eau et d’assainissement sur la commune de Zorgho avec l’objectif d’ un meilleur suivi du contrôle du délégataire du service d’eau et l’implication opérationnelle de la commune dans le domaine de l’assainissement.
Le projet envisage que ce process puisse être étendu pour prendre en charge la dimension déchets
Sur la thématique éducation- jeunesse, un dispositif d’appui institutionnel doit être réfléchi entre l’ensemble des partenaires.
Enfin, ceci pourra être complété par des actions de formation, d’échange technique, voire d’équipement léger entre la communauté d’agglomération de Reims et la commune de Zorgho. Ces actions de renforcement pouvant porter sur des questions simples comme par exemple la gestion du courrier et des archives, comme sur des questions plus complexes en termes de gestion du personnel, de transversalité entre les services…
Le projet prend-il la forme d'un jumelage
Non
Mise en œuvre du projet
Maître(s) d'œuvre
EAU VIVE - délégation Burkina Faso , Commune de BOUDRY , Commune de MOGTEDO
Maître(s) d'ouvrage
Communauté d'agglomération de Reims, Ville de Tinqueux, CIEDEL - maître d'ouvrage délégué
Bénéficiaire(s)
Bénéficiaires directs du Projet :Zorgho et les communes de la province du GanzourgouReims Métropole et ses communesLes élus et services des communes respectivesL’Office National de l’Eau (ONEA)L’Agence de l’eau Seine Normandie (AESN)Bénéficiaires Indirects du Projet :La population ici et là basD’autres communes et d’autres acteurs publics, privés de l’eau et de l’assainissement Burkinabé compte tenu de la diffusion des actions de formation basée sur la capitalisation de l’expérience

Collectivités étrangères partenaires du projet

Collectivités étrangères partenaires du projet
Nom de la collectivité étrangère Pays  
Zorgho Burkina Faso Icone d'une loupe

Contacts dans les collectivités étrangères partenaires du projet

Contacts dans les collectivités étrangères partenaires du projet
Nom de la collectivité étrangère Nom Prénom Fonction Courriel
Zorgho KABORE Adamo

Collectivités territoriales partenaires du projet

Collectivités territoriales partenaires du projet
Nom de la collectivité territoriale  
Communauté d'agglomération de Reims Icone d'une loupe

Autres partenaires du projet en France
Ville de Tinqueux, Agence de l'Eau Seine Normandie
Autres partenaires du projet dans le(s) pays partenaire(s)
ZORGHO, Commune de BOUDRY , Commune de MOGTEDO


Le projet n'est pas triennal

Cofinancement du projet

Cofinancement du projet
Nom du cofinanceur Montant en euros Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Année
Autre 21785 0 2011
Communauté d'agglomération de Reims 83014 0 2012
Ville de Tinqueux 5800 2012
Agence de l'Eau Seine Normandie 150000 2012
Autre 32499 2012
Communauté d'agglomération de Reims 254000 0 2011
Ministère des Affaires étrangères et du Développement international 157000 2011
Ville de Tinqueux, Agence de l'Eau Seine Normandie 544384 2011




Évaluations, communication et perspectives

Une communication a été engagée en France

Aucune communication n'a été engagée dans les pays partenaires

Une politique d'évaluation a été engagée

Volontaires Internationaux d'Échange et de Solidarité

Volontaires Internationaux d'Échange et de Solidarité
Nom Prénom Mission Champs d'action Entité d'affectation


PIED DE PAGE

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international 2013