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Atlas français de la coopération décentralisée et des autres actions extérieures

Contacts dans le poste diplomatique "Ambassade de France à Bamako"

Correspondant coopération décentralisée
Sherazade BENALLA
Courriel : sherazade.benalla[at]diplomatie.gouv.fr
 
Conseiller de coopération et d'action culturelle
Françoise GIANVITI
Courriel : francoise.gianviti[at]diplomatie.gouv.fr
Titre
structuration d'une filière coton bio-équitable
Année de première signature de la convention
2008
Thématique d'intervention
Economie durable
Sous-thématique d'intervention
Attractivité des territoires
Sous-sous-thématique d'intervention
Entreprises

Autres thématiques mises en œuvre pour le partenariat

Autres thématiques mises en œuvre pour le partenariat
Thématique éligible Sous-thématique Sous-sous-thématique Priorité
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Année de début du partenariat
2008
Le partenariat est
Terminé
Date de fin du partenariat
31/12/2015
Contexte
La cooperation Region Bretagne-UEMOA : les raisons d'un engagement:

La mondialisation, loin d’être un phénomène nouveau, a connu une accélération considérable au cours des dernières décennies.
La circulation des hommes et femmes ouvrant le monde à la diversité des cultures et aux échanges, la circulation de l’information et du savoir, le développement des relations bilatérales ou multilatérales, l’émergence de nouveaux pays sur la scène internationale, en constituent des éléments positifs.
Mais elle aura aussi engendré ou contribué à des dérèglements et autant de défis majeurs qui sont devant nous : succession de crises économiques et de crises financières dévastatrices ; crise écologique avec les impacts lourds du changement climatique et de l’épuisement des ressources naturelles ; maintien de nombreux pays dans la pauvreté et accroissement des inégalités entre pays riches et pauvres; développement de nouvelles pauvretés et inégalités entre et dans les territoires au Nord comme au Sud.
Avec 9 milliards d’êtres humains sur notre planète en 2050, les questions du développement et de la souveraineté alimentaire, de l’accès à la terre, à l’eau, aux énergies, au logement, à la santé, à l’éducation…vont être des enjeux de plus en plus considérables. Elles conditionnent les questions de sécurité.
Elles nous concernent tous très directement, dans un monde de plus en plus interdépendant.


La (difficile) atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) portés les Nations Unies (réduire de moitié l’extrême pauvreté / assurer l’éducation primaire pour tous / promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes / réduire la mortalité infantile / améliorer la santé mentale / combattre les maladies / préserver l’environnement / mettre en place un partenariat mondial pour le développement) dépendra :
- des politiques et moyens mis en œuvre par les institutions internationales et Etats (niveau et efficacité de l’Aide Publique au Développement),
- mais aussi de l’action et l’engagement des territoires du monde et de ses acteurs pour porter des projets de coopérations réactifs, pragmatiques et très concrets. Les Régions, en tant qu’autorités locales, et les régions, en tant qu’espaces géographiques de projet, sont un échelon pertinent pour les concevoir et les conduire (suffisamment grand pour être dans le structurant, de taille adaptée pour être dans la proximité mobilisatrice). Les Conseils régionaux sont reconnus et attendus pour être les ensembliers de la mise mouvement des acteurs locaux : entreprises (PME et grands groupes, ONG, structures de l’économie sociale et solidaire, centres de recherche et de formation, autres collectivités locales). Notre légitimité d’autorité locale, nos compétences en matière économique et d’action à l’international nous permettent cet exercice d’une véritable diplomatie des territoires et de ce rôle et positionnement singulier dans la gouvernance multi-acteurs que cette approche territoriale du développement impose.

Des acteurs engagés en Bretagne

La Bretagne est historiquement un territoire de solidarité. Elle s’exprime à l’international par l’engagement de très nombreuses associations et ONG, de collectivités locales, d’organismes d’enseignement et de recherche, et aussi d’entreprises. Chacun dans son domaine y trouve des sources d’enrichissement.

- 1000 associations de solidarités internationales en Bretagne (plus forte densité de France),
- 350 collectivités locales (communes, conseils généraux, Conseil régional) engagées dans des coopérations décentralisées (plus de 600 projets), avec une forte présence au Mali, Madagascar, Niger, Burkina Faso, Vietnam, Chine.
- des entreprises de l’économie sociale et solidaire engagées dans le commerce équitable ; de nombreux comités d’entreprises financeurs de projets de solidarité.

Ce foisonnement d’initiatives publiques, associatives, privées est une fierté pour la Bretagne et au delà de l’utilité et des résultats des actions concrètes conduites avec leurs partenaires de pays en développement, contribue à la cohésion sociale de notre région, à son image et à son attractivité.





Historique de la coopération entre la Bretagne et l’UEMOA : le pari de l’Afrique de l’Ouest.

L’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine réunit 8 pays : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Elle se fixe des objectifs de coordination et de cohérence des politiques structurantes pour créer un vaste marché commun entre les pays membres assurant la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux. Elle a une monnaie commune, le Franc CFA.

Les belles coopérations sont avant tout des histoires humaines. Il en est de même de celle entre la Bretagne et ce vaste territoire qu’est l’UEMOA (90 millions d’habitants) : tout a débuté au printemps 2006 par une rencontre initiée par Kofi Yamgname avec Soumaila Cissé, président de la Commission de l’UEMOA. Il nous a aisément convaincu que l’Afrique ne pouvait être réduite à des images de famines, de grande pauvreté, de guerres et de corruption, qu’elle regorgeait de compétences et d’atouts pour son développement, qu’elle enregistrait depuis plusieurs années des taux de croissance significatifs, et que des coopérations économiques très concrètes rompant avec les systèmes d’aides souvent stériles, pourraient être déterminantes pour les activer. Jean-Yves Le Drian, président de la Région Bretagne a répondu « banco » et s’est engagée à l’été 2006 à imaginer et surtout mettre en œuvre des formes innovantes de coopération avec cet espace territorial de l’UEMOA.

Six ans plus tard, notre coopération poursuit, chemin faisant, à travers ses différentes actions, un objectif : contribuer au développement de l’entrepreneuriat, pour créer de l’emploi et des revenus et valoriser les potentiels de créations d’activités dont regorge l’Afrique de l’Ouest. Nous promouvons et soutenons un entrepreneuriat responsable, qui intègre et prend en compte les dimensions sociales et environnementales.

Forte de ses résultats concrets, cette coopération se poursuit et s’amplifie six ans après ses débuts avec Cheick Hadjibou Soumaré, nouveau président de la commission de l’UEMOA depuis janvier 2012 et Pierrick Massiot, nouveau président de la Région Bretagne depuis juillet 2013.


Une coopération centrée sur le développement économique

Cette coopération est entièrement centrée sur la question économique, conviction partagée avec nos partenaires de l’UEMOA que le développement de l’Afrique de l’Ouest et l’atteinte des objectifs du Millénaire (OMD) passe avant tout par le développement d’activités économiques créatrices d’emplois, de revenus et de richesses.
Sans prospérité et croissance économique, il n’y aura pas de développement. Mais l’enjeu est de promouvoir une croissance inclusive.





Les 3 programmes de notre coopération :
- la filière coton bio-équitable au Mali (depuis 2008)
- Talents du Monde (depuis 2010)
- la filière coopérative maraichère bio au Burkina Faso (depuis 2011)
développent :

• Une même méthode :
o Un engagement politique fort et de long terme du Conseil régional de Bretagne, de l’UEMOA et autres collectivités ouest-africaines (tel le Conseil régional du Centre au Burkina Faso), dans la conception et l’ingénierie des projets, leur gouvernance et leur pilotage ;
o Un partenariat actif en Afrique de l’Ouest et en Bretagne avec les acteurs économiques (entreprises), associatifs, de la recherche et de la formation, pour le pilotage opérationnel des projets.

• Une même exigence de résultats concrets, pragmatiques et mesurables.

• Une même recherche de cohérence en matière de développement humain durable en concevant des projets systémiques au croisement de 6 objectifs :

o Le développement économique endogène en contribuant à consolider en Afrique de l’Ouest, l’émergence d’une classe entrepreneuriale à même de développer des activités pérennes et utiles (satisfaction des besoins locaux) en créant de l’emploi et du revenu.
o La formation et l’élévation des compétences
o L’autonomie des femmes
o L’organisation coopérative des acteurs
o Les questions environnementales : les pratiques biologiques, les énergies renouvelables, la gestion de l’eau ;
o L’intérêt réciproque des territoires
Historique
historique de la filière coton bio-équitable

Janvier 2007, Bretagne International, agence du Conseil régional pour l’accompagnement des PME à l’international emmène une quinzaine d’entreprises bretonnes pour une première mission dans 3 pays de l’UEMOA (Burkina, Togo, Bénin). Erik Orsenna, grand ami de la Bretagne, venait de publier « Voyage au pays du coton » où il décrivait avec brio, comment la mondialisation pouvait perpétuer voire amplifier l’échange inégal. Nous étions au Burkina Faso, un des principaux pays cotonniers d’Afrique de l’Ouest. Situation catastrophique de la filière cotonnière : effondrement des cours mondiaux, endettement des cotonculteurs, réduction considérable de la production, tant au Burkina qu’au Mali. Contrairement à ce qui est souvent dit, le retrait de la culture cotonnière s’accompagne chez les petits producteurs d’une réduction concomitante des cultures vivrières (les financements obtenus pour les semis de coton financent aussi les semences vivrières).
Eclairée par la présence dans la délégation d’une jeune entreprise de mode n’utilisant que du coton bio, l’idée germe d’une filière coton bio-équitable entre la Bretagne et l’UEMOA.
Pourquoi bio ? parce que le modèle économique du marché du coton conventionnel est à la dérive. De surcroit, le coton conventionnel soulève de fortes questions environnementales (la culture du coton utilise plus du tiers des pesticides mondiaux !) et son corollaire, de graves questions de santé humaine. Le coton bio n’utilise que des intrants non chimiques (fumure organique pour nourrir les sols et l’huile de neem comme insecticides).
Equitable, pour garantir aux cotonculteurs un revenu qui rémunère justement leur travail en les exonérant des impacts catastrophiques des spéculations mondiales.
Au fil des échanges avec l’UEMOA (politiques et techniciens), avec des cotonculteurs et leurs organisations, mais aussi avec des industriels de Bretagne, le projet de la filière se dessine. Depuis quelques années, l’ONG Helvetas appuie et accompagne la production de coton bio au Mali et au Burkina Faso. Les tonnages sont modestes (à peine 3% de la production de conventionnel) mais montent en puissance, poussés par une demande croissante des pays du nord en textiles bio. A tel point que deux ou trois gros opérateurs anglais et suisses réservent toute la production de coton bio ouest-africain pour les années à venir. Il y a dès lors un enjeu économique pour la Bretagne, un intérêt réciproque (nous y reviendrons), de sécuriser une filière d’approvisionnement en coton bio pour ses entreprises textiles (entreprises de confection et entreprises de mode).
Automne 2007 : une convention est signée entre la Région Bretagne, l’UEMOA et Helvetas. Le Conseil Régional de Bretagne (soutenu financièrement par le Ministère des Affaires Etrangères (200 K€) et l’UEMOA apportent 800 000 € sur un programme de 3 ans (2008-2009-2010), qui via Helvetas :
- va accompagner, former, organiser les cotonculteurs bio sur deux territoires au Mali et au Burkina Faso. Un objectif de 5000 cotonculteurs concernés (dont un tiers de femmes), et une production de 1500 tonnes de coton bio certifié par les organismes internationaux agréés sont fixés.
- En Bretagne, un partenariat est signé avec des entreprises du secteur textile qui s’engagent à acheter le maximum de cette production avec les pratiques du commerce équitable.


2 - BILAN DE LA CONVENTION TRIENNALE 2008-2009-2010

En 2009 le programme a été affecté par les effets inattendus de la crise financière et économique mondiale, laquelle a été suivie d’une chute importante de la demande de coton biologique et équitable, comme du coton conventionnel.

Au final, les quantités produites en 2008 et 2009 sont inférieures aux prévisions.

Cet écart n’aura pas été préjudiciable aux industriels du secteur textile de Bretagne, partenaires du programme, qui eux-mêmes ont été en 2009 très prudents sur leurs commandes de coton bio, en raison des incertitudes liées à la crise. L’attentisme des acteurs économiques de Bretagne a même laissé en avril 2009 un stock invendu de coton bio au Mali (comme au Burkina Faso).

Face à ce constat, l’évaluation conjointe Région Bretagne-UEMOA, conduite sur place en 2009 a conclu :
- à une réaffectation des reliquats 2008 dans l’acquisition de 150 équipements âne-charrette, permettant aux femmes une indispensable amélioration de leurs conditions de travail ;
- à un réajustement des objectifs quantitatifs dans un contexte économique toujours morose en juin 2009, afin de se prémunir de risques de production non vendue pour la campagne 2009-2010 ;
- et enfin, malgré ces difficultés plus quantitatives que qualitatives, à la réaffirmation des attentes et objectifs de ce programme de coopération économique innovante. La conviction des financeurs est que cette filière coton bio-équitable est une niche d’avenir pour les pays cotonniers d’Afrique de l’Ouest, niche créatrice d’emplois et de revenus, notamment pour les femmes. En aval de la production de coton, d’importantes potentialités de créations d’emplois et de richesses existent dans la valorisation artisanale pour les besoins locaux en textiles et produits dérivés du coton. Pour la partie de coton bion exportée, la demande en textiles bio va s’accroître dans les années à venir et le programme permettra de sécuriser une filière d’approvisionnement pour les entreprises textiles de Bretagne (en priorité mais pas exclusivement), dès lors qu’elles appliqueront les règles du commerce équitable.

Ces conclusions formulées en juin 2010, auront été amplement validées par les résultats de la campagne 2010. Le coton récolté en décembre 2009, égrainé en janvier 2010, a été intégralement vendu en février 2010, avec des prix producteur en sensible hausse (10%), assurant aux cotonculteurs des revenus nets attractifs. Les raisons de ce retournement par rapport à l’année précédente sont les suivantes : relance de la demande mondiale en coton, fermeture des exportations indiennes pour pouvoir approvisionner son propre marché. Cette tendance se confirme au second semestre 2010, et la vente de la prochaine récolte (Février-mars 2011) se traduit par une pénurie de coton bio ouest-africain.

Dans ce nouveau contexte économique, les objectifs de production dans le cadre du programme Bretagne-UEMOA sont revus à la hausse, avec de nouvelles terres mises en culture (1000 ha en juin 2010, la moitié du coton bio du Mali), donc de nouveaux cotonculteurs (1400), et un objectif de production attendue de 1000 tonnes.

Les zones de production ont aussi évoluées avec un partage des surfaces mises en culture entre la zone OHVN (nord et sud de Bamako) et la région de Bla (à l’Est de Bamako, cercle de Koutiala), cette dernière zone apparaissant tant en qualité des ressources humaines que qualité des terres, très propice au développement du coton bio.

Si pour des raisons explicitées, les objectifs quantitatifs fixés dans le contexte économique de 2007, n’ont pu être tenus pour les 2 premières années du programme Bretagne-UEMOA d’appui à une filière coton bio-équitable, en revanche la réalisation des objectifs qualitatifs est pleinement satisfaisante :
- un partenariat rigoureux et professionnel avec Helvetas Mali et son partenaire local , le MOBIOM.
- des méthodes agriculturales et des process biologiques maîtrisés par les cotonculteurs engagés dans le programme,
- l’obtention de la double certification internationale bio et équitable,
- un % de femmes productrices croissant (25%), obtenu en partie grâce au financement des équipements âne+charrette à destination des femmes, financement décidé en cours de réalisation du programme (2009).
- une évolution sensible de la qualité du coton produit et des rendements,
- des revenus nets attractifs pour les cotonculteurs bio qui ont un impact fort sur la santé, la scolarisation et des équipements collectifs financés par la prime commerce équitable (salle de formation, école, cantine,…)
- le développement de projets collectifs communaux (éducation, santé,…) permis par le versement au coopérative villageoise d’une prime Commerce Equitable (34 FCFA par kg de coton)
- des valorisations artisanales en forte émergence (sous forme de coopératives artisanales).

Pour ces raisons, la Région Bretagne et l’UEMOA ont souhaités reconduire leur action avec la signature d’une seconde convention triennale 2011-2012-2013 avec HELVETAS MALI, en élargissant les objectifs du programme à la problématique des cultures vivrières, afin de sécuriser les revenus des paysans grâce à une activité répartie sur l’année, cette problématique étant par ailleurs un enjeu déterminant de sécurité alimentaire dans cette zone sahélienne.
Objectif du partenariat
LES ELEMENTS MARQUANTS DU BILAN (à fin 2012)


1 - Le décollage de la production de coton biologique et équitable


emplois superf. rendt prod (T)
2008/2009 5584 3239 387 1254
2009/2010 4002 2639 407 1073
2010/2011 5560 4067 405 1648
2011/2012 6372 4701 433 2035
2012/2013 (P) 9931 7130 451 3830


La crise économique mondiale a eu des répercussions majeures sur la filière coton en 2009 (surproduction du coton conventionnel et effondrement des cours), et a affecté la filière bio (désengagement et difficultés à attirer de nouveaux producteurs). D’où des résultats quantitatifs en demi-teinte pour la seconde année du programme.
Depuis, la conjoncture mondiale de la production et de la demande de coton a bénéficié au coton africain (quantités et prix). Ce contexte international plus favorable intervient au moment où la structuration de la filière coton bio équitable au Mali et soutenue par ce programme, monte en puissance.

Les résultats sont tangibles, tant pour le nombre de producteurs concernés (dont 30% de femmes), que pour les superficies mises en culture et la production de coton graine. Les prévisions 2012/2013, fondées sur les semis réalisés en juin –juillet et sur une pluviométrie (enfin) favorable, pourrait permettre au programme d’enregistrer des évolutions majeures :
- près de 10 000 producteurs de coton bio (quasi doublement par rapport à 2008)
- avec des rendements en progression constante grâce à la formation dispensée et à l’appropriation des techniques par les producteurs, une production de coton bio plus que triplée par rapport à 2008.

Une production annuelle régulière de 5000 tonnes de coton est nécessaire pour permettre une autonomisation du MOBIOM. Cet objectif majeur du programme d’accompagnement Région Bretagne-UEMOA est en passe d’être atteint à l’issue de la seconde convention triennale (saison 2013/2014)



2 – des impacts concrets pour les conditions de vie économique et sociale des cotonculteurs et de leur famille

2-1 des revenus d’exploitation en hausse

Le programme appuyé par la Région Bretagne et l’UEMOA s’était fixé comme objectif prioritaire de permettre aux cotonculteurs bio de vivre de leur activité en en tirant un revenu sécurisé. Cela impliquait un appui financier conséquent pour la formation aux méthodes et process bio, des équipements, les semences, la double et onéreuse certification. Cet accompagnement sur quelques années était indispensable pour compenser des rendements sensiblement inférieurs au coton conventionnel les premières années (comme pour toutes les productions bio), mais qui ont vocation à augmenter avec une bonne appropriation des techniques par les producteurs.

Cet objectif sera réalisé en 2012/2013 dans 7 des 8 zones couvertes par le programme :
- les prix d’achat du coton bio aux producteurs sont garantis par l’organisme international de certification (FLO) et stable, et permet de dégager une marge brute positive et prévisible,
- alors que sur la même période, le prix du coton conventionnel subit les aléas des cours mondiaux, avec en 2009 et 2010 un niveau qui ne permet pas aux producteurs de couvrir leurs côuts d’exploitatio.

Sur la base d’un prix de vente garanti à 362 FCFA/kg, le seuil de rentabilité du coton biologique est estimé entre 450 et 500 Kg/Ha. La progression constante des rendements observée depuis 2008, va permettre d’atteindre ce seuil pour la campagne 2012/2013. Il s’agit là de moyenne : le rapport d’activité d’Helvetas montre que dans certaines zones (Koutiala, Yorosso), ce niveau est largement dépassé. La bonne appropriation des techniques bio doit permettre en quelques années d’atteindre des rendements de 750-800 kg/ha, voire plus. Les revenus progresseront en conséquences.

2-2 le financement d’équipements communautaires par la prime commerce équitable

Les revenus générés par la vente du coton bio-équitable ne sont pas seulement individuels. La prime « commerce équitable » de 34 FCFA/kg (sur les 362 FCFA de prix d’achat) constitue un revenu collectif et mutualisé très significatif. La production attendue de 3830 tonnes en 2012/2013 générera 130 millions FCFA (200 000 euros) de primes CE disponibles pour des projets communautaires décidés par les habitants.

A Koutiala, c’est une salle de classe et une salle de réunion et de formation qui ont été construites dans le village.
A Mafele, c’est une maternité qui a été financée en 2012

2-3 une priorité pour l’emploi des femmes et une attention particulière à leurs conditions de travail

L’autonomie des femmes par les revenus économiques tirés de la culture du coton bio est un objectif majeur du programme. En 2010, la Région Bretagne et l’UEMOA, à l’issue d’une évaluation, ont demandé à Helvetas de réorienter des financements vers l’acquisition de charrettes et d’ânes pour améliorer les conditions de travail des cotonculteurs et particulièrement des femmes (les champs de coton sont parfois à plusieurs kms des villages).
A fin 2012, 200 charrettes dont la moitié pour les femmes auront été construites localement (et générant de l’activité) et mises à disposition des coopératives.


3 – le coton bio, levier pour le développement des cultures maraichères et fruitières bio.

La première convention 2008/2010 entre la Région Bretagne, l’UEMOA et Helvetas Mali était centrée sur la structuration de la filière coton bio.
La seconde convention 2011/2013, en gardant en son cœur le développement de la production de coton bio, s’est élargie à un programme de Promotion des filières biologiques et équitables (« ProFil-Bio »). Le coton bio est une culture d’assolement triennal, et la disponibilité des terres 2 années sur 3, est une forte opportunité pour le développement de cultures diversifiées de rotation, et accroitre les marchés et les revenus des producteurs.
Contribuant à la sécurité alimentaire locale par du développement endogène, la culture du coton (quand il est bio) et contrairement à certains lieux communs, n’est pas l’ennemi des cultures vivrières, bien au contraire.
Ainsi, dans les zones du programme, sésame, fonio, mil, sorgho, karité ont été développés significativement, ainsi que les activités maraichères.


4 – la transformation artisanale et industrielle des produits

4-1 le coton
La transformation industrielle locale de la matière première coton (coton-fibres après égrenage) était un des objectifs initiaux du programme en 2008.
En 2009, un partenariat a été engagé avec la COMATEX, une des rares filatures industrielles maliennes opérationnelles, et en capacité de réserver un des ses lignes de production au coton bio local.
En 2010, 20 tonnes de coton fibre ont été transformées dans les unités de la COMATEX.
35 tonnes transformées étaient attendues en 2011. Mais la CMDT (Compagnie Malienne du Textile), société d’Etat en cours de privatisation, acheteuse de tout le coton (conventionnel et bio) du Mali car elle a le monopole de l’égrenage, a vendu l’intégralité de la fibre bio sur le marché international très demandeur.
Des accords pérennes devront être conclus avec la CMDT si l’on souhaite une transformation partielle locale de la fibre.


La transformation artisanale se développe autour de quelques marchés locaux et à l’export :

4-2 les produits maraichers et fruitiers
Beurre de karité (35 tonnes), mangues pour l’export (6 tonnes).

5 – la consolidation et l’autonomisation du MOBIOM

Le MOBIOM, jeune organisation coopérative professionnelle, est très fortement engagée dans le projet depuis 2008. Son professionnalisme et son engagement pour que cette filière émerge et se pérennise, ont été déterminants aux côtés de Helvetas, dans les résultats aujourd’hui atteints.
La perspective, énoncée depuis 2008, est qu’à l’issue de 6 années d’accompagnement par la Région Bretagne et l’UEMOA, le MOBIOM soit en capacité organisationnelle et financière pour poursuivre et développer la filière de façon autonome.
En 2014, avec plus de 5000 tonnes de coton produites, et avec plus de 10 000 producteurs formés et produisant avec des rendements croissants, le MOBIOM devrait pouvoir trouver les ressources financières (par prélèvement sur les tonnages vendus) nécessaires à son développement autonome.


6 - l’engagement des entreprises textiles et des acteurs en Bretagne et dans l’Ouest.

Dès la phase de préparation du projet (2007), il y avait l’ambition que les entreprises du secteur textile de Bretagne s’engagent le plus possible à acheter- avec les pratiques du commerce équitable- la production de coton bio que la Région soutenait au Mali. Ce lien entre acteurs économiques de nos deux territoires traduisait une économie de la solidarité et non prédatrice, en offrant des garanties d’écoulement aux producteurs à des prix définis par les normes du commerce équitable. Un partenariat de bonnes pratiques a été conclu avec des entreprises textiles dont Armor Lux, la plus importante d’entre elles, à Quimper.
La mise en pratique s’est avérée sensiblement plus complexe, tant la filière textile est composée de l’amont vers l’aval, de multiples acteurs. Ainsi, un confectionneur (comme Armor Lux) va, selon qu’il veut du fil (s’il tisse lui-même) ou du tissu, s’adresser aux filateurs et/ou tisseurs de son réseau. Ces derniers s’approvisionnent en coton-fibre (balle de coton égrené) auprès de traders assurant achat de la matière première, dédouanement, transport…, qui eux-mêmes achètent la fibre aux sociétés cotonnières nationales, telle la CMDT au Mali, qui ont le monopole de la commercialisation du coton après avoir acheté le coton brut aux cotonculteurs, y compris les bio. Cette chaine très morcelée ne permet pas de lien direct entre le confectionneur et le producteur. Pour que du coton bio malien parvienne en Bretagne chez un industriel, il faut que tous les acteurs de la chaine jouent le jeu, et en particuliers l’entreprise de tissage et /ou la filature. La seule volonté de l’industriel commanditaire de fil ou tissu bio ne suffit pas, si son filateur ne veut pas changer ses circuits habituels d’approvisionnement.
D’où toute l’importance d’avoir rencontré TDV Industries à Laval, seule entreprise en France à assurer tissage, filature et teinture, et dont l’engagement dans la filière coton bio-équitable et les pratiques de développement durable nous est extrêmement précieux pour le programme.
TDV Industries commande chaque année entre 100 et 150 tonnes de coton-fibre bio du Mali (200 à 300 tonnes de coton graine) pour les besoins de ses clients, dont Armor Lux, important utilisateur de coton bio-équitable pour répondre notamment aux cahiers des charge de ses clients publics, dont le Conseil régional de Bretagne, dont tous les agents des lycées sont désormais équipés en vêtements de travail en coton bio-équitable du programme que la Région soutient.
La part de coton bio produit au Mali et utilisée par des industriels de Bretagne et de l’Ouest est donc encore relativement faible, mais on peut espérer qu’elle s’accroisse dans les années à venir, tirée par une demande croissante. Ceci est sans impact sur l’écoulement final de la production, tant la demande mondiale est forte en coton bio.

7 – et pour l'avenir?

2013 sera la dernière année de la seconde convention triennale. Nous avons peu communiqué sur ce programme, préférant concentrer les efforts sur l’action et l’obtention de résultats concrets qui ne pouvaient que demander un peu de temps pour s’installer. Notre projet est dans la durée. Nous sommes dans ce moment de résultats probants, qualitatifs et quantitatifs, qui nous permettent de communiquer et valoriser la méthode.
Ainsi, avec l’UEMOA, un séminaire international de travail avec l’ensemble des acteurs engagés dans ce programme, du Mali, de l’UEMOA, de Bretagne, et ouverts à ceux que cette filière pourrait intéresser, va être organiser à Bamako (ou Bobo Dioulasso) en octobre 2013. Ce séminaire sera un moment de valorisation et aussi de réflexion critique sur l’expérience elle-même, sa méthode, ses réussites, ses manques, pour envisager la suite et les développements possibles.
Ce sera aussi l’occasion de débattre, en prenant appui sur ce cas concret, de l’intérêt des approches territoriales du développement et des logiques multi-acteurs et multi-niveaux. Ce programme, en réunissant une Région française et une institution supra-étatique comme l’UEMOA, des acteurs économiques, des ONG, des organisations professionnelles, constitue une illustration pragmatique de ce concept.

Pour nourrir ce séminaire et laisser une « trace » facilement accessible de ce programme, un film-documentaire est en cours de réalisation et sera disponible en mai 2013.

Ce séminaire d'octobre 2013 devrait acter:
- de la nécessité de pousuivre la convention avec Helvetas jusqu'en 2015 pour achever la structuration et l'autonomisation de la filière au Mali
- de l'opportunité d'essaimer la méthode sur un autre pays cotonnier de l'UEMOA (Bénin?).
- de développer les partenariats avec d'autres collectivités francaises notamment pour sécuriser les débouchés et développer le considérable potentiel des marchés publics des vêtements de travail en coton bio-équitable .
Description détaillée du partenariat
Depuis 2008, le Conseil régional de Bretagne et l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine), dans le cadre des partenariats qui les lient, accompagnent la structuration d’une filière coton bio-équitable au Mali .
Une première convention (2008-2009-2010) portant sur un appui financier de 200 000 euros par an (Région Bretagne : 300 000€, UEMOA : 300 000 € sur la période) a été signée avec l’ONG Helvetas Mali, présente depuis de nombreuses années au Mali, et qui offrait une forte expertise sur le coton biologique.

Les objectifs de ce partenariat :

 structurer et organiser en 6 ans (2013) la filière coton bio-équitable, niche porteuse de créations d’emplois et de valeur ajoutée, et répondant à des critères de développement humain durable :
• environnement et santé humaine : utilisation exclusive d’intrants et de traitements organiques, permettant le label international certifié de culture biologique.
• démocratie : organisation des producteurs en coopératives
• emploi et revenus des femmes
• développement social : commercialisation de la production sous le label certifié « commerce équitable », offrant des revenus décents aux producteurs et à leur famille, et octroi aux coopératives villageoises d’une prime commerce équitable, permettant le financement d’équipements et d’actions collectives d’utilité sociale.

 Permettre au Mobiom ( Mouvement Biologique Malien), jeune organisation partenaire opérationnel du programme, de s’autonomiser et se structurer ;

 Etablir un réseau d’entreprises du secteur textile en Bretagne qui assurent la bonne commercialisation des quantités de coton produites et avec les pratiques du commerce équitable, et promeuvent le coton biologique ;

 Transformer au Mali une partie du coton produit (création d’emplois et de valeur ajoutée) ;


 Développer des cultures maraichères biologiques de rotation.


A l’achèvement de la première convention fin 2010, au vu des résultats acquis et des perspectives, la Région Bretagne et l’UEMOA ont souhaité prolonger leur partenariat avec Helvetas Mali, pour 3 nouvelles années (2011-2013), sur un engagement financier équivalent (600 000 € sur 3 ans) et sur les mêmes objectifs.
Une prolongation de l'action jusque 2015 est souhaitée par l'ensemble despartenaires pour conforter la filière, accentuer la création d'emplois et de revenus, et sécuriser les débouchés pour une production de coton bio accrue, avec les partiques du commerce équitable.
- CONVENTION AVEC HELVETAS MALI
Objectif de l’action : accompagnement des producteurs dans plusieurs zones de production
Description sommaire : programme défini avec Helvetas et mise en oeuvre opérationnelle par le Mobiom
Votre partenariat prend la forme d'un(e)
Projet de coopération décentralisée
Mise en œuvre du partenariat
Maître(s) d'œuvre
UEMOA
Maître(s) d'ouvrage
Conseil régional de Bretagne
Bénéficiaire(s)
- les producteurs - le MOBIOM

Partenaires étrangers du partenariat

Partenaires étrangers du partenariat
Nom de la collectivité étrangère Pays  
UEMOA Mali commun.ico.loupe.alter

Contacts dans les partenaires étrangers du partenariat

Contacts dans les partenaires étrangers du partenariat
Nom de la collectivité étrangère Nom Prénom Fonction Courriel
UEMOA ajanohoun guy amédée gajanohoun@uemoa.int

Collectivités territoriales partenaires du partenariat

Collectivités territoriales partenaires du partenariat
Nom de la collectivité territoriale  
Conseil régional de Bretagne commun.ico.loupe.alter

Autres partenaires du partenariat dans le(s) pays partenaire(s)
UEMOA, Association des Municipalités du Mali (AMM)


Le partenariat n'est pas triennal

Financement du partenariat

Financement du partenariat
Nom du financeur Montant en euros Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Année
Autre 23000 0 2008
Conseil régional de Bretagne 180000 0 2008
Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères 147000 2008
, UEMOA, Association des Municipalités du Mali (AM 330000 2008




Évaluations, communication et perspectives

Une communication a été engagée en France

Une communication a été engagée dans les pays partenaires

Une politique d'évaluation a été engagée

Volontaires impliqués dans le partenariat (VSI, service civique, etc.) d'Échange et de Solidarité

Volontaires impliqués dans le partenariat (VSI, service civique, etc.) d'Échange et de Solidarité
Nom Prénom Mission Champs d'action Entité d'affectation


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