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Atlas français de la coopération décentralisée et des autres actions extérieures

Contacts dans le poste diplomatique "Ambassade de France à Vientiane"

Correspondant coopération décentralisée
Coline HERVE
Courriel : coline.herve[at]diplomatie.gouv.fr
 
Conseiller de coopération et d'action culturelle
Jérôme DUBOIS-MERCENT
Courriel : jerome.dubois-mercent[at]diplomatie.gouv.fr
Titre
Appui institutionnel à la protection et la mise en valeur des sites Patrimoine Mondial de Luang Prabang et Vat Phou/ Champassak
Année de première signature de la convention
1997
Thématique d'intervention
Politique, humanitaire et coopération transfrontalière
Sous-thématique d'intervention
Gouvernance locale et appui institutionnel
Sous-sous-thématique d'intervention
Appui institutionnel

Autres thématiques mises en œuvre pour le partenariat

Autres thématiques mises en œuvre pour le partenariat
Thématique éligible Sous-thématique Sous-sous-thématique Priorité
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Année de début du partenariat
2013
Le partenariat est
En cours
Date de fin du partenariat
31/07/2016
Contexte
Le projet s'inscrit dans le cadre de la coopération entre la ville de Chinon (qui fait partie du périmètre Val de Loire Patrimoine Mondial) et les deux sites classés au Patrimoine Mondial au Laos: la ville de Luang Prabang, inscrite sur la liste de l'UNESCO en décembre 1995, et le site de Vat Phou/ Champassak, inscrit au Patrimoine Mondial en décembre 2001. Les deux sites sont les bénéficiaires du projet.

LUANG PRABANG

En décembre 1995, la ville de Luang Prabang, ancienne capitale royale du Laos, est inscrite sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO.
Le Gouvernement de la République Démocratique Populaire Lao, désireux de mettre en place une politique de conservation et de mise en valeur de la ville, sollicite alors l'aide de la Communauté Internationale.

En réponse à cette demande, la ville de Luang Prabang, la ville de Chinon et l'UNESCO ont conjointement proposé un projet de coopération décentralisée qui a été approuvé par le Gouvernement de la RDP Lao le 10 août 1996.
La ville de Chinon assure la maîtrise d'ouvrage de ce programme.
Les partenaires du projet se sont donnés pour mission de conduire un projet global de protection et de mise en valeur de la ville et ce, à travers, des projets d'aménagement urbain, de restauration, et le soutien des initiatives des habitants pour l'amélioration et la réhabilitation de leur habitat.


La problématique patrimoniale de la ville et la mise en place de la Maison du Patrimoine, devenue Département du Patrimoine Mondial de Luang Prabang en 2009.

La particularité essentielle de la ville de Luang Prabang réside dans l'alchimie particulière que présente le site : enchevêtrement harmonieux de paysages boisés et urbains, des zones humides remarquables et un patrimoine bâti exceptionnel.

De là, une problématique de la préservation du patrimoine complexe : comment concilier patrimoine et développement de la ville et de l'économie ? Comment maintenir dans la ville la population la plus pauvre qui habite le plus souvent dans des maisons en bois qui menacent de tomber en ruine ? Comment concilier pression touristique et protection du patrimoine sans tomber dans le travers des villes musées ?

Le concept de Maison du Patrimoine, institution garante de la préservation de la ville, est né de ce constat et de ces interrogations en poursuivant comme objectifs :
• de lier étroitement les politiques de protection, de mise en valeur et de développement,
• de former à moyen terme une équipe d'intervention lao,
• de créer un lieu symbolique d'accueil, d'information, de démonstration destiné à sensibiliser la population au patrimoine.

Les actions engagées jusqu'à présent ont permis des avancées conséquentes pour la protection et la mise en valeur du périmètre classé de Luang Prabang. Un outil de travail essentiel, le PSMV a été élaboré, approuvé par les autorités laos et mis en oeuvre par le DPM qui délivre des avis conformes aux permis de construire sur l’ensemble des projets sur le site classé.

Aujourd’hui il existe une véritable appropriation par la population et les autorités laos de leur patrimoine bâti comme en témoigne l’aspect des nouvelles constructions; Les réhabilitations des bâtiments remarquables, des bâtiments publics et privés, les rénovations de venelles et d’espaces publics, ont contribué largement à cette appropriation et plus globalement à la mise en valeur de ce patrimoine.

Les problématiques et enjeux du développement urbain à Luang Prabang


Cependant, la ville de Luang Prabang est plus que jamais menacée du fait de l'explosion touristique, de l’augmentation de la pression urbaine, et de la non adaptation du cadre institutionnel de gestion de la ville. L'objectif premier de pérennisation de la politique de préservation et de gestion urbaine demeure donc pleinement justifié, mais doit être complété par une démarche plus large.

En effet, Luang Prabang commence à devenir « victime de son succès ». Entre 1995 et 2010, les flux touristiques ont été décuplés. En 2010, Luang Prabang a accueilli près de 450 000 touristes alors que les hypothèses basses en projetait 300 000 en 2020. Cet afflux touristique a un impact non négligeable sur la ville et la population, en créant une hausse du niveau de vie, mais aussi du nombre de constructions, et donc une pression foncière intense, qui tend à la fois à évincer la population locale du centre ancien, mais aussi à attirer les populations des villages périphériques vers la péninsule et ses potentialités économiques. De nombreux investisseurs se pressent aujourd’hui à Luang Prabang dans le but de créer d’importants complexes touristiques (complexe touristique du golf) ou de grandes infrastructures (aéroport, pont…). C’est donc, au-delà de la préservation patrimoniale, une réelle gestion de cette pression urbaine et du développement de la ville dans un périmètre plus large que le seul site classé, qui est aujourd’hui une priorité.

Le Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT), approuvé en 2004 par les autorités laos, a apporté une première réponse, et a permis d’initier une réflexion prospective d’aménagement du territoire sur un périmètre géographique plus vaste (30 km autour de Luang Prabang) et de définir la position des grandes infrastructures et équipements (ponts, ports, axes routiers, agrandissement de l’aéroport...) et les axes de développement de l’urbanisation.

Cette réflexion s'est poursuivie à travers la révision du plan urbain, afin de le mettre en conformité avec les orientations du SCOT, et la création d’une zone tampon autour du site classé à la demande de l’UNESCO. Ces deux documents ont été approuvé en 2012.


En parallèle de ce contexte d’accélération de la pression urbaine, la mise en place d’un outil de gestion institutionnel et technique à même de répondre à l’élargissement des problématiques est devenue essentielle. Ce mouvement est amorcé par les Autorités laos, qui ont décidé la création, à Vientiane et dans les villes moyennes du Laos, de municipalités, en lieu et place du système traditionnel de gestion par les villages (« bans ») et les districts. Luang Prabang est directement concernée par cette nouvelle approche institutionnelle. Réflexion démarrée en 2007, une municipalité, dotée des compétences de gestion urbaine, a vu le jour en 2010. Cependant cette municipalité a encore besoin d'un appui substantiel sur le plan de la gestion administrative et sur le plan technique pour pouvoir affronter les enjeux urbains de Luang Prabang.

La Ville de Chinon, partenaire de Luang Prabang depuis 18 ans, a naturellement été sollicitée par les Autorités laos pour apporter son expérience sur ces questions.
L'objectif poursuivi est d’apporter à la future institution les moyens humains, les compétences et le soutien nécessaires à l'amélioration de son efficacité et à son autonomisation progressive, seule garante de sa pérennité.

Mais au-delà du travail mené à Luang Prabang, une nouvelle étape a été amorcée depuis 2011, celle de tirer des enseignements et des modes de faire, susceptibles d’être réappropriables par d’autres villes au Laos. La pression économique et urbaine est présente sur l’ensemble des territoires urbains, (Vientiane, mais également Paksé, Savanaketh, Champasak….), du laos. Seules Luang Prabang et dans une moindre mesure Vientiane ont développé une réflexion globale sur leur devenir et créé des outils opérationnels permettant de gérer le présent et leur futur. Le travail mené conjointement avec le Ministère de l’Urbanisme et des Travaux Publics et l’Institut de l’Urbanisme et des Travaux Publics de Vientiane, lors de la révision du plan urbain de Luang Prabang ont mis en exergue deux points :
- la nécessité de poursuivre le travail engagé, en mettant en place un suivi opérationnel du plan urbain de Luang Prabang.
- la nécessité de mettre en place un plan de formation continu, au niveau national, sur les questions de patrimoine et d’urbanisme pour former les gestionnaires en poste et dupliquer la «succès story» de Luang Prabang, à la demande du Ministre des Travaux Publics et des Transports, M Sommad Pholsena

Le projet développé dans cet appel à projet répond à cette évolution nécessaire.


Site de Vat Phou/ Champassak

La province de Champassak se trouve à 500 km au sud-est de la capitale, Vientiane, sur la rive occidentale du Mékong. La Capitale de la Province est la Ville de Paksé.
Historiquement, il s'agit de l'un des trois royaumes à avoir succédé au royaume de Lan Xang. La province tire son nom de Champassak, ancienne capitale du royaume de Champassak. La région a joué un rôle central dans l'histoire du Siam et du Laos, théâtre de nombreuses batailles.
Le district de Champassak comporte l’ensemble du temple de Vat Phou, un exemple représentatif majeur de l’architecture primitive et classique khmère des VIIe au XIIe siècles.

Le site a été classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO le 13 décembre 2001 au titre des critères 3, 4 et 6 de la Convention du Patrimoine Mondial.
Ces critères sont:
- Critère iii : L’ensemble du temple de Vat Phou est un témoignage exceptionnel des cultures d’Asie du sud-est, et en particulier de l’empire Khmer qui domina la région du Xème au XIVèmesiècle.

- Critère iv : L’ensemble de Vat Phou illustre remarquablement l’intégration d’un paysage symbolique d’une grande valeur spirituelle dans son environnement naturel.

- Critère vi : Illustration de l’interprétation hindoue de la relation entre la nature et l’humanité, Vat Phou se targue d’un remarquable ensemble de monuments et autres structures disséminées sur une vaste superficie entre fleuve et montagne, certains dotés d’une architecture exceptionnelle, beaucoup abritant de magnifiques œuvres d’art, et exprimant tous une conviction et un engagement religieux intenses.

Le paysage culturel de Champassak, y compris l'ensemble du temple de Vat Phou, représente une zone de paysage planifiée remontant à plus de mille ans et remarquablement bien conservée. Afin d'exprimer la conception hindoue des rapports entre la nature et l'homme, il a été façonné selon un axe compris entre le sommet de la montagne et les rives du fleuve dans un entrelacs géométrique de temples, de sanctuaires et d'ouvrages hydrauliques s'étendant sur quelque 10 km. Le site comprend aussi deux villes anciennes, construites sur les rives du Mékong et la montagne de Phou Kao, l'ensemble représentant un processus d'aménagement s'étendant sur plus de mille ans, du Ve au XVe siècle, associé surtout à l'Empire khmer
La plaine alluviale entre la montagne et le Mékong conserve encore les traces des constructions en briques et torchis des anciennes cités, mais leur état de conservation rend impossible leur restauration. L'immense richesse archéologique du site est extrêmement fragile, les vestiges se trouvant à quelques dizaines de centimètres de la surface, et leur potentiel en matière de recherche est inestimable.

Les menaces liées au développement urbain et agricole du site sont plus que jamais présentes, notamment le développement le long de l'axe qui traverse la Ville de Champassak. La transformation progressive des constructions traditionnelles en bâtiments modernes dans les villages induit une dégradation du patrimoine local, d'une part, et perturbe les équilibres hydrologiques du site d'autre part.
Par ailleurs,tout comme Luang Prabang, si le site de Vat Phou/ Champassak a longtemps été à l'écart des circuits touristiques, il est aujourd'hui une destination connue, qui attire plus de 80 000 visiteurs/an.
Cette augmentation rapide constitue autant une opportunité pour le développement économique local qu’une menace pesant sur la préservation des sites et des paysages, du patrimoine bâti comme du patrimoine immatériel.

Le site est en particulier menacé par la construction d’une route d’accès traversant le site classé et risquant à la fois de dénaturer le paysage des villages, mais aussi et surtout d’induire une urbanisation sauvage de ses abords. L’UNESCO a d’ailleurs demandé aux Autorités en juillet 2011, sous peine d’inscrire le site sur la liste des biens en péril, d’arrêter des travaux déjà très avancés et de repenser le plan d’aménagement du site.
Le site de Vat Phou bénéficie depuis 2006 d’un appui de l’Ambassade de France près la RDP Lao au travers d’un projet FSP ; celui-ci a concentré ses interventions sur le parc archéologique et sur l’appui au département du patrimoine mondial de Vat Phou (DPV).

Dans le cadre de ce projet, un projet de révision du plan d’urbanisme a été élaboré en mai 2010 ; il porte sur l’ensemble du site classé et propose (i) un projet de développement du district de Champasak et (ii) un règlement et un plan de zonage simplifiés, prenant en considération les nécessaires actions de limitation des impacts négatifs de la construction de la route A 14. Il a été adressé récemment au vice-Premier ministre en charge du comité national pour le patrimoine mondial pour approbation.
Au-delà des problèmes que la construction de la nouvelle route soulève, et qui risque effectivement de mettre en péril la valeur universelle exceptionnelle du bien, les enjeux sur le site de Champasak relèvent tout à la fois:
- de l’existence d’outils de gestion du site, permettant de sauvegarder le patrimoine urbain et paysager dans la zone de protection,
- du renforcement des capacités de l’acteur en charge des questions patrimoniales (le DPV en premier lieu et les comités locaux du patrimoine en second lieu),
- de l’extension de son intervention en faveur de la protection du patrimoine sur le territoire entier classé (hors parc archéologique),
et de la pérennisation des modes de financement de la protection du patrimoine.
Historique
Ce projet s’inscrit dans la continuité du programme de coopération décentralisée Chinon- Luang Prabang, initié en 1996 dans la dynamique du classement de la péninsule au Patrimoine Mondial.1

Les premières années du projet

L'année 1996, a permis d'asseoir les bases de la politique de protection et de mise en valeur du site. Deux phases se sont succédées :
• une première phase de mise en place institutionnelle du projet de définition de la méthodologie d'intervention,
• une deuxième phase de démarrage du programme d'actions qui s'est notamment traduite par la constitution de l'équipe de la Maison du Patrimoine et le lancement des expertises.

Le "Maison du Patrimoine" est une structure conseil en charge de la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine de la ville de Luang Prabang, mise en place en 1996, à la naissance du programme de coopération décentralisée Chinon – Luang Prabang.

Conçue comme un lieu d'information et de conseil pour la population et pour tout projet (public ou privé), ou toute opération envisagée sur le site protégé de Luang Prabang, la Maison du Patrimoine remplit en fait trois missions :
• une mission d'étude et de conseil : élaboration des outils d'urbanisme nécessaires à la protection et la mise en valeur du site, délivrance d’avis conformes sur les permis de construire, mise au point de recommandations techniques, formations de techniciens, animations, etc..
• une mission de conduite de projets : définition des programmes, choix des intervenants, suivi budgétaires, etc…
• une mission de maîtrise d'œuvre : conception et exécution de travaux.

Le nouveau statut de la MDP, adopté au cours de l’année 2009, en la transformant en Département du patrimoine Mondial, lui confère une identité administrative nécessaire pour assurer sa pérennité et son indépendance.

Cette structure va poursuivre dans les prochaines années, sur la base des résultats probants acquis grâce au programme de coopération décentralisée et au programme bilatéral, l'acquisition des moyens nécessaires à son autonomie technique et financière réelle et s'imposer auprès de la population, comme le référent en matière de protection et de mise en valeur du patrimoine bâti et naturel.

Les autorités locales se sont, quant à elles, appropriées l'outil Maison du Patrimoine et s'appuient sur ses compétences pluridisciplinaires.

Le lancement du programme d'actions a véritablement eu lieu en 1997. Outre la pérennisation du contexte institutionnel et le renforcement de l'équipe de la Maison du Patrimoine, les années 1997/1998, ont été marquées par :

• l'élaboration de la première phase du Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur et plus spécifiquement la définition de la méthodologie du plan du protection, de mise en valeur et de développement,

• la réhabilitation de locaux symboliques. En 1996, les autorités laos ont mis à disposition du projet deux bâtiments historiques. La restauration de ces deux bâtiments a poursuivi un objectif de démonstration et de mise en œuvre de matériaux et de savoir-faire traditionnels tout en illustrant de façon concrète, les possibilités d'adaptation et de mise aux normes de confort actuelles, les maisons anciennes de la ville.
Il s'agit de :
- la Maison de Ban Xieng Mouane, maison traditionnelle lao en bois,
- l'ancienne Maison des Douanes et régies de Luang Prabang, bâtiment en maçonnerie traditionnelle, qui héberge aujourd'hui la Maison du Patrimoine.

• L'organisation de chantiers-écoles à destination des entreprises laos, rendue possible par la restauration de la Maison de Ban Xieng Mouane
Ces chantiers-écoles ont eu pour objet de retrouver avec les ouvriers des entreprises de Luang Prabang, le savoir-faire local dans le domaine de la restauration de constructions anciennes ayant une structure en bois.

• La tenue de séminaires de formation et de transfert de compétences à destination des décideurs et techniciens laotiens. Plusieurs séminaires ont été organisés à destinations des principaux acteurs du projet dans le but d'assurer une véritable appropriation des outils juridiques et réglementaires indispensables à une autonomisation du projet.

• L'expertise des zones humides : cette expertise a eu pour but de proposer une mise en valeur du site en fonction de ses caractéristiques paysagères : hydrauliques, faunistiques et floristiques. Quatre volets ont ainsi été étudiés : la délimitation des bassins versants, le fonctionnement hydraulique et la qualité des eaux ; l'intérêt paysager des zones humides ; les propositions d'aménagement et de valorisation des sites ; la diversité spécifique et les espèces patrimoniales.

• La mise en place d'un fonds d'aide à la population : afin de soutenir et d'encourager la population à rénover et préserver l'habitat traditionnel laos, la Maison du Patrimoine a proposé de mettre en place un fonds d'aide à la population. Le travail de la Maison du Patrimoine sur ce dossier a d'abord été axé sur la définition des critères à retenir dans l'attribution des aides.

En parallèle, la Maison du Patrimoine a instruit de nombreux dossiers de demande de permis de construire et a fortement développé la communication autour du projet, tant pour sensibiliser la population que pour tenir informés les différents partenaires.

Grâce aux concours de ses nombreux partenaires, dont la Région Centre, le programme de coopération décentralisée a pu, au cours de ces premières années, poser les jalons d'une politique de protection et de mise en valeur du patrimoine innovante et ambitieuse.

Le soutien de nouveaux financeurs

De nouvelles perspectives se sont ouvertes après 1999 avec le concours de nouveaux financements : le financement de l'Agence Française de Développement et celui de l'Union Européenne.

• les financements de l'Agence Française de Développement

Une première tranche de financement, le Plan d’Aménagement Urbain de Luang Prabang (PAU-LP) est intervenu en 1999 pour une durée de deux ans. L'Agence entendait ainsi finaliser les outils de protection du site, initier la dynamique de conservation et de mise en valeur du patrimoine et soutenir le développement de l'agglomération en effectuant les études préalables à la définition de projets touristiques et d'infrastructures.

Les composantes de ce projet étaient :
- le soutien de la structure "Maison du Patrimoine" (prise en charge des indemnités versées au personnel local et des frais de fonctionnements courants, mise à disposition de personnels expatriés auprès de la Maison du Patrimoine comprenant le co-directeur de la Maison du Patrimoine et un architecte principal, poursuite de l'appui technique à la Maison du Patrimoine)
- la finalisation des plans réglementaires et du plan de sauvegarde et de mise en valeur
- la formation d'artisans et d'entreprises, à l'occasion de la restauration de différents types de bâtiments représentatifs et de chantiers-écoles
- des études diverses et prospectives : renforcement de la capacité artisanale à produire des matériaux de construction de qualité, étude de faisabilité sur les infrastructures, réflexion prospective sur le développement touristique de Luang Prabang.

Ce financement, bien que relevant de la coopération bilatérale, s'est volontairement inscrit dans le programme de coopération décentralisée existant.

La même logique a été suivie lors du second financement de l'AFD, le projet d'aménagement du Secteur Sauvegardé de Luang Prabang.
Ce projet s'est articulé autour de trois composantes physiques qui poursuivent à la fois des objectifs de préservation du patrimoine, d'impact social et de développement économique :
- l'aménagement de dix villages urbains
- la mise en valeur de bâtiments, équipements et sites remarquables,
- la mise en cohérence et l'amélioration des réseaux urbains du secteur sauvegardé (réseaux de drainage et d'assainissement, d'électricité et d'éclairage public, de circulation et de livraison et de liaisons piétonnes).
Ainsi, il a porté essentiellement sur des opérations d’investissement 

• Les financements de l'Union Européenne
Ce financement est intervenu pour une durée de trois ans dans l'objectif de la préservation des zones humides de Luang Prabang. Le site inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial est en effet couvert en partie par des "zones humides", constituées par un réseau de cours d'eau et de mares creusées par la population à partir du début du siècle.
Outre leur rôle socio-économiques et paysagers, les zones humides jouent un rôle important dans la gestion des eaux de la ville :
- en faisant office de bassin de rétention, limitant ainsi les inondations en période de mousson,
- en permettant une auto-épuration des eaux issues de la ville grâce à la chaîne alimentaire présente dans les mares.

Afin de permettre le maintien de ces milieux, tout en luttant contre les problèmes d'insalubrité, un programme de "restauration et de mise en valeur des zones humides" a donc été établi par la Maison du Patrimoine et a reçu le soutien de la Commission Européenne (DG IB) à compter de février 1999.

Ce programme a englobé une phase d'étude des zones humides (cartographie des réseaux d'eau, topographie, analyses des variations de la qualité d'eau à l'échelle d'un cycle hydrologique), des actions de sensibilisation de la population et la mise en place d'opérations pilotes pour l'amélioration de la salubrité.

En 2001, un nouveau Projet financé par l'Union Européenne dans le cadre du programme Asia Urbs a été lancé, relatif à la gestion de l'espace public
Le projet avait pour but de promouvoir un système de gouvernance démocratique et participatif, à travers la mise en œuvre, par les autorités locales, d'actions de sauvegarde et de réhabilitation de l'environnement bâti et naturel de Luang Prabang.

Il s'agissait de :
- Renforcer les compétences du gouvernement local en matière de gestion des espaces publics urbains (mise en place des modalités d'usage commercial privé des rues et des places publiques – autorisations, règle de collecte, stockage et retraitement des déchets, …)
- Améliorer les conditions matérielles et sanitaires des marchés de plein air à travers la réhabilitation des trottoirs et des places publiques (à sélectionner au cours du projet), et mise en place d'infrastructures de stockage des déchets solides et liquides au cœur des marchés et dans ses environs
- Permettre le maintien des marchés de plein air et des vendeurs de rue et, par conséquent, du lien rural-urbain
- Sensibiliser la communauté et encourager un engagement collectif pour la sauvegarde d'un environnement propre
Promouvoir les droits civiques et les responsabilités collectives en matière d'espace public.

Ces nouvelles contributions financières ont ainsi permis à la Maison du Patrimoine de poursuivre ses actions et de pérenniser les outils de protection du patrimoine bâti et naturel mis en place jusque-là en collaboration avec l'ensemble des acteurs impliqués dans le projet.

L’émergence d’une démarche de planification plus large

Dès le début des années 2000, les Autorités de Luang Prabang se sont senties concernées par la croissance démographique ainsi que par la pression touristique importante que connaissait la ville. Elles se sont engagées dans un processus de planification urbaine qui favoriserait un développement urbain harmonieux et équilibré. Cette réflexion s’est matérialisée dans la réalisation d’un document d’urbanisme, le Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT), financé par l’AFD et qui a été approuvé en juin 2004. Le SCOT promeut un modèle de développement urbain durable, qui maintiendrait un juste équilibre entre les composantes de la ville.

Il était en effet apparu nécessaire à l’ensemble des acteurs, de dépasser les seules préoccupations de protection et de valorisation du patrimoine et le seul périmètre de la ville ancienne et de ses abords immédiats pour poser les bases de l’articulation entre protection du patrimoine, développement urbain et développement touristique à une échelle plus large.
Élaborer un document de référence (le SCOT), qui assure la cohérence du développement territorial, qui pose explicitement la stratégie retenue est devenu indispensable afin d’assurer un développement harmonieux, économe et responsable de la ville.
Le SCOT aura déterminé la stratégie, les priorités, les axes de développement du territoire dans le respect de l’identité de la ville et des principes définis dans le plan de sauvegarde et de mise en valeur. Mais il définit également les grands projets d’équipements ou de services, les extensions des trames viaires et urbaines.
Le SCOT est un instrument qui favorise la prise de décisions dans le court et le moyen terme. Par conséquent il définit non seulement des stratégies et politiques générales mais également ponctuelles.
Enfin, le SCOT devrait continuer à être un instrument qui permettre :
- D’établir des politiques visant à déconcentrer le tourisme en le maillant au système économique et politique des villages par la mise en valeur de leurs atouts.
- De consolider les acteurs du développement, UDAA, DCTPC, MDP mais aussi les nouveaux agents de la société civile, et dans un futur proche, la nouvelle municipalité.
- De devancer l’action des promoteurs et agents touristiques et immobiliers en identifiant des opérations de réaménagement urbain accompagnées d’un programme public conséquent d’achat de terrains et d’immeubles.
- De proposer une organisation cohérente de gestion de l’urbanisme et du développement urbain de Luang Prabang.
- De définir les stratégies opérationnelles qui mèneront à l’indépendance administrative et financière de Luang Prabang par rapport à l’aide internationale, sur la base non seulement de son développement économique mais aussi de la mise en place d’une structure de gestion solide et autonome.


La démarche initiée par le SCOT s’est immédiatement traduite au travers de projets et de démarches opérationnelles complémentaires.

Le SCOT a identifié clairement l’agriculture urbaine et péri-urbaine comme une composante clé de cet équilibre. Il planifie la protection des zones d’agriculture urbaine et péri-urbaine, et, dans le même temps, tend à proposer une alternative à l’opposition classique entre l’urbain et le rural. Ici l’urbanisme ne se développe pas contre la ruralité, mais l’inclut. Si la protection légale de ces zones est essentielle, elle ne suffit pas à les mettre totalement à l’abri de la pression touristique et de sa conséquence directe, la spéculation foncière. Leur existence est donc largement dépendante de leur viabilité économique. Le projet Asia Urbs II, troisième projet financé par la Commission Européenne, visait à améliorer le potentiel économique des zones d’agriculture urbaine et péri-urbaine de Luang Prabang. Il s’est achevé en décembre 2008.

Pour atteindre cet objectif, le projet s’est appuyé sur les activités suivantes :
l’expérimentation de modèles d’urbanisme innovants, réunissant activités urbaines et agricoles, en coordination directe avec le SCOT.
L’appui aux activités agricoles, qui favorise leur compétitivité et leur performance économique.
Une aide à la réorientation des activités agricoles vers des produits pertinents par rapport à la demande du Marché luangprabanais
La promotion de pratiques respectueuses de l’environnement dans les activités de production agricole comme de distribution. Ce point est essentiel pour assurer la bonne insertion des activités agricoles dans un contexte urbain.

La deuxième composante clé, mis en évidence, est la composante eau, très présente à Luang Prabang par ses fleuves (Mékong, Nham Khan), les nombreux cours d’eau qui traversent la ville et ses mares. Eléments majeurs de l’identité de la ville, ils sont les premiers à subir la pression urbaine (remblaiement des mares en vu d’urbanisation, busage des cours d’eau, pollution…). Un programme « hydrosystème », financé par le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) de juin 2008 à Juin 2010, a permis de développer des actions de connaissance de ces milieux, de sensibilisation (classes environnement), de formation mais également des projets opérationnels pour remettre en état certains d’entre eux.

Parallèlement, les études réalisées dans le cadre du SCOT tendent à démontrer que la ville de Luang Prabang, actuellement en pleine expansion touristique, dispose du potentiel pour attirer à elle beaucoup de ruraux des campagnes environnantes, entraînant ainsi un profond déséquilibre au sein du système traditionnel d’occupation du territoire.

Conscientes de cette tendance, les autorités laos, assistées de l’UNESCO, de la Région Centre et du service provincial de l’environnement, ont initié un programme pilote de gestion intégrée des ressources de la Nam Khan, dans le cadre de la mise en œuvre d’un projet « d’ Eco-vallée ».

Proche du concept de Parc Naturel Régional français et du programme MAB (Man and Biosphere) de l’UNESCO2, le principe « d’ Eco-vallée » met l’accent sur la nécessité de préservation et de valorisation des ressources, tout en ménageant des opportunités de développement socioéconomique pour les populations locales. Il présente l’originalité de proposer des interventions multiples (au niveau environnemental, agricole, artisanal, touristique…), au sein d’un projet de territoire qui assure leur cohérence et leur complémentarité, et dont les objectifs sont les suivants : réconcilier la préservation de la biodiversité et des spécificités culturelles avec son utilisation durable, dans un souci d’amélioration des conditions de vie de la population et de lutte contre la pauvreté.

La mise en place d’une telle démarche, supportée par la Région Centre et les partenaires techniques de la région (Mission Loire, ADUC, PNR-LAT…), permet d'élargir la vision de la protection et de la valorisation du patrimoine au-delà des limites du site patrimoine mondial, tout en visant à la création d’opportunités de développement.
Cette démarche a été validée par les autorités laos en Comité Local du Patrimoine le 11 mars 2004 et en Comité National du Patrimoine le 23 février 2005.

Enfin les années 2010 à aujourd'hui se sont traduites par deux éléments clés pour le futur :
Le lancement des études aboutissant à la révision du plan urbain de 1995 et la création d’une zone tampon autour du site classé, à la demande de l’UNESCO. Financées par l’Agence Française de Développement, ces études ont été menées par l’Institut des travaux publics et des transports accompagné par les experts de la coopération. Le plan urbain et la zone tampon ont été approuvés par les autorités laos en novembre 2011.
La mise en place du PADUL, programme également financé par l’AFD, sur la période 2010-2013, qui porte essentiellement sur la réhabilitation de grands équipements (écoles, bâtiments remarquables..), le lancement d’une étude sur la création d’un schéma d’assainissement de la ville, la poursuite du travail de sensibilisation et de communication sur le patrimoine.

Les résultats obtenus à ce jour

Une politique de gestion urbaine consolidée avec un dispositif réglementaire complet

Depuis le classement de Luang Prabang au patrimoine Mondial, une politique de gestion urbaine et patrimoniale s’est constituée et consolidée. Les autorités laos, à la demande de l’UNESCO, ont en effet accepté de travailler sur la mise en place d’un dispositif politique et réglementaire complet comprenant :


Au niveau national :

- Une Loi Cadre sur le Patrimoine,
- La création d’un comité interministériel, le Comité National de Conservation du Patrimoine national Culturel, Historique et Naturel (CNCPCHN) dont le Président est le Ministre de l’Information et de la Culture. Ce comité est une traduction opérationnelle de « l’interministérialité ». Il est composé notamment de Ministres, de Vice-Ministres représentants les principaux ministères du Gouvernement de la RDP Lao et inclut une représentation de la commission nationale Lao pour l’UNESCO.

Au niveau local :

- la création d’un Comité Local du Patrimoine (CLP) dont le Président est aujourd’hui un des deux vice-gouverneur de Luang Prabang. Il est composé essentiellement de représentants de la province, de directeurs et directeurs adjoints des services provinciaux des ministères et de chefs de villages. Cette identité morale représente la maîtrise d’ouvrage provinciale.

- la mise en place d’un “ vrai ” service public, la Maison du Patrimoine, devenu le Département du Patrimoine Mondial depuis 2009 qui est un service provincial sous la double tutelle du Ministère de la Culture, véritable « service du patrimoine », relais technique appuyé par la coopération décentralisée. Cette identité représente la « maîtrise d’œuvre » chargée d’élaborer et de suivre l’application du Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) et de mettre en application les programmes suivant les directives retenues par le Comité Local du Patrimoine. Cette structure de conseil et d'assistance mise en place à Luang Prabang est inédite.

- L’approbation et la mise en application du Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV), outil réglementaire de gestion du site, dans le périmètre de protection du site.

- L’approbation et la mise en œuvre du SCOT

- La création d’une zone tampon, autour du site classé.

- La révision du plan urbain du Luang Prabang.


Un contexte institutionnel en mouvement : une Ville administrée par trois entités mais l’émergence peu à peu d’une municipalité.

A l’heure actuelle, Luang Prabang est administrée par trois entités :

LE DTPT
Le Département provincial des Travaux Publics des Transports (DTPT) est rattaché au Ministère du même nom.
Il emploie 51fonctionnaires.
Le DTPT intervient sur le territoire de la Province et a pour champs de compétence :
- L’élaboration des documents d’urbanisme réglementaire et le suivi de leur application
- La construction et /ou l’amélioration des routes urbaines,provinciales et nationales, ainsi que les ouvrages associés, tels que les ponts et les travaux publics de génie civil.
- Les ouvrages liés au drainage des eaux, aux réseaux d’assainissement et au contrôle du débit des fleuves et rivières.
- L’organisation et le contrôle des transports (routiers, fluviaux et aériens), délivrance des permis de conduire ou de piloter, homologation des transporteurs…)
La poste et les télécommunications


Le DPM
Créé en 1996, dans le cadre de la mise en place du programme de coopération décentralisée Chinon /Luang Prabang , suite au classement de cette dernière sur la liste du patrimoine mondial, le Département du Patrimoine Mondial, placé sous l’égide de l’UNESCO, a en charge la protection et la valorisation du patrimoine.
Rattaché à la province de Luang Prabang et au Ministère de la Culture, il emploie 26 personnes.
La maison du Patrimoine gère la zone de protection et ses abords, périmètre définit lors du classement de la ville et a pour champs de compétence :
- Le contrôle de l’application des règles de protection du site (Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur) et de la zone tampon par la délivrance d’un avis conforme des permis de construire sur son territoire d’intervention.
- L’aide à la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine par le biais de conseils gratuits auprès de la population, de l’administration, des autorités locales et des bailleurs internationaux dans le cadre de projets portant sur le périmètre protégé.
- La conception, le suivi et la réalisation de projets d’aménagement et de mise en valeur du patrimoine.
- La gestion de programmes internationaux en rapport avec son activité.
- Le lancement d’études permettant une meilleure connaissance et gestion du site.

L’UDAA : Urban development administration authority
L’UDAA a été créée en 1998 dans le cadre d’un projet à l’échelle nationale financé par la Banque Asiatique de Développement qui avait pour objectif, (outre la réalisation d’infrastructures) la mise sur pied d’autorités de type préfecture pour administrer les centres urbains.
Au total 5 UDAA ont été créées dans les cinq plus grandes villes du Laos .
L’UDAA de Luang Prabang a autorité sur 65 villages composant la zone urbaine de la ville.. Elle est sous tutelle de la nouvelle municipalité (à la différence du DCTPC qui dépend directement du Ministère de tutelle, le MTPT).
L’UDAA a pour champs de compétence :
- La gestion de l’espace urbain : déchets, entretien des routes, permis de construire.
- La planification et le développement de la ville, en particulier les réseaux d’infrastructures et la voirie.
- La coordination de programmes internationaux dans son champs de compétences (programme ADB par exemple).
L’UDAA de Luang Prabang emploie 34 fonctionnaires et 50 contractuels. Structure jeune, elle a besoin d’être renforcée.
Aujourd’hui l’UDAA n’a pas de pouvoir de décision. Par exemple, dans le cadre de la création d’une nouvelle route au sein de son périmètre d’intervention, l’UDAA est dans l’obligation de demander au Ministère de l’Industrie, l’autorisation pour exploiter les carrières pour obtenir les matériaux nécessaires. A l’inverse, le Ministère des Communications peut installer de nouvelles lignes électriques sans autorisation préalable de l’UDAA.
Peu à peu cette situation tend à s’améliorer, l’UDAA conquiert du pouvoir et de la reconnaissance des autres partenaires. Elle a été autorisée, non seulement à percevoir des ressources mais surtout à en disposer sans passer par le Ministère des Finances.
En octobre 2003 elle est devenue responsable de la gestion des permis de construire de la ville.


Afin de favoriser un développement harmonieux de la ville, il était souhaitable de clarifier les rôles de chacun et de favoriser un travail en partenariat. Cette clarification s’est également accompagnée d’une redéfinition de l’aire urbaine afin d’établir un territoire d’intervention cohérent, plus proche de la notion d’agglomération que d’une structure administrative de district.
En effet, la cohabitation de 3 entités administratives (DCTPC, DPM, UDAA) de gestion, associée à la trame politique traditionnelle de découpage de la ville (en villages et districts), ne permettent plus de répondre de manière cohérente aux enjeux du territoire de Luang Prabang. La mise en place d’un outil politique, administratif et technique de gestion à l’échelle et ayant mandat sur l’aire urbaine est apparu comme essentiel pour la pérennité des démarches initiées.
C’est le mouvement qui est aujourd’hui lancé par les autorités laos, avec en ligne de mire la création d’une collectivité locale, dont les compétences sont :
- la gestion de l’eau et des déchets
- la gestion des réseaux
- la gestion urbaine, et notamment :
- l’élaboration de documents d’urbanisme et le suivi de leur application
- la délivrance des permis de construire

C’est dans ce contexte qu’intervient le projet. En effet, la nouvelle municipalité a besoin d’un appui en amont, pour structurer son organisation, ainsi que d’une assistance à la fois technique, sur ses mandats, et institutionnelle, afin de renforcer les compétences de ses agents.


Une ville mise en valeur avec un important pouvoir d’attraction


Aujourd’hui la ville de Luang Prabang présente quatre caractéristiques essentielles :

- Un patrimoine bâti d’une richesse exceptionnelle, protégé et mise en valeur depuis près de 18 ans.
- La mobilisation de nombreux projets structurants et de financements importants (AFD, Banque Asiatique, Union européenne, JBIC, investisseurs privés asiatiques…) qui peu à peu modifie le visage même de cette ville et qui pose le problème de la détermination du cadre d’intervention et de la relation patrimoine et développement
- L’attraction de cette ville qui progressivement devient la “ vitrine ” du Laos, en interne, en drainant de plus en plus les populations des territoires avoisinants attirées par le développement de la ville. En externe, Luang Prabang devenant le site touristique majeur du pays et attirant les investissements privés.
- Une gouvernance qui se professionnalise peu à peu mais qui face aux pressions actuelles et aux nouveaux enjeux a encore besoin d’accompagnement.

Vat Phou/ Champassak


Si les deux sites ont à priori des typologies différentes – Luang Prabang étant un ensemble urbain, Vat Phou étant prioritairement un ensemble monumental à forte composante archéologique), leurs caractéristiques sont néanmoins proches. Les deux sites sont en effet fortement insérés dans leurs territoires immédiats, qui forment des écrins porteurs de sens et qui impactent la valeur patrimoniale des sites classés.

Or, si le même contexte institutionnel s'applique à Vat Phou/ Champassak et à Luang Prabang, à savoir l'existence d'un Comité Local du Patrimoine (émanant du Comité National du Patrimoine), et la présence d'une structure de gestion locale, le Département du Patrimoine Mondial de Vat Phou -DPV (structure créée sur le modèle du Département Du Patrimoine -DPM- de Luang Prabang), les modes de fonctionnement sont fondamentalement différents.
En effet, si les deux structures de gestion, DPM et DPV, sont compétentes sur l'ensemble de leur site classé respectif, dans les faits, le DPV à Vat Phou n'opère que sur l'ensemble monumental (l'enceinte du temple) et non sur ses abords ou son territoire. A cette première limitation « géographique » s'ajoute une seconde limitation en ce que le DPV a une action qui se limite à la sphère archéologique, là où le DPM à Luang Prabang exerce un réel contrôle sur l'ensemble de la péninsule, quelque que soit la sphère technique considérée.
A cela s'ajoute le fait qu'à Vat Phou, la gestion du site monumental est confiée à une entreprise privée, ce qui prive de fait le DPV de la gestion, des recettes et de la maîtrise d'ouvrage sur son périmètre de compétence.
A Luang Prabang la création et la consolidation de la Maison du Patrimoine (devenue en 2002 DPM) a suivi un processus quasi naturel de mise en place conjointe d'une structure organisationnelle (la DPM), d'un outil technique (le Plan de Sauvergarde et de Mise en Valeur) et d'une compétence ad-hoc (l'équipe formée), en réponse aux besoins du territoire, et sur une durée longue (cf « historique de la coopération »). A Vat Phou, le DPV, s'il a été créé sur la base du modèle existant à Luang Prabang, n'a bénéficié ni des mesures d'accompagnement et de formation qui ont existé (et qui perdurent encore), ni des projets opérationnels mis en oeuvre à Luang Prabang par le biais de la coopération décentralisée.
En conséquence, ni le DPV de Vat Phou, ni les services techniques locaux à Paksé ou Champassak n'ont bénéficié de « l'interprétation » opérationnelle de la signification et des contraintes du classement au Patrimoine Mondial comme cela a été le cas à Luang Prabang.

Les vives réactions provoquées en 2010 par la mise en oeuvre de travaux de voirie, qui prévoyaient la réalisation d'une route traversant de part en part le périmètre classé, et menaçait de fait l'intégrité du site de Vat Phu, et son classement sur la liste du Patrimoine Mondial, ont révélé localement les faiblesses du système de gestion. Ce qui a provoqué une prise de conscience sur le besoin de prendre en compte le site de Vat Phou dans son intégralité et dans sa double relation avec la Ville de Champassak et les grands paysages et avec la ville de Paksé, d'intégrer les dimensions urbaines, environnementales et hydrologiques à la réflexion sur le site, et de s'interroger sur les impacts sociaux , économiques et touristiques des politiques mises en oeuvre.

A l'automne 2011, suite à la réalisation des travaux, le Ministère de la Culture lao et la Commission Nationale Lao pour le Patrimoine Mondial ont sollicité l'aide de la Ville de Chinon et de l'équipe d'experts impliquée dans la coopération Chinon-Luang Prabang pour réaliser un audit de la situation et identifier les mesures correctives nécessaires.
Cette mission, financée par la Convention France-Unesco, a été suivie en novembre 2012 d'une seconde visite sur le site, à l'invitation du Ministère de la Culture lao et financée par le Ministère des Affaires Etrangères français.


En décembre 2012, le Vice Premier Ministre du Laos, président de la Commission Nationale pour le Patrimoine Mondial, a transmis à la Ville de Chinon une demande officielle d'assistance (courrier joint) pour diffuser au site de Vat Phu l'expertise acquise depuis 17 ans sur le site de Luang Prabang, appréhendée par les plus hautes autorités lao comme je cite « une succès story ».
L'objectif de cette demande était de faire bénéficier aux équipes locales et nationales en charge du site de Vat Phou des bonnes pratiques développées à Luang Prabang en matière de planification territoriale. L'apport attendu de la coopération décentralisée est d'apporter un appui aux gestionnaires politiques et techniques locaux pour définir la stratégie territoriale adaptée au site et à ses enjeux spécifiques, en répondant au mieux aux besoins des populations.
L'accent sera aussi particulièrement mis sur la formation des équipes laos par les structures locales déjà formées à Luang Prabang avec l'appui régulier des experts français au cours de l'année 2013.
Objectif du partenariat
L’objectif général poursuivi par le projet reste dans la logique qui a présidé à l'intervention de la Ville de Chinon auprès de ses partenaires locaux depuis plus de 18 ans, qui est d’accompagner les autorités laos dans la promotion d’une ville durable, où sont liés intimement patrimoine et développement, tradition et modernité, et identité culturelle, urbaine et environnementale, en associant largement la population et la société civile à cette démarche.
Description détaillée du partenariat
La ville de Luang Prabang est classée sur la liste du patrimoine mondial depuis 1995. Depuis 18 ans, la ville de Chinon et de nombreux partenaires dont votre ministère et l’Agence Française de Développement accompagnent cette ville pour l’appuyer dans la mise en œuvre d’une politique de protection et de valorisation de son patrimoine. Reconnue internationalement, elle bénéficie d’une attractivité touristique forte, en constante progression, qui couplée à sa position de ville carrefour, génère par l’augmentation du niveau de vie de ses habitants une pression urbaine de plus en plus importante.
Aujourd’hui, en plus de cette pression, un autre challenge est à relever qui va bien au-delà de la protection et de la valorisation du site classé, qui est celui de l’articulation et du dialogue entre la ville d’aujourd’hui et la ville de demain dans un souci de gestion économe et durable des espaces.
Autre challenge de taille, la réplicabilité à l'échelle des autres villes et sites patrimoniaux du Laos de cette politique de protection et de développement mise en place depuis 18 ans, et la capitalisation des méthodologies et concepts élaborés.
A la demande expresse des autorités laos nationales et locales, et de l'UNESCO, la Ville de Chinon, en lien avec ses partenaires, a accepté de prolonger son soutien à Luang Prabang et de l'étendre au site et à la Ville de Vat Phou/Champassak, au Sud du Laos. Le dossier présenté place au coeur du dispositif ce travail de capitalisation et de formation auprès des gestionnaires locaux, en mettant l'accent à la fois sur le transfert de compétences Nord-Sud entre 3 sites UNESCO, mais au delà, sur un transfert Sud-Sud, entre les gestionnaires des deux sites Laos classés au Patrimoine Mondial.
- Appui aux structures de gestion du site de Luang Prabang
Objectif de l’action : Poursuivre le renforcement de la maîtrise d'ouvrage de Luang Prabang
Description sommaire : Le programme de coopération entre Chinon et Luang Prabang avait dès le début pris en compte la nécessité de transfert de compétence afin de permettre à la ville de se doter d'un outil opérationnel capable d'assurer la protection et la mise en valeur de son patrimoine bâti et naturel. Dans un souci de renforcement de ce principe, et dans le contexte de création de la municipalité, il convient de poursuivre les mesures d'accompagnement aux structures locales.
Cette action correspond à une demande des autorités locales, et à une saisine formelle conjointe de la part du Maire de Luang Prabang, M. Vongsavanh TCHEPATCHANH, et du Directeur du Département du Patrimoine de Luang Prabang.

Plusieurs institutions sont ciblées :
- La municipalité et l’UDAA
C’est en effet grâce à la présence d’agents locaux compétents et formés que la future municipalité pourra assumer ses mandats. L’objectif est de cibler dans le cadre de ce projet une compétence : l’assainissement.
Cette compétence a été choisie car début 2012 a été lancée l’étude du schéma d’assainissement, étude financée dans le cadre du PADUL 1. Un bureau d’étude après appel d’offre a été retenu. Il paraît donc essentiel de former la maîtrise d’ouvrage à son rôle.
L'étude sera remise aux autorités locales au cours de l'été 2013. En accord avec les partenaires locaux, la première session de formation à Luang Prabang, qui devait avoir lieu en début d'année 2013, aura lieu après remise de l'étude, en septembre 2013. Des contacts ont cependant été pris au cours des années 2011 et 2012 pour définir les besoins des partenaires locaux. Cette formation fera intervenir le Directeur du SATESE (syndicat intercommunal en charge de ces questions). En année 1, cette session sera financée sur la subvention 2011 du Ministère des Affaires Etrangères.
En Année 2 et 3, il s'agira de prolonger l'accompagnement à la mise en oeuvre de l'étude.
Des contacts sont par ailleurs pris avec le SIAPP, qui est intéressé pour intervenir à Luang Prabang.

En parallèle, et à la demande des autorités locales, la Ville de Chinon fera intervenir son Directeur Général des Services, par ailleurs formateur confirmé en matière de management auprès du CNFPT, sur les problématiques liées à l'organisation des services au regard des besoins de la population et à l'élaboration des organigrammes. Ces sessions de formation seront l’objet d’échanges d’expériences et de transferts de compétences.
Comme pour l'appui aux questions d'assainissement, et en accord avec les partenaires locaux, la première session de formation à Luang Prabang, qui devait avoir lieu en début d'année 2013, aura lieu en septembre 2013. De ce fait, en année 1, cette session sera financée sur la subvention 2011 du Ministère des Affaires Etrangères. En Année 2 et 3, il s'agira de prolonger cet accompagnement.

- Le DPM
Structure de gestion ayant mandat sur le site classé de Luang Prabang, le DPM est devenu le rouage principal du système institutionnel de gestion de la Ville au sens large du terme, son avis étant sollicité sur l'ensemble des projets structurants à l'échelle de l'agglomération de Luang Prabang. Il apparait donc souhaitable de prolonger le soutien à la direction du DPM. La coopération décentralisée, a souhaité s’appuyer sur un expert, M Lebaron, urbaniste, retraité de la ville d’Angers, qui intervient à mi-temps et est placé auprès du directeur.
Enfin l'appui de Mme Minja Yang (ancienne directrice adjointe du centre du patrimoine mondial) sera maintenu pour prolonger l'accompagnement au DPM, et aux structures impliquées sur le site classé, pour aider dans la compréhension des « valeurs universelles exceptionnelles », bases du classement à l'UNESCO, leur intégration aux politiques publiques menées sur le site, et la communication sur ces valeurs auprès de la population et des touristes.
Votre partenariat prend la forme d'un(e)
Projet de coopération décentralisée
Mise en œuvre du partenariat
Maître(s) d'œuvre
Province de Luang Prabang, Province de Champassak
Maître(s) d'ouvrage
Chinon
Bénéficiaire(s)
les décideurs laos;les structures techniques nationales et locales en charge de la protection, de la valorisation du patrimoine et du développement urbain des deux sites;les étudiants des écoles d'architecture de Vientiane et Luang Prabang;les populations de Luang Prabang et de la Province de Champassak

Partenaires étrangers du partenariat

Partenaires étrangers du partenariat
Nom de la collectivité étrangère Pays  
Province de Luang Prabang Laos commun.ico.loupe.alter

Contacts dans les partenaires étrangers du partenariat

Contacts dans les partenaires étrangers du partenariat
Nom de la collectivité étrangère Nom Prénom Fonction Courriel
Province de Luang Prabang Bounnhang PHONGPHICHIT dpl.lpb.heritage@gmail.com

Collectivités territoriales partenaires du partenariat

Collectivités territoriales partenaires du partenariat
Nom de la collectivité territoriale  
Chinon commun.ico.loupe.alter

Autres partenaires du partenariat dans le(s) pays partenaire(s)
Province de Luang Prabang, Province de Champassak


Le partenariat n'est pas triennal

Financement du partenariat

Financement du partenariat
Nom du financeur Montant en euros Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Montant 1% Eau (Loi Oudin 2005) Année
Autre 9080 2013
Chinon 157600 0 2013
Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères 69000 2013
, Province de Luang Prabang, Province de Champassa 77080 2013




Évaluations, communication et perspectives

Une communication a été engagée en France

Une communication a été engagée dans les pays partenaires

Une politique d'évaluation a été engagée

Volontaires impliqués dans le partenariat (VSI, service civique, etc.) d'Échange et de Solidarité

Volontaires impliqués dans le partenariat (VSI, service civique, etc.) d'Échange et de Solidarité
Nom Prénom Mission Champs d'action Entité d'affectation


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