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Atlas français de la coopération décentralisée et des autres actions extérieures

Contacts dans le poste diplomatique "Ambassade de France à Niamey"

Correspondant coopération décentralisée
Courriel :
 
Conseiller de coopération et d'action culturelle
Laurent BONNEAU
Courriel : laurent.bonneau[at]diplomatie.gouv.fr
Titre
Programme d'Appui au Développement Durable (PADD) de la commune de Bitinkodji
Année de première signature de la convention
2010
Thématique d'intervention
Environnement, Climat et Energie
Sous-thématique d'intervention
Eau et déchets
Sous-sous-thématique d'intervention
Eau et assainissement

Autres thématiques mises en œuvre pour le partenariat

Autres thématiques mises en œuvre pour le partenariat
Thématique éligible Sous-thématique Sous-sous-thématique Priorité
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Année de début du partenariat
2010
Le partenariat est
En cours
Date de fin du partenariat
Contexte
Commune de Bitinkodji : Présentation administrative

A l’issue des premières élections locales organisées au Niger en juillet 2004, le canton de Lamordé Bitinkodji a été divisé en trois communes. Parmi celles-ci, on dénombre deux communes rurales dont la Commune de Bitinkodji. La population est estimée à 22 600 habitants en 2003 répartis sur 17 villages administratifs.

Le projet se situe dans la zone Gourma et le long du fleuve Niger respectivement au sud et au nord de la commune.


La commune de Bitinkodji est dirigée par un maire démocratiquement élu par les habitants puis le conseil municipal. Renouvelé le 27 décembre 2009 suite aux élections locales, le conseil municipal est composé de 11 membres élus dont 3 femmes et 2 membres de droit (le député et le chef de canton).

Néanmoins, l’incompréhension de la population à payer ses taxes et patentes, la méconnaissance de la nature des services fournis par la mairie, et l’insuffisance du personnel administratif freine la dynamique de la mairie.

La commune n’a que deux agents cadres qui font l’essentiel du travail et le Secrétaire Général cumule à lui tout seul sept fonctions. Le pouvoir traditionnel est représenté par le chef du village qui est entouré par des notables généralement issus de sa propre famille.

Ce pouvoir a des relations avec les structures villageoises et les diverses associations de la commune.

L’équipe municipale doit prendre en compte ces pouvoirs sans les écarter pour mener à bien une politique de développement local durable.

C’est pourquoi le projet proposé sera essentiellement basé sur ce constat en proposant un volet « commune » qui permet de renforcer les capacités de la commune dans une dynamique de concertation avec les acteurs locaux.



Commune de Bitinkodji : Présentation géographique et humaine

La Commune de Bitinkodji est située sur la rive droite du fleuve Niger à 30 km au Sud Ouest de Niamey.

Son relief est caractérisé essentiellement par des plaines et des glacis utilisés pour les cultures, des plateaux (espaces de pâturage avec des sols peu fertiles) et des vallées ou bas fonds creusés par des cours d’eau temporaires appelés localement Koris.

Climat
Les caractéristiques climatiques au niveau de la commune de Bitinkodji, sont identiques à celles plus générales de la région de Tillabéri. Le climat est de type sahélien avec des précipitations qui varient de l’ordre de 350 à 450 mm de pluie par an.

Les températures restent élevées et varient en fonction de la saison. La température journalière maximale peut atteindre 45°C, la température journalière minimale 25°C.

L’année est divisée en trois saisons :
• La saison pluvieuse de juin à septembre pendant laquelle les populations pratiquent diverses cultures dont le mil.
• La saison froide d’octobre à février au cours de laquelle les cultures maraîchères, fruitières et la riziculture sont largement pratiquées.
• La saison chaude de mars à mai durant laquelle se fait la récolte des mangues, des cucurbitacées et du riz. D’autres activités ont lieu en cette période de l’année, il s’agit de la préparation des champs, la construction et la réparation des maisons.

Ainsi, s’agissant des précipitations, elles sont, d’une manière générale caractérisées par leur faiblesse et leur irrégularité aussi bien dans le temps que dans l’espace.

Hydrologie et hydrogéologie

Infrastructures hydrauliques
Au Niger, l’accès à l’eau potable en milieu rural est faible. Le taux de couverture en eau potable est d’environ 59%.

Malgré la présence d’une mini adduction d’eau potable, de 18 forages équipés de pompe à motricité humaine, de 27 puits modernes, et un nombre important de puits traditionnels, puisards et puits maraîchers, les besoins eau potable dans la commune de Bitinkodji sont d’environ 50 % comme l’a démontré l’étude diagnostique sur l’approvisionnement en eau potable dans la commune réalisée en août 2009. Cette situation est essentiellement due à l’insuffisance des points d’eau et à la mauvaise gestion des infrastructures.

C’est pourquoi le projet proposé sera essentiellement basé sur ce constat en proposant un volet « eau potable » qui permet d’agir sur la fourniture en eau potable en insistant sur la gestion pérenne des infrastructures.

Hydrogéologie
Sur le plan hydrogéologique, la commune de Bitinkodji se trouve sur le socle du Liptako Gourma, caractérisé par la rareté de l’eau souterraine qui constitue une contrainte majeure pour le fonçage des puits villageois.

Les terrasses alluviales utilisées pour les cultures sont détruites par l'érosion ou par le sapement des berges, le niveau de la nappe phréatique dans les Koris peut localement être soumis à des fluctuations importantes.

Les fortes vitesses d'écoulement de l'eau dans les bras principaux des Koris s'expliquent en partie par les caractéristiques de la pluviométrie dans cette région. Pendant la saison des pluies, les précipitations se manifestent sous forme de brèves et violentes averses. L'eau coule en torrent et emporte une partie des terres arables dans les courbes concaves du lit des Koris en sapant les berges.

On constate depuis une dizaine d’années, principalement dans cette région, un élargissement localement très fort du lit des Koris et une déstructuration importante des champs qui les bordent.
Kori dans la région de Tillabéri

En raison de la pression anthropique grandissante (exploitation intensive du bois et surpâturage), accentuée par les sécheresses, le couvert végétal de ces surfaces a déjà fortement diminué. Il en résulte un écoulement important de l'eau superficielle non freinée, entraînant une érosion de surface et une désertification à plus long terme.

Le sable est prélevé sur les berges en amont des cours d’eau et se dépose en aval remplissant les mares naturelles ou artificielles.

Il obstrue le passage de l’eau sous les ouvrages routiers, ensablant le fleuve et les rizières en aval (destruction des cultures, risque de destruction des ouvrages de voirie, destruction ou appauvrissement des rizières et ensablement du fleuve…).

Le cumul de conditions climatiques défavorables et de la pression anthropique forte sur cette zone sensible a donc un double effet local. D'une part, il a des répercussions sur la disponibilité des ressources en eau et d'autre part, il est responsable pour l’essentiel des processus d'érosion qui conduisent à la perte de terre d'exploitation.

Plateaux de terres dégradées

Ce phénomène a aussi des conséquences à un niveau plus global car une part importante du bassin versant du fleuve Niger y est confrontée. Il en découle un ensablement progressif du cours d’eau qui fragilise de plus en plus l’équilibre écologique et socio-économique de toute la sous-région.

C’est pourquoi le projet proposé sera essentiellement basé sur ce constat en proposant un volet « érosion ».

La végétation
On distingue trois strates : la strate arborée, la strate arbustive et la strate herbacée.
Le couvert végétal est en majorité composé d’épineux et est dominé par les acacias et balanites issus des reboisements et de la régénération naturelle dans les bas fonds et les terres dunaires.
La strate herbacée se compose de plusieurs espèces (andropogons gayanus, cenchrus biflorus, egrostis tremelia, etc).
Dans l’ensemble, ces formations végétales ont subi de fortes dégradations tant anthropiques que naturelles liées à l’avancée du front agricole, du surpâturage et à la forte pression de la demande en bois de chauffe de la ville de Niamey.

L’exploitation des forêts offre du bois de chauffe, du bois de construction et de multiples services à la population. L’exploitation du bois est très développée mais elle se fait de manière anarchique et incontrôlée.

En outre, le surpâturage, lié à la sédentarisation des ethnies nomades, continue de favoriser la désertification des zones sahéliennes africaines où la commune de Bitinkodji se situe.

Ces phénomènes ont beaucoup contribué à la disparition de certaines espèces faunistiques et végétales.

Population
Le peuplement de la commune est dominé par les Peulhs sédentaires, des Zarma sonrhaï et quelques Haoussa. L’ethnie Peulh est rencontrée partout dans la commune, tandis que les Zarma sonrhaï se sont établis dans la partie Nord le long du fleuve. Ils exercent pour la plupart des activités de production agricole et animale (plus de 90%). La frange jeune de cette population s’adonne à l’exode. Les centres urbains du Niger, et les pays voisins sont les lieux de destination.

L’agriculture
L’agriculture constitue la principale activité économique de la commune et occupe plus de 90% de la population active. Elle est pratiquée en culture sèche sur les sols dunaires, en culture irriguée sur les périmètres aménagés et en hors aménagement.
En culture sèche, on trouve : le mil, le sorgho, le niébé, le gombo, l’oseille et le sésame.
En culture irriguée, on trouve : le riz et les cultures maraîchères.
Les produits de cette activité sont essentiellement destinés à la consommation familiale.

Cependant une partie des produits des cultures irriguées est vendu aux marchés de Boubon, Niamey, Gothèye et Kollo. Cependant, le développement de l’agriculture est entravé par plusieurs facteurs, notamment la baisse de la fertilité des sols, la divagation des animaux ou l’archaïsme du système de production.

L’élevage
L’élevage constitue la seconde activité pratiquée par les populations de la commune. Plusieurs espèces d’animaux domestiques sont élevées : bovins, ovins, caprins, équins et volailles. Cette activité constitue une source importante de revenus pour les populations de la commune. Le mode d’élevage est essentiellement de types extensif et semi-intensif. Malgré l’importance numérique du cheptel dans la commune et la maîtrise de l’activité par l’ethnie Peulh qui la pratique, le développement du secteur de l’élevage souffre du manque d’aires de pâturage, de l’assèchement précoce des points d’eau et de la faiblesse de la couverture de santé animale.

Le commerce
Le commerce est très peu développé malgré la présence de routes et la proximité de Niamey. Les seuls produits commercialisés proviennent des activités de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. En dehors des marchés de Toulwaré et de Sébou Sébou, la commune de Bitinkodji ne dispose d’aucun marché destiné aux échanges économiques.
Cependant plusieurs marchés dans les communes voisines sont fréquentés par les populations. Il s’agit des marchés de Niamey, Kobadjé, Torodi, où elles écoulent des produits et sous produits d’agriculture et de l’élevage et achètent des produits de première nécessité. Le manque d’organisation du secteur, l’insuffisance d’appui financier ainsi que l’état de paupérisation de la population peuvent nuire au développement de cette activité.

L’artisanat
En dehors de la poterie fortement pratiquée par les femmes au niveau de certains villages, l’artisanat est très peu développé à cause de l’occupation des populations par les travaux agricoles. Cependant dans les gros villages, on rencontre quelques tailleurs, forgerons, tisserands, sculpteurs et maçons. Les produits issus de cette activité d’artisanat sont essentiellement utilitaires.

La pêche
La pêche est une activité qui rapporte des revenus assez importants aux familles qui la pratique. La position géographique de la commune notamment la proximité de la capitale et l’accès au fleuve Niger constitue un atout pour la pratique de la pêche comme activité économique. Les coopératives des pêcheurs existent, mais elles demeurent peu opérationnelles, faute d’encadrement et d’appui financier.

Ce secteur connaît des difficultés liées à la menace du fleuve par la jacinthe d’eau et l’ensablement de son lit. De plus, les pratiques de capture peu recommandables utilisées par certains pêcheurs et l’insuffisance de soutien pour l’amélioration des ressources halieutiques nuisent au renouvellement de la ressource.

Les infrastructures scolaires
La commune compte 16 écoles primaires. Cependant, sur les 61 salles de classes, 21 sont en paillote. Ainsi sur les 17 villages, 13 ont au moins une école primaire. Cependant, trois localités ne disposent pas d’écoles : Bélindé, Ribouré 2 et Gordjowol.

Au niveau secondaire, il existe un collège à Saga Fondo, le chef lieu de la commune.
Le domaine de l’éducation reste fragilisé par le manque d’infrastructures et d’enseignants dans les écoles ainsi que par l’exode rural et l’analphabétisme des parents.

Les infrastructures sanitaires
Le système de santé est très précaire. On dénombre sur la commune un centre de santé intégré (dispensaire) et trois cases de santé dont deux à proximité de la mare de Roubiré. Le personnel d’encadrement comprend 3 infirmiers, 2 agents de santé villageois (habitants des villages formés pour administrer les premiers soins) et 10 accoucheuses. Les centres de référence en cas d’hospitalisation sont les hôpitaux de Niamey, Kollo ou Say.

Accessibilité et communication
La Commune de Bitinkodji est traversée par une voie bitumée à savoir l’axe Niamey-Torodi-Burkina et deux routes latéritiques. Le transport fluvial se pratique en toute période et en tout temps. Les piroguiers assurent le transport des personnes et des biens entre les villages et pendant les marchés de grande importance. La commune est desservie par le téléphone mobile, les radios publiques et privées et la télévision. Cependant, seul le village de Karey Gorou en bord de fleuve est électrifié dans toute la commune.


Contexte régional et national

Le Niger est situé en Afrique de l’Ouest sur une superficie de 1.267.000 Km2 avec une population totale estimée en 2001 à 10 millions d'habitants, essentiellement rurale (82%). Selon le classement suivant l’indice de développement humain (IDH) défini par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Niger se situe à la dernière place des 180 pays membres des Nations Unies sur 192 recensés.

Une réflexion sur la cohérence et la pertinence des actions prévues a été mené par le SIVOA et complété par Eau Vive et la commune de Bitinkodji. L’enjeu était de savoir si d’une part les domaines retenus faisaient partie d’une stratégie plus globale et d’autre part si les actions envisagées ne concernaient pas d’autres programmes sur le même territoire afin de ne pas créer de doublons et mutualiser les actions si besoin.

Cohérence du projet avec le contexte relatif à la problématique de l’érosion

Le Niger est confronté à un problème de désertification qui touche plus de 75 % de son territoire. Les régions du fleuve Niger (dont la commune de Bitinkodji) n’échappent pas à ce phénomène. En effet, celles-ci font face à d’importants problèmes de dégradation des ressources naturelles, notamment des sols et de la végétation, allant de 30 à 70 % selon les zones durant les 20 dernières années. Les conditions climatiques défavorables et la pression anthropique exercée sur ces ressources sont à l’origine de cette situation qui a des effets économiques négatifs sur les populations perdant peu à peu leurs moyens de production et de subsistance.

La Stratégie du Développement Rural (SDR) élaborée en 2003 par le Gouvernement nigérien vise à travers son axe stratégique n°2 à «prévenir les risques, améliorer la sécurité alimentaire et à gérer durablement les ressources naturelles pour sécuriser les conditions de vie des populations ».

Cela se traduit par la « facilitation à un accès aux ressources naturelles permettant une gestion durable » et la « sécurisation des systèmes d’exploitation du milieu et préservation de l’environnement ».

Au titre des programmes de la SDR, on dénombre 4 programmes environnementaux ayant trait à la gouvernance locale des ressources naturelles, préservation de l’environnement, régénération des écosystèmes et restauration des terres et reboisement.

Dans le cadre de la politique environnementale, le Gouvernement du Niger a adopté en 1998, un Plan National de l’environnement pour un Développement durable (PNEDD). Ce dernier compte six programmes prioritaires dont un Programme d’Action Nationale de Lutte Contre la Désertification et de Gestion des Ressources Naturelles (PAN/LCD/GRN-2000).

Les actions d’aménagement anti-érosif s’inscrivent dans ce programme à travers l’orientation stratégique III (restaurer et préserver le capital productif) qui prévoit :

- La réhabilitation des terres dégradées (plateaux, pâturages, versants, bas fonds, aménagements hydro-agricoles, etc.) et des cuvettes, mares, fleuves, rivières et lacs.
- La vulgarisation des techniques de lutte contre l’ensablement et de gestion de la fertilité des sols.

Toutefois, force est de constater que l’adoption de ces techniques par les producteurs reste faible et généralement incomplète. Les causes relèvent souvent d’un manque d’information sur les différentes techniques existantes, à une mauvaise maîtrise du personnel encadrant et à une absence d’outils de vulgarisation appropriés.

La démarche proposée est donc basée sur la durabilité des actions engagées à travers des formations adaptées par un personnel qualifié. Les actions proposées concernent essentiellement la mise en place d’aménagement anti-érosifs modestes mais réalisables directement par la population. Cette approche complète les politiques publiques constitués d’aménagements lourds traités par des entreprises privées.

Cohérence du projet avec le contexte relatif à la problématique de l’eau potable

Le Niger est l’un des pays ayant le plus faible taux de couverture des besoins en eau en milieu rural : 59% en 2005. « Cependant, en raison du non fonctionnement de certains ouvrages, le taux réel est estimé aux environs de 47% », selon la Stratégie de Développement Accéléré et de lutte contre la Pauvreté (SDRP) en 2007.

La principale source d’approvisionnement en eau de boisson au niveau de l’ensemble du pays demeure le puits avec 60,8% des ménages utilisant ce type d’ouvrage. Cependant ces taux cachent d’importantes disparités selon les zones.

En effet, dans la région de Tillabéri (région d’attache de la commune de Bitinkodji) la situation de l’approvisionnement en eau est encore plus critique. Dans cette zone, on note une proportion importante de ménages mettant plus d’une heure pour s’approvisionner en eau.

Un des objectifs de la SDRP est de porter la couverture nationale des besoins en eau potable en milieu rural de 61% en 2006 à 80% en 2015.

Par ailleurs, dans la Stratégie de Développement Rural (SDR), notamment au niveau du programme N°8, il est retenu que «l’amélioration de l’accès des ménages ruraux à l’eau potable est une dimension prioritaire de la lutte contre la pauvreté et de la sécurisation des conditions de vie.».

Le projet prévoit la réalisation de nouveaux points d’eau modernes avec la participation des bénéficiaires. L’accent sera mis une meilleure maîtrise de la gestion des ouvrages par les populations, à travers le renforcement des services d’appui aux exploitants (comités de gestion, gestionnaires sous contrat), qui assureront également une fonction de contrôle.

Cohérence du projet avec le contexte relatif à la problématique de l’assainissement

Malgré l’importance que peut avoir de meilleures conditions d’hygiène sur la santé de la population, l’assainissement a été négligé dans les interventions de ces dernières décennies. Selon une étude du bureau de la Banque Mondiale au Niger, le taux de couverture en infrastructures sanitaires en 2005 était de 10,3% en milieu rural et de 70% en milieu urbain. De manière désagrégée, le taux de défécation en plein air reste élevé dans la région de Tillabéri (région d’attache de la commune de Bitinkodji).

La conséquence de ces maladies sur l’économie familiale et l’économie nationale est conséquente, contribuant ainsi à augmenter le niveau de paupérisation générale du pays. Le problème se pose surtout en milieu rural, où les mesures d’hygiène et d’assainissement restent en dessous de l’objectif fixé par la politique nationale et par les Objectif du Millénaire pour le Développement (OMD) des Nations Unies.

Dans le cadre de la SDRP, le Niger vise le rehaussement du taux de couverture de l’assainissement en milieu urbain et rural à respectivement de 70% et 50% d’ici à 2015.

Le projet participera à cette volonté du gouvernement nigérien d’augmenter de façon significative le nombre d’infrastructures d’assainissement dans les villages à travers l’appui à la réalisation des latrines familiales et scolaires, l’organisation des sessions de sensibilisation des populations sur l’hygiène et assainissement, et la structuration et l’encadrement des comités de salubrité

Les actions prévues cadrent donc parfaitement avec les politiques et stratégies élaborées par l’Etat du Niger dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et la restauration de l’environnement déjà fragilisé par les facteurs climatiques et les actions anthropiques.

Cohérence du projet avec le contexte relatif à la problématique de la décentralisation

Une dynamique de décentralisation a été amorcée au début des années 90 à la faveur de la cohérence nationale dans la cadre du règlement du problème touareg.

Le processus de décentralisation au Niger a donc découpé le pays en trois niveaux de collectivités : la région, le département et la commune. La construction des communes a été basée sur les cantons et certains groupements. Les élections de juillet 2004 ont permis de doter ces nouveaux territoires de conseils municipaux élus avec comme nécessité de créer un cadre institutionnel à la base permettant de prendre en charge et gérer les préoccupations locales tout en responsabilisant les acteurs locaux.

Les compétences qui ont été transférées se rapprochent des préoccupations des citoyens. Les domaines de la santé, du social, de la salubrité ont été confiés aux communes ainsi que les infrastructures routières sans oublier l’état civil ou le recensement.

Les jeunes communes sont toutefois confrontées à de nombreux enjeux. Institutionnels d’une part, puisqu’elles viennent se substituer à une chefferie traditionnelle implantée depuis des siècles. Fiscaux d’autre part, puisque la mobilisation de la population sur le paiement des taxes est essentielle pour alimenter les ressources communales et favoriser la capacité d’investissement de la commune.

Le projet participera à cette volonté d’appuyer et de former la commune autour de ces enjeux en l’accompagnant dans ses missions d’intérêt général.

Le projet favorisera la concertation entre les acteurs locaux, l’équipe municipale et la chefferie traditionnelle dans le cadre des actions envisagées dans le but de légitimer la jeune institution. Le projet appuiera la commune dans son rôle d’animateur local en mobilisant la population autour des thématiques du programme. Enfin, il proposera des formations autour de la fiscalité ou de la maitrise d’ouvrage.

Cohérence du projet avec les structures administratives existantes

La collaboration se fera principalement avec les services techniques de l’état à travers le comité de pilotage du projet. Les techniciens des ministères du Génie Rural et de l’Hydraulique pourront être associés aux actions envisagées.
Historique
Le Syndicat de l’Orge est engagé depuis 1997 dans des actions de coopération décentralisée.

Ce projet fait suite au Programme Educatif et Opérationnel de Développement Durable (PEODD) débuté en 2004 et achevé en 2009, en partenariat avec la commune de Bitinkodji, la commune de Itteville et le syndicat des eaux du Hurepoix.

Les objectifs opérationnels du PEODD se sont déclinés autour de cinq thématiques :

• Protéger l’environnement et lutter contre l’érosion des sols, notamment par la réhabilitation des terres dégradées.
• Sensibiliser à la préservation de l’environnement, avec la mise en place d’actions auprès des personnes ressources pour qu’ils prennent conscience de la nécessité de préserver leur environnement dans leurs pratiques quotidiennes.
• Agir sur la fourniture de la ressource en eau, tant pour le développement du maraîchage que pour l’accès à une eau potable.
• Améliorer les conditions d’accès à l’enseignement élémentaire.
• Accompagner la commune de Bitinkodji dans le processus de décentralisation Nigérien, grâce à la création d’un plan de développement communal.

Le nombre d’actions engagées dans le cadre du programme a été considérable et chacune d’elle a été menée jusqu’à son terme. Le programme s’est en outre enrichi en cours de réalisation et a été accompagné par des initiatives privées issues des expériences misent en place.

En témoigne, les 815 ha de terres récupérées, les 190 000 espèces locales d’arbre replantées, la réhabilitation de la digue de Roubiré de 160 m, la réalisation d’une mini adduction d’eau potable pour 3500 habitants ou encore l’élaboration d’un Plan de développement Communal.

Outre les aspects techniques, l’impact du programme a été très positif. Les actions mises en place dans les différents volets des cinq composantes ont permis d’accompagner et de renforcer le développement de la commune.

L’élaboration du Plan de Développement Communal appuyé par le PEODD a donné aux élus une vision globale permettant une meilleure cohérence des programmes de développement qui interviennent dans la commune de Bitinkodji et une vision stratégique à moyen terme.

Outre l’amélioration des conditions de vie par la mise en place d’infrastructures importantes, le PEODD a permis de faire émerger une conscience environnementale notamment chez les jeunes. Il a permis de structurer les villages autour de comités légitimes et autonomes pour faciliter la gestion des actions qui doivent permettre à terme une autonomie complète dans les choix de développement.

L’ensemble des acteurs du sud sont unanimes sur le changement d’état d’esprit de la population en matière de prise de conscience environnementale et de l’intérêt général d’actions collectives sur des sujets où chacun est interdépendant.

Suite à la mission d’évaluation de février 2009 au Niger et à l’impact positif du programme, le SIVOA a décidé de poursuivre le partenariat technique, financier et humain mis en place depuis 2004 avec la commune de Bitinkodji et l’ONG Eau Vive en suivant les priorités du Plan de Développement Communal établie en 2006.

En concertation avec l’équipe municipale et la population, les thématiques de l’eau potable, de l’assainissement et de l’érosion des sols ont été arrêtées. Des études diagnostiques, basées sur une méthode participative, ont permis d’effectuer un état des lieux et de proposer des aménagements en cohérence avec la demande locale.

Ainsi a été construit un nouveau programme d’action intitulé : Programme d’Appui au Développement Durable (PADD) de la commune de Bitinkodji pour une durée de trois ans.

D’autre part, une volonté forte a été émise de mener une action concertée avec d’autres collectivités de l’Essonne dont le SIVOA serait le chef de file. Cette démarche permet d’une part de répondre aux demandes locales qui ne coïncident pas avec les compétences du SIVOA et d’autre part elle favorise la mutualisation des moyens entres différentes collectivités.

Ainsi les collectivités qui n’ont pas les moyens d’agir seules, ont ici l’occasion de s’impliquer dans un projet de coopération décentralisée. C’est le cas notamment de la commune du Plessis Pâté qui fait partie du Syndicat de l’Orge, du Syndicat des Eaux du Hurepoix et de l’Agence de l’Eau Seine Normandie qui soutient les projets de coopérations décentralisées de son bassin versant.

Ainsi la mutualisation des deux syndicat de l’Essonne regroupe environ une population de 400 000 habitants.









Objectif du partenariat
La commune de Bitinkodji subit des pressions climatiques et anthropiques importantes qui entraînent la dégradation générale de ses ressources. Les manifestations les plus visibles de cette dégradation sont le développement des ravines et la formation des glacis, la perte de la fertilité des sols. Ces facteurs ont pour conséquence la faiblesse des infiltrations, l’ensablement des mares du fleuve ainsi que la baisse de la production agricole.

Dans plus de la moitié des villages de la commune de Bitinkodji, l’accès à l’eau potable est très insuffisant pour couvrir les besoins des populations, et son amélioration est considérée comme une priorité de développement par les populations. Les femmes passent en effet une part importante de leur temps autour des points d’eau (forages, puits) et une part non négligeable de la population se contente de l’eau du fleuve ou des mares, avec toutes les conséquences sur la santé des familles. Quelques épidémies de choléra se sont développées dans le passé du fait de l’usage de l’eau du fleuve pour des besoins alimentaires. En outre, les capacités des structures de gestion villageoises sont encore insuffisantes pour leur permettre de jouer pleinement leur rôle.

Par ailleurs, force est de constater que les conditions d’hygiène et d’assainissement ne sont pas suffisantes pour l’épanouissement de la population. Les raisons sont nombreuses : insuffisance d'infrastructures et d'équipements d’assainissement (latrines familiales et publiques), et mauvaises pratiques des communautés. Par conséquent, malgré sa proximité avec Niamey la capitale, la commune garde ses caractéristiques de ruralité et offre un cadre de vie qui nuit à la santé humaine. Dans tous les villages ciblés, l’accès à un assainissement adéquat est très insuffisant, et son amélioration est considérée comme une priorité de santé publique

Enfin, les communes nigériennes ont été crées en 2004 sans préparer les territoires. Le découpage administratif a été élaboré sans concertation préalable. Ainsi la première équipe municipale de l’histoire est confrontée aux pouvoirs traditionnels locaux dont l’influence est majeure dans les villages depuis des années. Par ailleurs, la commune malgré ses nombreux transferts de compétences ne possède pas une capacité d’investissement suffisante pour développer seule son territoire.

C’est pourquoi, le programme répond à ces besoins à travers un objectif général et plusieurs objectifs spécifiques.

L’objectif premier du projet est de soutenir un développement local durable, moteur de la décentralisation en agissant sur les facteurs limitant identifiés dans le Plan de Développement Communal qui est issu de la concertation entres les acteurs du territoire.

Parmi ces facteurs limitant, il convient de retenir des objectifs spécifiques suivants :

- Lutter contre la dégradation des ressources naturelles par la réalisation d’aménagements anti érosif.
- Agir sur la fourniture en eau potable par la réalisation d’infrastructures hydrauliques.
- Améliorer l’assainissement et les conditions d’hygiène par la réalisation d’infrastructures.
- Améliorer la bonne gouvernance par le renforcement des capacités de la commune.
Description détaillée du partenariat
En 2009, le bilan positif du précédent programme quadriennal de coopération décentralisée intitulé Programme Educatif et Opérationnel de Développement Durable (PEODD) a permis un renouvellement du partenariat entre la commune de Bitinkodji et le Syndicat de l’Orge.

Une construction durable et respectueuse de l’engagement de chacun à travers un nouveau projet de 3 ans a donc été décidée.

Une concertation avec l’association Eau Vive, les services de l’état, l’équipe municipale de Bitinkodji et sa population ainsi qu’une étude de son Plan de Développement Communal ont dégagé plusieurs thématiques de développement local durable :

- L’érosion des sols qui nuit à la fertilité des sols et accentue la désertification
- L’absence d’ouvrages hydrauliques et d’infrastructures d’assainissement dans certains villages qui favorise la prolifération des maladies
- L’absence de moyens pour la commune qui ne permet pas un développement viable de son territoire.

Des études diagnostiques sur les thématiques identifiées ont été réalisées en concertation avec les acteurs concernés. Elles ont permis d’élaborer le prochain programme de coopération décentralisée intitulé Programme d’Appui au Développement Durable (PADD) de la commune de Bitinkodji et mise en œuvre par Eau Vive.

En France, le Syndicat des Eaux du Hurepoix, la Commune du Plessis Pâté et l’Agence de l’Eau Seine Normandie ont décidé de s’associer à ce projet afin de donner plus de moyens et de cohérence aux actions de coopération décentralisée piloté par la commune de Bitinkodji et le Syndicat de l’Orge.

Un projet de convention triennale 2010-2012 a été rédigé et sera signé en février 2010 par l’ensemble des acteurs concernés par ce projet. Ceci permettra d’aboutir à un document liant les différents acteurs du projet, Français et Nigérien par un engagement contractuel.


- 1.1 Aménagements des sites privés et collectifs
Objectif de l’action : L’objectif de l’action est de valoriser les eaux pluviales par la réalisation de plusieurs aménagements sur des sites collectifs et privés. Ces aménagements permettront de limiter l’érosion des sols et l’ensablement des cours d’eau et des mares en freinant le ruissellement des eaux pluviales. Ils favoriseront la révégétalisation naturelle et l’augmentation des zones de pâture sur les sites collectifs et la production agricole sur les sites privés.


Description sommaire : A l’inverse des ouvrages lourds qui nécessitent des moyens matériels importants tels que les barrages, les aménagements anti érosif prévus sont des ouvrages simples mettant en œuvre des techniques maitrisables socialement acceptables réalisables par la population tel que les demi-lunes (demi cercle creusé dans le sens des écoulements) et les banquettes (tranchées creusées dans le sens des écoulements).

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Mise en œuvre du partenariat
Maître(s) d'œuvre
Association Eau Vive Niger
Maître(s) d'ouvrage
Syndicat mixte de la Vallée de l'Orge
Bénéficiaire(s)
Population concernée Les populations concernées seront les populations des villages situées dans la zone Gourma au sud de la commune et les gros bourgs situés le long du fleuve Niger au nord de la commune. Le diagnostic participatif réalisé lors de l’élaboration du PDC a montré que la zone du Gourma est confrontée à une dégradation continue de ses ressources (eau, sol, flore, faune, etc.). La majeure partie des activités d’aménagement anti-érosif se concentreront donc dans cette zone afin de contribuer à inverser cette tendance. La zone du fleuve a été retenue pour y réaliser la majorité des activités d’assainissement car elle concentre les gros villages de la commune où le problème d’assainissement se pose avec plus d’acuité. Enfin, les activités d’appui à la réalisation des ouvrages hydrauliques concerneront toutes les zones selon la priorisation de l’étude diagnostique réalisée en aout 2009. La population concernée est de 22600 habitants. Groupe cible Hormis l’ensemble des classes d’âge de la commune, les groupes cibles concernés par l’opération seront : - Les scolaires sur les latrines scolaires - Les paysans sur les aménagements anti érosifs - Les femmes sur les aménagements hydrauliques

Partenaires étrangers du partenariat

Partenaires étrangers du partenariat
Nom de la collectivité étrangère Pays  
Commune de Bitinkodji Niger Icone d'une loupe

Contacts dans les partenaires étrangers du partenariat

Contacts dans les partenaires étrangers du partenariat
Nom de la collectivité étrangère Nom Prénom Fonction Courriel
Commune de Bitinkodji boureima adamou

Collectivités territoriales partenaires du partenariat

Collectivités territoriales partenaires du partenariat
Nom de la collectivité territoriale  
Syndicat mixte de la Vallée de l'Orge Icone d'une loupe

Autres partenaires du partenariat en France
Agence de l'Eau Seine Normandie
Autres partenaires du partenariat dans le(s) pays partenaire(s)
Commune de Bitinkodji


Le partenariat est triennal

Financement du partenariat

Financement du partenariat
Nom du financeur Montant en euros Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Année
Autre 230740 0 2010
Syndicat mixte de la Vallée de l'Orge 177900 330400 2010
Agence de l'Eau Seine Normandie, Commune de Bitink 250215 2010




Évaluations, communication et perspectives

Une communication a été engagée en France

Aucune communication n'a été engagée dans les pays partenaires

Une politique d'évaluation a été engagée

Volontaires impliqués dans le partenariat (VSI, service civique, etc.) d'Échange et de Solidarité

Volontaires impliqués dans le partenariat (VSI, service civique, etc.) d'Échange et de Solidarité
Nom Prénom Mission Champs d'action Entité d'affectation


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